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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par novembre94

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L'araignée

Un homme rêve : il voit sa maison de l’extérieur, du jardin. Il est sur une feuille. Une araignée lui fait peur, il s’enfuit. Il se réveille en sursaut. Non, ce n’était qu’un cauchemar. Qu’est ce qu’il pouvait être réaliste ! C’est probablement dû à la fatigue : un travail prenant, des délais à respecter, le stress. Il secoue la tête pour chasser ce mauvais rêve, ferme les yeux et ne tarde pas à se rendormir.
Un faible rayon de soleil illumine cette journée de printemps. Il prend son petit-déjeuner dans le salon, face à la baie vitrée qui donne sur le jardin. Il se sent bien. Une haie lui fait face, en bordure de la terrasse sur laquelle s’ouvre la baie vitrée.
La nuit suivante, il fait un rêve similaire, il revoit sa maison de l’extérieur. Il aperçoit nettement la baie vitrée qui lui fait face, mais il est au-dehors. En contrebas se trouve la terrasse où trône un salon de jardin. L’araignée toute proche lui fait toujours peur, mais il reste prudemment à distance.
Ainsi passent quelques jours et quelques nuits, semblables et différents à la fois. Ce jour-là, alors qu’il prend à nouveau son petit-déjeuner dans le salon, face à la baie vitrée, il ferme les yeux et s’abîme dans ses pensées… Il voit sa maison de l’extérieur. Il sursaute et ouvre les yeux effaré : il s’est vu regarder dans sa direction ! Il s’est vu de l’extérieur, au travers de la baie vitrée, lui assis sur sa chaise le regarder droit dans les yeux. C’est impossible ! Personne ne peut être à la fois dehors et dedans. Il referme les yeux, la vision a disparu.
Pas de doute, il est bien fatigué. Il va falloir qu’il en parle à son patron. Cette surcharge de travail l’épuise, il en vient à faire des cauchemars même en plein jour. Ca frôle l’hallucination. Ce n’est plus possible. Heureusement, les congés arrivent. Plus qu’une journée, et il sera enfin tranquille : il pourra se reposer.
La journée de labeur s’écoule. Il respire. Enfin, trois semaines de congés qui vont lui faire le plus grand bien. Plus de stress, plus ces affreux cauchemars, plus d’araignée. Il dort mieux, en vient même à oublier ses mauvais rêves.

***

Depuis une semaine qu’il est en congés, l’homme a retrouvé bonne mine. Il se sent en forme, parfaitement bien, détendu. Il rêvasse devant la baie vitrée, une image se superpose à la réalité. Il se voit dans le salon, vu de l’extérieur, du jardin, puis l’image s’estompe. Peut-être un soubresaut de sa fatigue, pas la peine de s’alarmer pour si peu.
Les jours passent, les visions ont repris, il a fini par s’y habituer. Elles se font de plus en plus précises. Il admet dorénavant que c’est bien lui-même qu’il voit à faible distance, enfin plutôt dont il rêve éveillé. Pendant un de ces songes étonnants, il s’avise qu’il a soif. Il tend la main vers sa tasse de café et arrête son geste stupéfait : l’autre lui-même a fait le même geste ! Il reprend conscience et l’image s’efface. Il en vient à douter de sa santé mentale.
La nuit, le cauchemar revient, il a mal dormi. Ce matin, il fait très chaud à l’intérieur mais lui a froid, il grelotte. Dehors, le temps est frais et humide. La vision a repris, il se voit regarder l’extérieur de sa maison, du jardin. Il parvient à contrôler ses émotions, il se concentre. Il peut voir ce qui se passe à l’extérieur sans bouger de sa chaise, comme s’il était dans cette haie qui lui fait face, en bordure de la terrasse, de l’autre côté de la baie vitrée.
Il essaie d’identifier le point d’observation de cet autre lui-même qui l’observe dans la haie. Il surplombe la table de jardin, un peu sur la gauche, donc inversement sur sa droite à lui. Ca y est ! Il a identifié le point d’observation.
Un moment, il observe cette chose qui le regarde et qu’il ne peut distinguer. Il se voit au travers de ses yeux à elle. Il fait un signe et se voit l’exécuter. Il sourit.
Soudain, c’est la douleur, atroce, qui lui transperce les omoplates. Il se retourne, l’araignée est là qui vient de le poignarder à mord de ses crochets venimeux. Il se sent défaillir, il ferme les yeux. La vision s’estompe progressivement, la douleur disparaît. Est-ce donc çà la mort ?
Il ouvre les yeux, la haie lui fait face dans le jardin. Il ouvre la baie vitrée, va à la haie et cherche le point d’observation. Une araignée s’enfuit emportant avec elle le cadavre d’un insecte.
Il n’aura jamais plus de vision !

Fin

 

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