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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Seby

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Petit conte
pour petits-enfants !

C’est à la suite d’une sérieuse conversation avec ses camarades de classe au sujet les adultes que le petit Pierrot ressentit la peur d’en devenir un. La crainte de grandir, de ne plus voir et faire les choses de la même manière. Il ne veut pas faire partie de ce monde de fous et vivre toujours énervé, devoir continuellement courir dans tous les sens, ne plus jamais pouvoir écouter les enfants et s’amuser avec eux. Il ne souhaite pas vivre dans cet univers immoral pour constamment travailler mais le plus important, il rejette l’idée d’être obligé de se séparer de sa maman comme le font tous les grands. Pierrot ne sait pas comment faire pour éviter de grandir mais il lui faut trouver un moyen, une solution qui l’empêcherait de devenir un adulte… il doit rester un enfant !

16h30 et la sonnerie de l’école retentit, le dring magique que tous les enfants attendaient depuis leur arrivée. Devant l’établissement, les parents guettaient au loin leur progéniture, certains discutaient entre eux pour passer le temps, et les autres se frottaient nerveusement les mains, remuaient les pieds ou tournaient en rond. Quelques secondes plus tard, les craintes du petit Pierrot augmentèrent d’avantage. Il voyait des parents prendre leurs enfants en quatrième vitesse parce qu’ils devaient terminer du travail en retard ou bien d’autres choses encore, comme si c’était une corvée d’aller chercher son propre gamin à l’école. Des enfants pleuraient parce que ces parents cruels leur faisaient mal aux bras en les tirant jusqu’à la voiture. Certains auraient aimé dire au revoir à leurs maîtres et maîtresses mais le retard du papa ou de la maman était bien plus important, et d’autres voulaient jouer encore un petit peu avec leurs amis mais ce n’est pas la peine, demain il y aura école et les camarades seront tous présent.

En arrivant chez lui, Pierrot monta directement dans sa chambre trouver une solution à tous ses problèmes. Il chercha et il chercha à s’en faire mal à la tête jusqu’à ce que l’heure du dîner arrive. Peut-être était-ce cela ? Pierrot se rappela que sa grand-mère lui disait toujours que la soupe le ferait grandir, et la soupe n’est que de la nourriture liquide. L’ampoule qui s’était allumée dans sa tête explosa à cause de la puissance de la lumière qu’elle dégageait tellement l’idée était prodigieuse. Il ne fallait plus manger pour ne plus grandir, c’était la seule et unique solution mais ce n’est pas la plus facile à réaliser parce que notre petit Pierrot mourrait déjà de faim et l’odeur de la nourriture qui venait de la cuisine n’arrangeait rien à son indispensable grève de la faim.

– Ce n’est pas grave, dit-il à son ours en peluche préféré, je commencerais demain, je ne vais pas beaucoup grandir si je ne mange que ce soir et en plus, ma mère va me disputer si je ne viens pas dîner. Je lui dirais à table que désormais il ne faudra plus me préparer à manger. Allez… à tout à l’heure !

Attiré par cette somptueuse odeur de lasagnes, le petit Pierrot descendit les escaliers en quatrième vitesse et s’installa à la table de la salle à manger. Deux assiettes y étaient installées face à face, séparées par une épaisse planche en bois. Sa mère arriva de la cuisine avec un gant à chaque main pour se les protéger, apportant un plat de lasagne, à première vue un petit peu brûlé. Elle le déposa sur la planche, en servit à son fils et à elle-même puis, elle s’assied en souhaitant un bon appétit à son rejeton qui fît de même avant de dévorer cet appétissant festin. A la fin du repas, Pierrot pris son courage à deux mains et expliqua, malgré sa crainte de la façon dont allait réagir sa mère, toute la situation du début à la fin. Dès qu’il eut terminé son histoire, sa mère éclata de rire, elle était prise d’une soudaine hystérie incontrôlable, elle n’arrivait pas à s’arrêter.

– Je ne vois pas ce qui te fait rigoler ! La disputa t’il en se levant. C’est une situation très, très, très grave que je te raconte là et toi tu ne penses qu’à rire !

– Ne m’en veux pas Pierrot. S’excusa t’elle en essuyant les larmes qui coulaient sur son visage. Je te raconterais une histoire avant que tu ne t’endormes, ce récit est la vie d’un petit garçon qui, tout comme toi, ne voulait pas grandir. Tu comprendras pourquoi tu continueras à manger et pourquoi ce que tu viens de me dire me fait tellement rire.

Il se faisait neuf heures du soir quand Pierrot monta se coucher, accompagné de son nounours préféré, il attendait impatient que sa mère lui raconte son histoire pour qu’il puisse rigoler à son tour. Peut-être que son idée de ne plus manger pour ne plus grandir est stupide mais elle ne le lui semble pas. Il entendit les vieilles marches de l’escalier craquer et devina sa mère arriver, alors il s’enfonça encore plus profondément dans ses couvertures, serrant son nounours entre ses bras, prêt à écouter et à s’endormir grâce à la douce voix de sa maman.

– Ca va mon petit ? Demanda t’elle en pénétrant dans sa chambre. Je viens te souhaiter une bonne nuit.

– Tu vas aussi me raconter l’histoire que tu m’as promise ?

– Ah oui, je croyais que tu avais oublié.

Sa mère s’assied à ses côtés sur le lit et commença le récit par un l’habituel :

– Il était une fois un adorable petit garçon qui s’appelait Jean-Jacques Hernst.

– Eh ! Coupa Pierrot. Il a le même nom de famille que moi.

– Ben ! Ce doit être un coup du hasard. Un jour, ce petit garçon eut une étrange frayeur, ça lui est venu d’un seul coup.

– Il avait peur de grandir ?

– Oui, comme toi. Pendant des jours et des jours, il chercha tous les moyens qui lui éviteraient de devenir un adulte. Alors il essaya une grève de la faim mais il termina vite son projet quand il tomba dans les pommes en pleine classe devant tous ses copains.

– Tu veux dire qu’il en est mort ?

– Non, il s’est juste évanoui mais tu peux mourir si ne te nourris pas, pour cela qu’il faut manger.

– Et que s’est-il passé après ?

– Après, il a essayé de ne plus parler aux grandes personnes parce qu’il croyait que c’était en discutant avec elles qu’il grandirait mais il arrêta le jour de son huitième anniversaire. Ses parents ne savaient pas ce qu’il voulait comme cadeau, vu qu’il ne leur avait rien dit, alors ils lui offrirent des legos.

– C’est bien les legos !

– Oui mais lui voulait la panoplie des power rangers.

– Ahhh ! Y’a pas à discuter, c’est mieux, il a dû être déçu ?

– Oh oui ! Mais ils rattrapèrent leur erreur dès le lendemain en l’emmenant au magasin de jouets. Je peux te dire que ce jour-là il n’arrêtait pas de jacasser en remerciant ses parents parce que du coup ça lui faisait deux cadeaux. Tous ses jeux ne l’empêchèrent pas de repenser à sa peur de grandir et plus les jours s’écoulaient et plus sa crainte augmentait.

– Qu’est-ce qu’il a fait alors ?

– Tu veux vraiment savoir ?

– Ouuuiiiii !

– Il a cherché partout, il a demandé à tout le monde une solution pour ne pas devenir un adulte mais tous répondaient qu’ils ne savaient pas.

– Il n’a rien trouvé comme solution ?

– Attends ! Un soir, avant d’aller se coucher, il désespéra tellement qu’il effectua une dernière tentative, il ouvrit la fenêtre de sa chambre et regarda dans la nuit le ciel, les étoiles puis la lune, elle était pleine, toute ronde et bien jaune.

– Qu’est-ce qu’il a fait ?

– Il l’a regardé profondément et s’est mis à prier, il lui a demandé qu’elle lui vienne en aide et tout à coup, un monsieur est apparu devant lui, dans l’ombre de façon à cacher son visage.

– Un adulte ?

– Oui, mais pas comme les autres, pas comme ceux que tu vois dans la rue, cet homme volait.

– Comme Superman ?

– On peut dire ça mais ce n’était pas lui. Il dit au petit enfant qu’il avait entendu sa prière et qu’il connaissait une solution à son problème mais il fallait qu’il soit sûr de vouloir rester un enfant pour le reste de sa vie. Alors le petit Jean-Jacques réfléchit encore un peu puis il lui annonça qu’il était sûr et certain de sa décision.

– Et que s’est-il passé ?

– Le monsieur entra dans la chambre, alluma la lumière et c’est à ce moment que le petit garçon vit complètement son visage, c’était un grand et bel adulte avec de longs cheveux bruns et aux yeux de même couleur. Il y avait quelque chose d’étrange chez lui, il avait une grande cape noir et ça faisait ressortir la teinte très pâle de sa peau. Le petit garçon fit un pas en arrière et le monsieur lui dit : « - J’ai entendu ton appel et je suis venu réaliser ton souhait. » Puis le monsieur s’approcha de l’enfant, sourit et lui fit découvrir ses dents, il en avait deux grandes et pointues.

– Comme le grand méchant loup ?

– Pas tout à fait, plus comme un vampire.

– Un vampire ? Un vrai ?

– Oui. Donc le monsieur s’avança vers l’enfant, l’attrapa par le col, le souleva et le mordit dans le coup.

– Et après ? Demanda Pierrot impatient. Que s’est-il passé ?

– Le vampire s’entailla le bras avec un de ses longs ongles et fit boire son sang à l’enfant qui s’endormit juste après. Au bout de quelques minutes, Jean-Jacques se réveilla, il croyait avoir rêvé et il eut très peur quand il vit la lune. Alors il partit se réfugier dans la chambre de sa mère qui voulut bien que son fils dorme avec elle mais à peine fut-il couché qu’il mordit sa mère dans le cou pour boire son sang.

– Elle se transforma en vampire aussi ?

– Non parce qu’il a bu tout son sang et il ne lui a pas donné du sien.

– Alors elle est morte ?

– Oui mais elle n’a pas souffert.

– Moi je ne te ferais jamais ça !

– Je l’espère mais quand tu es un vampire et que tu as vraiment faim, tu sautes sur la première victime que tu vois. Depuis, Jean-Jacques n’a jamais grandit et désormais son unique but est de trouver des enfants pour jouer avec lui mais le problème, c’est qu’à chaque fois qu’il arrive à se faire un nouvel ami qui ne parvient pas à trouver le sommeil, il le perd en buvant son sang, il est toujours tellement affamé qu‘il ne peut s’empêcher de le mordre. Aujourd’hui, il regrette le temps où il était mortel et pouvait jouer avec des enfants de son âge sans devoir les dévorer. Il prie tous les soirs de pleine lune dans l’espoir de redevenir un humain pour pouvoir profiter pleinement de sa vie, fonder une famille et à son tour avoir des enfants.

– Je ne veux pas devenir comme lui, dévoila le petit Pierrot, je ne veux pas rester petit, je veux grandir et fonder une famille !

– Alors tu me promets de bien manger et de ne plus te tracasser avec des problèmes aussi stupides ?

– C’est juré ! Bonne nuit maman.

– Bonne nuit mon chéri.

La mère de Pierrot se leva, éteignit la lumière, regarda une dernière fois son fils allongé puis partit se coucher dans sa chambre.

Dans l’obscurité, le petit ex-gréviste repensait à cette terrifiante histoire et à ce jeune enfant qui devait vivre sans espoir de se faire des amis, sauf l’espace d’une soirée avant qu’il ne les morde. Tout à coup, le petit Pierrot révolté contre l’envie d’être petit, attrapa son nounours préféré et le jeta par la fenêtre.

– Bonsoir mon cher cousin Hernst ! Souhaita un enfant en s’introduisant dans la chambre par la fenêtre, il tenait le petit ours dans les mains. Je crois que cette peluche est à toi. Est-ce que tu aimerais devenir mon ami ?

A partir de cette nuit, le petit Pierrot ne se posa plus jamais de questions sur son avenir…

FIN.

 

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