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Par Seby

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Mission de reconnaissance
(2/2)

Dix heures et cinq minutes. Les deux missionnaires avaient cinq minutes de retard au rendez-vous imposé par leur directeur, ils coururent à son bureau lorsqu’ils se rendirent compte de leur erreur, frappèrent à sa porte et entrèrent sans attendre d’ordres. Pourquoi patienter alors qu’ils sont attendus et en retard ? A l’intérieur, dix sept hommes étaient assis autour d’une gigantesque table ovale. X-yorta et klamosta se posèrent sur les deux dernières chaises libres, celles en bout de table, près de la porte d’entrée. Face à eux, un homme assez âgé se leva, personne ne suivit son mouvement sauf du regard. C’était un homme admirable avec une importante musculature, le temps et l’âge l’avaient comme épargnés. Voyant que toutes les chaises étaient occupées, il prit une profonde inspiration puis discourut à l’assemblée :

– Bonjour messieurs et soyez les bienvenus. Comme vous vous en doutez, aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres, c’est le début de la continuité du développement de la race sirzikiniènne. Vous, les neufs équipages des neufs navires de reconnaissance les plus performants et les plus avancés, technologiquement parlant, que notre race n’ai jamais crées, allez être envoyés au hasard dans des directions opposées les unes aux autres à travers l’univers, dans le but de trouver une nouvelle planète colonisable. Comme vous le savez, notre civilisation a beaucoup de soucis de surpopulation et un manque considérable de ressources naturelles. Votre mission prioritaire est de trouver une planète inhabitée, au cas où vous tombez sur une terre déjà occupée, vous devrez évaluer le taux de haine de ses habitants à l’aide du hainomètre. Vu qu’il est impossible, à cause de sa taille et de son poids, de le transporter hors du navire de reconnaissance, vous devrez, et cela par simple question de sécurité, kidnapper deux de ses résidents, les passer au détecteur, les tuer et vous jetterais leur corps dans l’espace, de préférence vers leur soleil afin de favoriser leur désintégration. Dés que vous obtenez un résultat satisfaisant voire excellent, je parle des terres inoccupées, vous lancerez un message d’approbation avec vos coordonnées précises par ondes infra-lumineuses. Si la planète abrite du monde et que ses habitants sont inférieur ou dans les normes du hainomètre, vous nous informerez de votre découverte et vous continuerez les recherches plus loin. Nous nous chargerons d’envoyer du personnel spécialisé sur cette terre pour prendre contact avec eux et former une alliance. Ne communiquez jamais avec des extra-terrestres même si se sont eux qui engagent les présentations. Et enfin, si cette planète est occupée par des êtres supérieurs à la moyenne que requière le hainomètre, fuyez après nous avoir communiqués vos coordonnées précises et les résultats du détecteur. Au cas ou vous êtes attaqués, vos astronefs sont équipés de systèmes d’autodéfense, servez-vous en tout en décampant. Si par malchance, vous êtes cernés ou que votre vaisseau se retrouve paralysé, et je ne vous le souhaite pas, envoyez un S.O.S et déclenchez les systèmes d’autodestruction avant de vous suicider. Sauf si vous désirez mourir comme de véritables héros, alors dans ce cas, vous laisserez l’explosion du navire faire le travail. Ils ne doivent aucunement connaître quoique ce soit sur notre race, l’ignorance de l’ennemie est notre plus grande arme. J’espère sincèrement que votre mission se déroulera sans ennuis, le peuple sirzikinien attend avec impatience les résultats de vos découvertes. Si tout ce passe à merveille, je veux dire par-là que si vous découvrez une ou plusieurs planètes colonisables, vous serez considérés comme des sauveurs voire des messies. La survie de votre race repose entre vos mains, nous ne savons combien de temps vous allez partir, de plus, tous contacts avec votre terre sont strictement interdits, sauf pour présenter les résultats. Si par malchance, un vaisseau de reconnaissance, espion ou d’attaque ennemi venait à intercepter un message de votre navire, il leur suffirait de suivre les ondes infra-lumineuses jusqu’au point d’arrivé et ce serait peut-être la fin pour nous. A vos retours, ce sera des planètes en guerre ou au pire, rasées que vous retrouverez. A vos yeux, je dois lourdement insister mais il faut que vous ayez tous conscience que cette mission est de la plus haute importance. Avant de partir, donnez un dernier au revoir à vos familles et vos amis, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance et à tous : à bientôt.

Sur ces derniers mots, les dix-huit missionnaires se levèrent en poussant un puissant cri de guerre, un cri haineux, de chance, de victoire et d’encouragement. Ils sortirent du bureau du directeur, le laissant seul pour qu’il puisse reprendre ses véritables occupations et non pas de long discours de politesse et d’ordre de mission que tout le monde connaissait déjà et s’était entraîné dessus pendant des années. Ils traversèrent quelques couloirs et se retrouvèrent dehors, devant de nombreuses pistes de décollage et une foule ahurissante. A l’extérieur, des centaines de personnes, pour la plupart des militaires et personnel de la BPNRS, applaudissaient, hurlaient de joie, clamaient et s’époumonaient aux sauveurs. Par contre, quelques femmes, hommes et enfants versaient des larmes de tristesse, ils regrettaient leurs départs, tous ces gens étaient les familles et les amis des aventuriers. C’était étrange comme sensations, ils étaient heureux que ces hommes partent et reviennent comme des héros mais en même temps, ils ne désiraient pas les quitter. Le manque du mari, du père… sans savoir s’il reviendra un jour, sans savoir s’ils les reverront. Ces familles et ces amis coururent vers les missionnaires, leur faire un dernier adieu, une dernière embrassade. Espérant en vain qu’à la dernière seconde ils refusent de partir même s’il savent que cela est impossible.

Chaque équipage se rendit à sont vaisseau respectif, sans regarder leur famille puis montèrent à bord des navires. Chacun leur tour, et dans un ordre imposé, ils décollèrent. Au total, neuf explosions se firent entendre, toutes suivies par des jets de flammes et en quelques secondes, les spectateurs ne virent plus que des petits points, accompagnés d’une épaisse fumée grise rejetée par les réacteurs, progresser dans un ciel dégagé. Dans l’espace, X-yorta ne disait pas un mot, ne présentait aucun signe de contentement. Il regardait avec peine sa planète et sa seule raison de vivre s’éloigner tandis que Klamosta, lui, versait des larmes de bonheur. A ces yeux et à ceux de sa race, il se sentait enfin responsable, de plus, il n’avait aucune attache importante sur Sirzikinal 1, alors il ne pouvait qu’être heureux. Il voulut crier mais se retint lorsqu’il vit le visage désespéré de son commandant.

– Mais que se passe t-il ? Demanda t’il inquiet.

– Tu ne connais rien de moi, de mon passé, répondit X-yorta, tu ne sais que ce que je veux bien te montrer et tu ne ressens que de la joie, de l’espoir. Depuis ma dernière mission, je ne crois plus en rien, en personne sauf à ma femme, la seule chose qui me retienne, moi et ma vie. Elle est ma seule raison de vivre et je viens de la quitter. Mais cette fois-ci je reviendrais sans tuer, sans provoquer la mort, l’enfer. Je hais notre race et cette stupide invention qu’est le hainomètre pour des raisons que tu ne peux pas comprendre. Du moins pour l’instant et j’espère que tu ne les connaîtras pas car tu es psychologiquement moins résistant que moi. Si tu doutes de ce que je viens de vaguement de te dévoiler, interroge-toi sur les raisons de la mort de Imokstez.

X-yorta ne dit rien de plus et son collègue ne voulut rien savoir non plus. La vérité peut parfois être démoralisante et Klamosta ne désirait en rien mettre en doute les intérêts de cette mission. Il fallait, au nom de sa race, qu’au moins une personne sur deux à bord d’un vaisseau garde la tête sur les épaules, quelqu’un qui doit apprécier et désirer ce genre de mission, qui ne la regrette pas et surtout lorsqu’elle n’en est qu’à son début mais une parcelle d’inquiétude s’était tout de même infiltrée dans son esprit.

*

Les années s’écoulèrent sur Sirzikinal 1, des années qui passèrent pour des siècles aux yeux du personnel embarqué à bord du Fouineur. Un nom pas très recherché par ses créateurs pour un vaisseau dont le but est de fouiner au travers de l’univers et ses curiosités. Sûrement aussi un hommage à la fouine, un animal disparut des terres sirzikiniènnes depuis plus d’un demi-siècle, il fallait bien que les moins chanceux, ceux qui sont de trop dans cette société et qui sont livrés à eux-mêmes pour survivre, se nourrissent. Les missionnaires ne reçurent aucunes nouvelles de leur planète d’origine, cela voulait simplement dire qu’aucuns aventuriers n’avaient trouvés de terres habitables et heureusement, aucuns d’entre eux n’ont été confrontés à des problèmes quel qu’ils soient. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles dit-on mais pas de nouvelles est aussi synonyme d’inquiétudes. Par exemple, si un membre de la famille venait à décéder, aucuns contacts ne seraient engagés avec les explorateurs afin qu’ils continuent de mener à bien leur mission. Donc, Klamosta et X-yorta commençaient réellement à s’inquiéter pour leur famille. Comment allait-elle ? Que devenait-elle ? Ils y pensaient incessamment mais chacun de leur côté, ils ne désiraient pas discuter de cela, il ne fallait pas qu’ils tombent dans la paranoïa.

Klamosta appela son collègue pendant sa partie d’échec sans pour autant se déranger.

– Mon commandant ! Relança t’il sérieusement.

A ce moment il se leva, il connaissait Klamosta comme s’il l’avait fait et savait que lorsqu’il l’appelait par son identifiant civil, c’était pour lui sortir une sorte de blague qu’il venait d’inventer ou pour papoter comme le font deux vieux amis devant un verre mais dés qu’il l’appelait par son grade : la mission reprenait.

– Mon commandant ! Continua t’il. Nous approchons d’un système solaire, les capteurs détectent des mouvements en masse sur près de vingt-cinq pour-cent de la superficie d’une de ses planètes.

– Laquelle est-ce ?

– La bleue.

– Elle est absolument magnifique ! S’exclama X-yorta en visionnant les gros plans qu’avait fait Klamosta sur les écrans d’observations incrustés dans le tableau de bord. Prépare toi mon gars, on va faire une descente.

– Mon commandant, repris Klamosta, il nous faut deux des habitants de cette planète, je propose de les kidnapper à deux endroits éloignés l’un de l’autre, pour être sûr que… Il y a peut-être plus de chance de trouver des variations de haine dans cette espèce, les régions hostiles influent sur le caractère.

– Formulé comme ça, je vote pour cet endroit, dit-il en pointant le Japon avec son doigt sur un des écrans, et celui-là, il pointa le sud de la France. Prépare toi, il va falloir opérer vite, on ne sait jamais, ils peuvent déjà nous avoir repéré.

Les deux missionnaires s’installèrent aux commandes du navire, ils actionnèrent tous les turbos que le fouineur possédait et se dirigèrent à une vitesse fulgurante vers le Japon. Ils stoppèrent le vaisseau à trois mètres du sol, juste au-dessus d’un humain mort de peur en voyant l’immensité de l’engin venu de nulle part. Une trappe s’ouvrit en dessous de la machine volante, laissant échapper une lumière bleue-turquoise puis l’on entendit : « Inversion gravitationnelle », avant que l’humain ne s’élève dans les airs pour disparaître dans la lumière. Le navire remonta vers le ciel, disparut dans l’espace puis refit de même à l’endroit exact où X-yorta avait pointé la seconde fois son doigt : le sud de la France.

*

Le vaisseau volait maintenant en orbite autour la terre avec deux nouveaux invités dans une de ses cellules. Pendant leur sommeil, les kidnappeurs attachèrent pieds et mains de leurs victimes et attendirent qu’ils se réveillent, mieux valait ne pas les brusquer. Alors pour tuer le temps, Klamosta brancha et vérifia le hainomètre, tant que le Fouineur ne détectait aucuns navires ennemis, ils pouvaient faire leur travail tranquillement autour de cette planète. Les deux humains se réveillèrent au bout d‘un moment, traumatisés de ce surprenant et inattendu kidnapping. Dès qu’ils virent X-yorta, ils se mirent à pleurer, alors le commandant attrapa violemment le japonais, l’emmena vers le hainomètre et l’attacha solidement sur une chaise. Il lui plaça deux sortes d’électrodes sur les tempes puis recula. Klamosta mit en route le détecteur, des éclairs jaillirent des électrodes, entourant la tête du japonais qui hurlait, criait de peur et de douleur. Les éclairs cessèrent et X-yorta lu le résultat : 7 %. Il défit l’humain de ses liens, lui ôta les électrodes pour le replacer dans la cellule où attendait le français. Ce fut le tour de Klamosta de s’en emparer et de refaire le même scénario. Cette fois-ci, le hainomètre indiquait 12 %. X-yorta le raccompagna dans sa chambre, étrangement soulagé.

– Pourquoi es-tu heureux ? Demanda son collègue.

– Parce qu’il n’y aura aucun mort sur cette planète, ils sont tous deux largement en dessous de la moyenne. Je crois qu’il faut que tu saches la vérité à présent. Jadis, j’ai eu une mission semblable à celle-ci et mon rapport concernant la terre que j’avais découverte avec Imokstez a provoqué la grande guerre intergalactique. Devant l’ampleur des dégâts et de cette responsabilité, mon ancien équipier se laissa mourir.

– C’est du passé tout cela et il nous faut une planète.

– Tu penses à falsifier nos rapports ? Repris violemment X-yorta. Je suis ton supérieur et les ordres sont les ordres ! Ils sont largement inférieurs à la moyenne requise, nous envoyons nos véritables résultats à la BPNRS et nous continuons nos recherches plus loin. Une équipe de chez nous se chargera du reste mais en tout cas, cette race vivra et longtemps. N’as-tu donc aucun honneur ? Ces êtres sont loin de nous être hostile et nous ne craignons rien d’eux. Maintenant, il faut se dépêcher de trouver d’autres planètes car notre race doit suffoquer à cette heure-ci. On les balance vers leur soleil et on dégage. OK !

– A vos ordres ! Cria Klamosta.

Juste après cette ultime décision qui fait qu’une race entière survivra, les deux missionnaires placèrent leur navire autour du soleil. Chose faite, ils se dirigèrent vers la cellule de leurs invités, X-yorta ouvrit la porte, Klamosta entra, attrapa le français, le défit de ses liens et le regarda droit dans les yeux. Étrangement, le regard de l’humain changea d’expression, celui-ci s’empara de l’arme perchée à la ceinture de Klamosta, le visa et lui tira à bout portant un coup de laser dans le torse. Le corps du missionnaire s’effondra sur le sol puis le français visa X-yorta qui ne bougea pas d’un millimètre.

– Je savais bien que je t’avais déjà vu quelque part. Lança le commandant choqué de ce souvenir. Tu étais dans mon rêve, ce terrible cauchemar qui m’a tant tourmenté et qui s’est si souvent répété. Mon dieu ! Ta race va massacrer la mienne. Mais j’ai vu les résultats sur le haino…

L’humain tira un coup de laser avant que le commandant n’ai eu le temps de finir sa phrase. Le français délivra son compagnon de ses liens, s’assit en souriant à son ami puis ils se mirent à s’amuser entre eux.

*

Sur terre, la tension était à son plus haut niveau, les flashs infos annonçaient la récente venue d’extraterrestres ainsi que leurs actes :

– Il y a à peine une heure, un japonais mentalement aliéné et un meurtrier interné dans un centre psychiatrique à cause de sa double personnalité : celle d’un homme ultra violent et celle d’un simple enfant de quatre ans, ont été kidnapper par des extra-terrestres. Toutes les armées des cinq planètes sont prêtes à intervenir et à recréer une armée de défense pour protéger notre si jolie terre bleue. Elles sont en ce moment même entrain d’analyser le parcours emprunté par ces aliens et se préparent à les attaquer massivement. Les empereurs de toutes nos planètes sont affirmatifs sur deux points : Il faut sécuriser notre terre d’origine de toutes intrusions externes et si un navire alien vient à kidnapper des humains, c’est pour une seule et unique raison, nous étudier pour mieux nous tuer.

– La bonne nouvelle est que si nous gagnons cette guerre et nous allons la gagner, il se peut que nos problèmes de surpopulation ne soient bientôt qu’un mauvais souvenir.

FIN

 

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