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Par Gotama
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Quelle
belle vie !
Chapitre Un ( 240 000 ans avant J-C )
Cela faisait trois jours que la troupe des dix guerriers du clan Sakya
pistait le Lion-aux-dents-de sabre. Trois jours que Ranouk, le chef du
clan et ses dix hommes traquaient la bête, et qu’ils bouillaient
d’impatience et de colère rentrées. Les chasseurs
tenaient peut-être enfin leur vengeance.
Passe encore que le fauve égorge les chiens apprivoisés,
attaque les buffles sauvages qui fournissaient la tribu en nourriture
et en peaux... Mais voilà deux lunes que le lion, affamé
et téméraire, avait attaqué l'homme de garde à
l'entrée de la caverne, et après lui avoir brisé
la gorge, l'avait emporté au loin dans sa gueule puissante, avant
que la tribu, réveillée par les cris de souffrance du malheureux
ne puisse intervenir à temps.
Si les hominidés en ces âges farouches, acceptaient avec
fatalité leur fragile condition humaine, si la mort rôdait
sans cesse, que celle-ci vienne des prédateurs, de la foudre ou
bien de tribus ennemies... les hommes et les femmes du clan n'avaient
pas accepté la mort brutale du jeune guetteur, à peine sorti
de l'adolescence... Tagur, son frère, réclamait la vie du
lion en échange de la vie de son cadet.
Pour l'heure, les chasseurs épiaient le machairodus depuis le promontoire
arboré où, en contre-bas, à trente pas, le fauve
mollement affalé sous le soleil couchant, finissait de lécher
la carcasse d'un cochon sauvage. Les guerriers s’étaient
mis sous le vent, et enduits d’excréments de pachyderme,
ils n'avaient pas éveillé le flair de l'animal. Tapis derrière
des fourrés à l'abri du regard de l'animal, les hommes attendaient
fébrilement. Tagur regarde le chef, brandit et agite son épieu
de silex avec fougue, guettant le signal de l'attaque. Tous les hommes
sont tendus et prêts à risquer leur vie.
_Yahaa-ahaa ! crie alors Ranouk qui se relève et dévale
la pente, entraînant la troupe. Le lion est surpris et il bondit
trop tard. Alors qu’il se jette sur les courageux homos-sapiens,
le lion encaisse deux coups de lances dans le flanc qui le blesse déjà.
En s'attaquant aux jambes d'un chasseur, le fauve prête son dos
aux flèches mortelles tirées par trois autres assaillants.
La bête rugit de douleur et s'affale, en fouettant rageusement l'air
de ses pattes griffues, et tente de se redresser. Alors rapidement, Tagur
enfonce son épieu dans le poitrail de l'animal, il y met toute
sa force et son désir de vengeance... La bête s'écroule
en poussant des râles mortels. La mort est proche...
Ranouk, fièrement se campe devant la bête. Il pourra rentrer
à la caverne auréolé de gloire et heureux d'avoir
conduit sa troupe à la victoire. Il affronte crânement le
regard du lion qui agonise.
Le fauve en un instant, ressent défiler dans son cerveau primaire
toute la violence et la dureté de sa courte vie de prédateur
: la faim jamais assouvie, les combats, le sang !
Ranouk tout à coup est troublé, alors que dans les yeux
de l'animal, qui le fixe avec gravité, passe comme une lueur d’humanité
profonde, de chagrin, de tristesse. Cela émeut le jeune chef qui
s’interroge… Le lion meurt enfin dans un dernier feulement.
Indifférente, la troupe s'éloigne à grands pas, l'esprit
apaisé par cette vengeance assouvie... alors que Ranouk reste encore
un instant, seul, pensif, face au fauve abattu !
Chapitre
Deux ( 362 après J -C )
_Je t'en prie Octavia ! Laisse moi y aller ! Il est déjà
trop tard, et la pension Lupus Venedi va être fermée... La
jeune femme arrête de chatouiller et de caresser la chevelure (
qu'elle trouve léonine dit-elle ! ) du jeune homme, qui quitte
à regret ses bras accueillants et son sourire enjôleur.
_A bientôt Renatus, fait-elle joyeuse et malicieuse.
_Oui, oui, reviens un de ces soirs ! fait son ami Marcus.
D'autres rires et clameurs saluent avec joie la sortie de l'auberge du
jeune romain.
Moi, Renatus Salvatori... étudiant l'anatomie humaine à
la grande école Romaine de Médecine ait une fois de plus
encore négligé mes devoirs ! A cette heure plus que tardive,
ma logeuse allait encore être réveillée ( malgré
ma discrétion pour me faufiler dans ma chambre ) et demain j'aurais
droit à une réprimande de sa part. De plus j'avais encore
une leçon à finir pour la séance de dissection du
lendemain. Pff, Quelle vie !
Il faut que je me reprenne car être amoureux d’Octavia m'éloigne
de toutes mes obligations. Et sous Valentinien 1er, les ragots et les
dénonciations vont bon train. Si mes escapades nocturnes arrivaient
aux oreilles du Directeur de la Schola-Médicinae, je risquerai
d'être radié pour manque de discipline! Sans parler de la
colère de mon père, qui à grands frais, me payait
ces études. Bon ! Je me dépêche et rapidement, je
me faufile parmi les ruelles et je gagne le Colisée où je
profite de l'ombre pour éviter les patrouilles de légionnaires,
toujours promptes à se mêler de la vie nocturne des Romains.
_Oh là ! Jeune patricien ! Que fais-tu là à traîner...
D’un air moqueur, un gros barbu, de type grec ou phénicien,
à surgi d'une colonne du monument et me barre la route d'un air
menaçant.
_...Fais voir un peu ce qui se cache sous cette belle toge, jeune romain
!
L'homme m'agrippe et entreprend de me fouiller, à la recherche
d'argent. D'un coup de coude je me dégage. Je cours, affolé,
le cœur battant, en direction du forum. J'ai le temps de faire vingt
pas, mais je suis vite rattrapé par deux autres complices, qui
surgissent de l'Arc de Constantin et qui m'arrête et me ceinture
brutalement. Je me débats en vain, alors que mon premier agresseur
les rejoint aussitôt, avec un rictus méchant aux lèvres.
_A l'aide! Au secours ! Je crie, espérant ameuter quelqu'un.
Un petit trapu m'agrippe les cheveux, coince ma tête et me bâillonne
la bouche de sa main puissante tandis qu'un autre me frappe...
_Aie ! ... Je hurle car une dague s'enfonce dans mon ventre. Je sens un
liquide chaud en sortir et je m'écroule, plié en deux par
une douleur extrême. Mes connaissances en médecine me font
comprendre que le foie est touché, et que je vais mourir si personne
ne vient à mon secours. Je suis recroquevillé de souffrance,
alors que des mains habiles subtilisent de sous ma tunique, une bourse
contenant cent sesterces et quelques pièces d'or : toute ma
fortune !
Je sens la vie s'échapper de moi... Les dernières sensations
de ma courte existence sont le bruit de mes agresseurs qui s’enfuient
, trois paires de sandales de cuir qui claquent sur le pavé de
la Via Appia. Un court instant, j'ai une étrange vision des trois
hommes : Ils semblent vêtus de peaux de bêtes, armés
de pieux et de haches en silex... Étrange ? Ils m'abandonnent sans
pitié alors que je me vide de mon sang.
Une immense tristesse m'envahit, alors que je songe une dernière
fois à la belle Octavia, jouant de ses doigts délicats dans
ma chevelure. Je quitte ce monde, tandis qu'un vent humide et chaud me
fait frissonner une dernière fois !
Chapitre Trois ( 1283 )
Dlong, dlong, dlong...
Les cloches de Notre-Dame tintent déjà en cette fin de journée,
alors que je n'ai pas fini ce pan de mur qui doit consolider l'enclos
du potager de l’Evêque.
Je range avec soin, dans la remise réservée aux compagnons
tailleurs de pierres, les burins, tous les marteaux et ciseaux qui occupent
mes mains toute la journée. Je me dirige vers la baraque du Maître
de chantier où je vais toucher ma paie de la semaine.
Cela fait deux ans déjà que je travaille sur le site de
l’Ile... La cathédrale est bientôt finie et j'en suis
heureux car ma vie ici est devenue monotone. Je suis loin de ma famille
dans le Quercy où je suis né, et loin de Mathilde que j'ai
hâte de retrouver et d'épouser. Bientôt, j'aurai assez
d'argent pour m'en retourner au pays. J'ai trente ans et je me sens dans
la force de l'âge ! Ne serait-ce ces maux de tête qui surviennent
depuis peu, je me sens en pleine forme ! Peut-être le climat, la
foule ou le bruit ? me sont devenus insupportables ? ... Ces migraines
arrivent brutalement, comme si une partie de mon cerveau voulait s'échapper
de ma boite crânienne ? Et cela disparaît tout aussi brutalement...
Et les tisanes recommandées par l'apothicaire sont sans effet hélas
!
_Oh ! là, Hubert - la voix joyeuse du charpentier - me tire
de ces idées moroses.
_...Veux-tu venir à notre table ce soir ? Nous serons à
l'auberge du Renard Blanc, pour fêter le titre de compagnon de notre
jeune Guillaume !
_Et bien, c'est d'accord René ! Merci de m'inviter. Je me lave
et je te rejoins.
Ordinairement, les compagnons ne se mélangeaient pas ( de peur
que ne s'échangent des secrets de métiers ) mais pour un
repas de fête, on faisait exception. Les ouvriers étaient
trop occupés à boire et à s'amuser pour parler travail
!
La soirée fut joyeuse et animée. Les occasions de s'amuser
étaient plutôt rares, en fait. Mais à la nuit tombée,
grisé par les pichets du bon vin de Touraine, je quitte à
regret l'auberge et cette assemblée. La fatigue et un début
de migraine m'obligent à partir.
Sur le Pont Notre-Dame, je croise Gina, la jolie prostituée - qui
bien des fois soulagea ma solitude et ma mélancolie -... Un sourire,
un échange de regard valant acquiescement de ma part, je l'accompagne
chez elle. Peut-être qu’une nuit au fond de son lit effacera
ce mal de crâne tenace et mes interrogations sur l'origine de ces
douleurs.
Au matin, Gina réveille d'une tape sur l'épaule son amant
d'un soir.
_Oh là, Hubert ! Réveille-toi ! Et ne traînes pas,
veux-tu... J'ai à faire aujourd'hui.
Celui-ci ne fait pas mine de réagir. Gina le secoue... En vain.
Inquiète, à l'aide d'un linge, elle mouille son visage pour
le sortir de sa torpeur ; le jeune homme ne réagit pas. Prise d'un
affreux doute, elle palpe sa gorge, ne ressent aucun battement ! Elle
doit se rendre à l'évidence, Hubert est mort durant la nuit.
Comment ? Et pourquoi ? Probablement emporté par ce mal de crâne
mystérieux dont il se plaignait si souvent, et la veille encore
avant de s'endormir, et ce malgré la satisfaction de ses sens.
Pourtant Hubert était d'une constitution solide ! ... Les gens
mourraient bien jeunes de nos jours.
_Pff ! soupire Gina, ignorante et démunie devant les mystères
de la nature !
Chapitre Quatre ( 18 juin 1815 )
_Allez ! Grognards, de quoi avez-vous peur ?
L’Empereur galvanise ses soldats d'élite, mais en vain. Dans
toute la plaine alentour, les blessés et les morts jonchent le
sol. Les canons ennemis tonnent, rugissent, signant la défaite
certaine du Corse.
_Soldats ! Je serai content de vous si vous m'accorder ce dernier acte
de bravoure.
Les hommes se regardent, se consultent du regard, on murmure une dernière
fois, et d'un pas courageux mais résigné s'élancent.
La garde Impériale est en marche, ultime rempart des forces françaises
à Waterloo.
_Je te dis adieu, Bertrand.
_Moi aussi, Alphonse !
Les deux vieux copains, amis et frères des champs de batailles,
échangent une bourrade virile sur le dos et se souhaitent courage
et bonne chance.
Une décharge de mitraille autrichienne, violente et cruelle, vient
faucher le premier rang de la Garde, emportant une dizaine d'hommes, dont
les deux fidèles amis. La suite de la bataille est, hélas
du même ordre : les ennemis, plus forts en nombre et en armes prennent
l'avantage !
Quelques heures plus tard, l'armée française en déroute
se rend aux forces coalisées.
L’Empereur ne peut que s'enfuir vers Paris, en réfléchissant
déjà à son abdication future et inéluctable
!
Certains rescapés de cette boucherie, jureront plus tard avoir
été frappés par la vision d'une nuée, laiteuse
et ondulante qui flottait au-dessus des milliers de cadavres de cette
bataille ! Faisant comme un blanc linceul sur la plaine ensanglantée...
Chapitre Cinq ( 1999 )
Maurice n'en pouvait plus ! Trois jours après cette tempête
du - déjà - fameux 26 décembre 1999, la fatigue le
submergeait... C'était le vingt cinquième toit qu'il réparait.
Oh, réparer était un bien grand mot ! Il colmatait ce qu'il
pouvait : il posait des bâches en provisoire, replâtrait tant
bien que mal des souches de cheminées et redressait des gouttières
affaissées.
Dire qu'il y a un mois encore il allait fermer le service Couverture de
son entreprise. Alors que maintenant, il était désespéré
de ne trouver aucun couvreur sur le marché du travail !
Mais là ce soir, il ferait un break. ! Il avait trop besoin de
repos, et la fatigue pouvait lui jouer un mauvais tour... Maurice baille,
frotte ses paupières rendues sensibles par le manque de sommeil
et se penche pour ramasser ses outils.
_Aie ! fait-il. Une douleur aiguë le cisaille au bas du dos. ( C'était
à prévoir songe-t-il, avec cette accumulation de travail.)
Maurice se redresse péniblement, et se retient un instant à
la corniche d'une cheminée pour soulager sa douleur. Hélas,
la brique fragilisée par la tempête se casse et s'effrite
sous ses doigts. Maurice glisse sur le zinc... Mon Dieu ! prie t-il en
vain alors qu'il tombe dans le vide.
Alors qu'il va désespérément vers une mort certaine,
l'homme pense trop tard qu'il aurait du mettre son harnais et attacher
sa corde de sécurité. Mais débordé comme il
l'est en ce moment ! " Pas le temps ! " se disait-il...
Chapitre Six
En l'an 32 624 de l'empire Talmens - année 2024 de la Terre- le
Grand Connétable Sworl à réuni son peuple et lui
déclare :
_ Amis et chers compatriotes ! Tout comme vous je crois, j'en ai assez
de me casser la figure sans cesse ! De recevoir de la mitraille en pleine
figure, de prendre des coups de couteaux etc.
Un murmure d'approbation accueille ces paroles qui reflètent ce
que tout le monde ressent.
_Voilà déjà plus de 30 millénaires que je
conduis vos destinées, que vous avez mis, et avec raison toute
votre confiance en moi... Mais ; comme vous l'avez remarqué, depuis
ces trois derniers siècles, nos existences sont mises en danger.
Nous tournons en rond. J'ai moi aussi expérimenté - de vies
en vies - de siècles en siècles - ce cycle aberrant qui
ne nous promet plus aucune évolution.
Les milliards d'individus formant l'immense Empire étaient concentrés,
tout ouies. Une tension formidable régnait ; signe d'approbation
et de changement à venir.
_Malgré - continue Sworl - notre influence positive, les Terriens
persistent et répètent sans cesse les mêmes actions,
les mêmes erreurs. Ma patience - tout comme la vôtre - j'imagine
! a atteint ses limites. Aussi, j'ai décidé de vous soumettre
cette idée : Pour notre bien à tous, quittons ce monde...
!
Une immense clameur de surprise et de joie mêlée accueille
ces paroles.
_...Cette nuit si vous le voulez, tout ensemble nous partirons pour ne
plus jamais revenir.
Une vibration crescendo, basse et profonde émanait de tous les
individus présents. La plupart d'entre eux semblaient acquiescer
et admettre cette bonne décision. Mais l'heure était aussi
à la réflexion et à la discussion :
_Vous rendez-vous compte disait celle-ci, cela fait cinquante et un ans
que je vis avec M. Bouchardot, et comment va t-il prendre mon départ
?
_Bah ! Sentimentalisme puéril... répondait un autre. Et
lui comme tant d'autres, se rendent-ils bien compte qu'ils nous doivent
tant et tant de choses.
Etc., etc. cela papotait de plus belle.
_Allons, allons ! Mes bons amis, faisait Sworl en tentant d'arbitrer les
débats. Je sais que je vous propose d'aller vers l'inconnu, mais
songez à votre avenir... !
Quelques jours plus tard, après mûre réflexion, le
peuple Talmens se prépare à nouveau à l'exode.
A l'unisson, les milliards d'ectoplasmes formant l'Empire, reconfigurent
leurs cellules internes, se métamorphosent et se transforment pour
s'évader du cerveau des êtres humains, ils quittent à
tout jamais cette prison d'os ! Ils s'élancent, telle une nuée
laiteuse vers une autre galaxie, promesse de nourriture et d'avenir meilleur
!
Ce que les hommes avaient de tout temps pris pour leur âme profonde,
leur mémoire de vies antérieures ( parfois ressenties par
certains ? ), quitte leurs organismes et la planète à tout
jamais.
Au matin, l'humanité se réveille avec plus de simplicité
et plus de légèreté, mais néanmoins avec un
sentiment de manque ! C'est vrai que les gens se sentent plus gais, frais
et enthousiastes face à la vie, mais un peu comme une coquille
vide ! Et si on les interroge, ils répondent néanmoins qu'ils
se sentent peut-être plus heureux qu'avant ? Avant quoi ? Certains
ne le savent déjà plus !
En France, au Japon et dans d'innombrables pays, on se met à la
recherche de : savants, de philosophes, de responsables religieux, pour
résoudre ce problème, car quelque chose manque quand même.
Mais on ne sait pas quoi ? Des défilés et des manifestations
pacifiques ont même lieu... En vain. Le Président de l’Europe,
( tout comme tant d'autres responsables politiques ailleurs dans le monde
) ne sait comment résoudre cette crise. On fait même appel
à l'armée pour traquer cet ennemi invisible qui est la cause
de tout cela. Les radars, les sonars et les super-ordinateurs sont mis
à contribution. On fait même des radiographies et des scanners
sur des volontaires, mais tout est normal ! Mais quel phénomène
alors est à l'origine de ce trouble planétaire ?
Épilogue
_Mr Geoffroy ! Réveillez-vous ! C’est l'heure de votre piqûre.
_Hein ! Quoi ? Ah ! c'est vous madame Jacqueline.
_Ca va ? Vous n'avez pas l'air bien ce mâtin !
_Humff ? Je me sens fatigué... J'ai mal dormi et j'ai fait un mauvais
rêve. Je dirais même un vrai cauchemar.
_Ah bon !...Tenez, voilà le docteur pour vous. Et après
on vous apportera votre petit-déjeuner.
Le médecin interne ausculte le patient, l'interroge sur son état
de santé et discute un moment avec lui.
_Allez, au-revoir monsieur Geoffroy ! J'ai d'autres patients à
voir.
Celui-ci agite faiblement sa main. Le docteur quitte la chambre, l'infirmière
à sa suite.
_Qu'en pensez-vous docteur ?
_Je ne suis pas très optimiste. Il est très affaibli et
je crois que d'ici un mois ou deux son coeur lâchera... Il s'endormira
et pfft !
_Hum ! hum ! Enfin, il a quatre vingt onze ans. C’est
bien normal. Et si nous pouvions tous
partir comme lui ... Tranquille...
Fin
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