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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Sef

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Je suis une vampire
(1/2)

Le temps est un étrange élément de notre monde. Encore plus étrange est la manière dont le genre humain appréhende ce que certains définissent comme une dimension.

Moi-même, avant de changer, je voyais tout naturellement les saisons s’alternant, tandis que ma vie s’écoulait lentement, inlassablement. Je me consumais avec amertume, m’offrant aux plaisirs de la vie dans le but inavoué et inassouvi d’oublier l’horreur de celle-ci. Chaque jour nouveau je mettais le masque de la vie, pourtant consciente que la finalité de tout ceci était la mort.

Heureusement ceci prit fin la nuit du 30 avril 1975, la dernière date humaine dont je me souvienne réellement, le dernier jour de ma misérable condition de femme.

Qu’étais-je donc réellement à l’époque ? C’est à peine si cela à encore de l’intérêt, en tout cas pour moi. Pour d’autre, ma compagnie était trop agréable pour n’avoir pas été regrettée.

J’aimais le plaisir de la chair, et j’avais la chance de posséder un physique agréable que j’aimais mettre en valeur. Sans être vraiment plantureuse, ma silhouette était suffisamment au-dessus de la moyenne pour faire fantasmer la plupart des hommes que je côtoyais.

Ma vie était axée sur deux axes principaux, le travail pour pouvoir vivre, monotone et inutile, et les sorties, où seule ou avec des amis je partais en chasse d’une proie qui saurait satisfaire mon appétit. C’étaient les seuls instants où je vivais vraiment, m’abreuvant de sexe comme d’autres s’abreuvent de drogues, réclamant la jouissance pour oublier la vie, pour oublier la mort.

J’avais alors 31 ans, l’âge de la maturité, l’âge de la dégénérescence du corps qui commence déjà à se faire sentir. Plus je vieillissais, et plus mon appétit sexuel grandissait, pour le plaisir de mes partenaires avec qui je me pervertissais de plus en plus, reculant au fil du temps tout les interdits que je m’étais fixée.

Je sortais deux à trois fois par semaine, fréquentant en priorité les bars de célibataires réglos et les boîtes où l’on était sûr de s’amuser. De temps en temps je tentais les endroits un peu moins fréquentables, en quête d’une nouvelle excitation et d’un nouveau plaisir. Je commençais sans m’en rendre compte à allier le plaisir de la peur au plaisir de la chair. Doucement, mais sans aucun doute, je devenais véritablement perverse. Heureusement mon destin en voulut autrement.

C’était un soir d’automne, une de ces fraîches soirées romantique où vous aviez particulièrement envie de vous retrouver dans les bras d’un homme. Ma méthode était très rodée. Vêtements sexy assez classiques, mais jamais vulgaire, j’attendais patiemment qu’un homme vienne m’aborder, ne prenant que rarement les devants. Par cette méthode, il m’était plus facile de le juger et de l’envoyer promener s’il ne me convenait pas. Et surtout, j’adorais trop être désirée pour inverser les rôles.

Ce soir là, la nuit avançait à mon grand désarroi, et aucun homme présent dans le bar hélas, n’était assez courageux ou assez soûl pour venir m’accoster. Je savais pertinemment que cela finirait par arriver, cela arrivait toujours, mais je ne supportais pas de voir passivement le temps se dérouler. C’était déprimant.

Sans même le voir je sus qu’il était là. Sa présence envahissait tout le bar, j’avais l’impression que l’air se déplaçait différemment, que tout l’espace autour de moi avait changé de densité, de texture. Un frisson envahissait tout mon corps, et sans savoir pourquoi, je fus poussée à regarder dans sa direction.

Il était au bar, grand, fort, le teint halé et les traits aquilins. J’eus l’impression de voir un aigle majestueux, un aigle affamé qui cherchait sa proie.

Il me fixait, et son regard était envoûtant. Ses yeux étaient noirs comme la nuit, je ne pouvais m’en détacher, je savais déjà que j’étais sa victime.

Il vint me rejoindre, mais aucun mot ne fut échangé, car aucun mot n’était nécessaire. Il avait provoqué en moi une telle fièvre de désir que je n’étais plus qu’un sexe en rut réclamant la délivrance de la jouissance. Quant à lui, impassible et fier, il n’avait plus qu’à ordonner pour être obéit.

Je l’emmenais chez moi, lieu qu’aucun de mes amants occasionnels n’avait connu, lieu où j’avais juré de n’en amener aucun. Seulement à cet instant aucune promesse n’avait plus d’importance, aucune parole n’avait plus de sens, seule la chair avait encore le droit et le pouvoir de s’exprimer.

Il me prit comme une bête, déchira en partie mes vêtements, me laissant avec des lambeaux de tissus sur le corps après avoir mis au jour les parties essentielles. J’étais totalement soumise, mon corps n’était plus à moi.

Il me pénétra violemment, douloureusement, et pourtant j’éprouvais un plaisir immense. Mes sens étaient extrêmement affûtés, je sentais le moindre de ses mouvements, le moindre de ses gestes, aussi subtils pouvaient-ils êtres. Quand à mon sexe, c’était un feu de plaisir qui me consumait au plus profond de moi.

Il me griffait, allait et venait en moi sans ménagement, me serrait dans ses bras à m’en faire perdre le souffle, malaxait ma chair et mes seins à en laisser des marques, m’embrassait les lèvres si violemment que je sentis le goût du sang. Le sang, je le sentis également venir de mon sexe, mais la plaie qu’il me créait affûtait ma sensibilité, sublimait mon plaisir.

Jamais je n’avais rien ressenti de pareil, j’avais atteint un degrés de plaisir inconcevable, et je sentais que celui-ci montait pour exploser en la plus sublime des jouissances.

Le moment vint, mais au lieu de l’orgasme vint le prix à payer. Alors que j’étais sur le point de jouir, toute sensation de plaisir se stoppa net, et avec une clarté étonnante je sentis ses crocs pénétrer ma gorge.

La chair céda et l’artère éclata sans peine. Le sang jaillit à flot, sa gueule de monstre grande ouverte, le laissant venir à lui. Soudain je vis la mort, et dans un spasme de peur j’essayais de me dégager de cette chose qui était sur moi, en moi, et qui n’avait plus rien d’humain. Je souhaitais autant que cette étreinte se termine que j’avais put souhaité que l’autre ne s’arrête jamais.

Mais il me tenait dans ses puissants bras, et rapidement je perdis mes forces. Le sang s’écoulait à flot, nous recouvrait tous les deux, nous donnant l’impression de ne former qu’une masse de chair à vif et informe.

Le froid se mit à envahir mon corps, qu’au fur et à mesure je ne sentais plus. Mon souffle se coupais et j’étais à deux doigt de perdre conscience. La mort était là, mais il n’en voulait pas.

Alors que la plupart de mes sens étaient déconnectés je le vis, ou plutôt le perçu, s’ouvrir le torse avec l’une de ses griffes, laissant couler un filet de sang assez conséquent, mais bien maigre face à ce qu’il m’avait pris. Je ne me souviens plus de ce qu’il fit ensuite, seul me reste le goût du sang dans ma bouche, puis vînt l’obscurité totale, sans que je perdes conscience.

Finalement mes nerfs reprirent vie et je retrouvais les sensations de mon corps. Cela ce faisait au fur et à mesure, avec une perception accrue de chaques éléments qui me constituait, une nouvelle sensation de la chair, et de la douleur qui accompagnait la chair. Car j’étais meurtrie de toute part, mon corps était mort et sa renaissance était horrible.

Je ne sais combien de temps cela dura, je crus plusieurs fois que j’étais morte tant c’était insupportable, mais chaque fois un nouvel élan de douleur me rappelait que j’étais bien consciente.

Je ne sais si cela fut du sommeil, mais je finis par sombrer dans l’inconscience totale. Aucun rêve, aucune sensation ne resta dans ma mémoire. Je me rappelle seulement du soleil sur mon visage, et d’une sensation de bien être total, sans qu’aucune douleur ni qu’aucune fatigue ne viennent troubler cela.

S’il n’y avait pas eu tout ce sang sur moi et sur le sol, j’aurais certainement crus que j’avais rêvé tant mon bien être était total. Je ne voyais sur mon corps aucune blessure, même sur mon cou qu’il avait pourtant déchiqueté, en tous cas est-ce dont je me souvenais.

Enlevant les lambeaux de vêtements qui me restaient, je partis prendre une douche afin de me débarrasser du sang qui recouvrait tout mon corps. Là, je constatais que j’étais indifférente à la température de l’eau. Je savais si elle était chaude ou froid, mais sans réaction physique, ma peau ne rougissait même pas à un jet d’eau bouillante.

La deuxième surprise vint à la sortie de la douche, alors que je passais devant le miroir. Non seulement je n’avais aucune blessure, mais en plus j’étais resplendissante. J’avais retrouvé le teint de ma jeunesse, ma peau était superbe et, comble de tout, j’étais devenue pulpeuse. Mes seins et mes fesses étaient beaucoup plus pleins et ronds qu'auparavant, mes jambes possédaient un superbe galbe, mon ventre désormais légèrement arrondi et bien ferme. Même mes épaules, qui avaient toujours été frêles, étaient plus pleines et me donnaient une meilleurs allure. Mes bras étaient également plus remplis. Je me passais les mains sur le corps, je sentais des muscles toniques sous une couche de graisse idéale. J’étais stupéfaite, quoi qu’il s’était passé, je possédais désormais l’un des corps les plus désirables que j’avais eu l’occasion d’admirer. Mes cheveux également étaient plus soyeux. Ils avaient retrouvé la texture de mon enfance, ondulant joyeusement autour de mon visage, et j’avais même l’impression qu’ils étaient plus longs que la veille.

Je passais la journée à sentir ce nouveau corps, sans même me soucier de mon travail auquel j’étais attendu. Cela n’avait déjà plus aucune importance. La faim et la soif avaient également disparus. J’essayais bien de manger de la viande par pur curiosité, me forçant car elle me dégoûtait par le simple regard, mais mon estomac la rejeta aussitôt violemment. Egalement, je n’eus plus besoin de me vider le corps des impuretés habituelles, il me semblait que le cycle naturel de nettoyage n’existait plus. Cela ne m’ennuyait pas, c’était même une sensation de liberté très agréable.

Puis vint la nuit, et la faim, l’autre faim.

Au fur et à mesure que la lumière s’était mise à décroître, j’avais sentis que quelque chose se passais en moi. Cela se déclara pleinement avec la disparition du soleil, et la venue d’un désir qui bouleversa tout mon corps.

Une frénésie s’empara de moi, j’avais l’impression que mon corps allait se dérober si je ne faisais pas rapidement quelque chose. J’avais mal au fond de mon corps et au fond de mon âme.

Suite.

 

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