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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Nicolas Bénard

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Le peuple miroir
(1/2)


Le docteur Aldon Carwell était un homme pour qui l’observation et l’analyse relevaient du sacerdoce. Responsable du programme Contact et Communication, il effectuait son travail avec une rigueur scientifique dont il ne se départait jamais. Bardé des diplômes parmi les plus prestigieux, le docteur Aldon Corwell jouissait, à bientôt soixante ans, d’une réputation qui avait depuis longtemps dépassé le simple cadre universitaire. Ses recherches sur les primates d’Afrique australe, puis la publication dans la revue New Science de conclusions aussi surprenantes qu’inattaquables, avaient suscité un élan d’admiration de la part de toute la communauté scientifique, aussi bien dans son propre pays, l’Irlande, que dans le reste du monde. Il faut dire que l’annonce de sa théorie sur l’origine de l’Homme et, plus généralement, sur l’évolution, ne souffrait d’aucune contestation, du moins dans les salons enfumés de la bonne société scientifique.
La découverte, six mois plus tard, de la planète Sigma 87 avait d’ailleurs effacé les quelques doutes qui planaient encore, ici et là, quant à la pertinence de son analyse. Le professeur avait alors été convié à présenter ses conclusions sur les plateaux des programmes télévisés les plus populaires. Le public avait été envoûté par la voix de ce petit homme chétif dont les grosses lunettes ne suffisaient pas à masquer une timidité presque maladive.
Face à tant de compétences, et à l’insolence de ce succès, les responsables du programme Contact et Communication n’avaient donc pas hésité une seule seconde avant de choisir le petit homme sec et dégarni pour accomplir l’une des missions parmi les plus importantes de toute l’histoire de l’humanité.
Depuis son arrivée sur Sigma 87, le docteur Carwell accomplissait chaque jour le même rituel. Il se levait très tôt – jamais après six heures du matin – et, après s’être douché et habillé, il rejoignait le laboratoire installé à quelques mètres du lac Intérieur. Le scientifique appréciait la sérénité qu’offrait l’immense étendue d’eau, dont la surface semblait figée pour l’éternité. Vu du ciel, le lac ressemblait à l’œil unique d’une planète cyclope, veillant sur la tranquillité de ses habitants. Seule étendue d’eau de la planète, il couvrait cependant près de quarante pour cent de la superficie totale.
Tout autour du lac s’étendaient à perte de vue plaines et plateaux même si, parfois, les réminiscences de quelque dénivellation, colline ou mamelon grignoté par l’érosion, venaient rompre la monotonie du paysage. Sur ces territoires à l’homogénéité surnaturelle, le climat était doux et accueillant, sauf à l’approche des pôles où un froid cinglant interdisait toute apparition et toute propagation de la vie animale comme végétale. Les terriens avaient envoyé plusieurs sondes dans ces régions ; elles n’avaient rapporté que des échantillons de glace ainsi que des cristaux dont la composition était depuis longtemps connue des scientifiques. L’équipe de chercheurs s’était donc focalisée sur les terres encerclant le lac Intérieur, afin de pouvoir cibler leurs études sur les organismes à la fois animaux et végétaux, terrestres et marins. Cette mer intérieure recelait en effet une myriade d’espèces dont l’examen n’en était encore qu’à ses tous premiers balbutiements.
Ce matin encore, Carwell laissait son esprit vagabonder sur le miroir lisse et scintillant qui s’étendait à perte de vue. Avant de rejoindre ses ordinateurs, il aimait contempler les deux soleils se lever derrière l’horizon, enflammant de leurs rayons matinaux les eaux encore endormies du lac. Il admirait, sans jamais se lasser, les scintillements de l’aube, milliers de cristaux marins qui absorbaient et réfléchissaient l’énergie des astres. La planète Sigma 87 était en effet le satellite non pas d’un, mais de deux soleils : Arthénon et Polyathénon. Les deux astres, l’un rouge sang, l’autre légèrement violacé - en raison d’un taux en silicium particulièrement élevé - ne se quittaient jamais dans le ciel de cette étrange planète.
Bien avant que l’Homme ne foule le sol de Sigma 87, les astronomes savaient que son atmosphère permettrait l’établissement d’une colonie de terriens. Si l’air contenait un certain nombre de gaz auxquels les humains n’étaient pas habitués, la quantité d’oxygène suffisait à alimenter leurs poumons. Finalement, au bout de quelques jours seulement, l’organisme s’habituait aux conditions de vie de la planète. Quant aux rayons des soleils, ils étaient certes deux fois plus puissants que sur la Terre, mais Sigma 87 était entourée d’une ceinture composée de gaz lourds et de micro particules d’origine inconnue qui jouaient le rôle d’un filtre diablement efficace. Par conséquent, le rayonnement des ultraviolets perdait une grande part de son intensité avant d’entrer dans l’atmosphère de la planète.
On ne risquait donc pas d’attraper des coups de soleil, et on pouvait même fixer les astres ocre et violacé sans risquer de se brûler les yeux.
La présence conjointe des deux étoiles naines produisait cependant des phénomènes auxquels l’œil humain n’avait jamais pu assister sur la Terre. C’est pourquoi le docteur Carwell ne manquait jamais le lever de ces deux soleils. Arthénon apparaissait toujours le premier, avec quelques minutes d’avance sur son frère jumeau. L’astre violet suivait rapidement, et les deux soleils prenaient alors leur envol, pour ne plus jamais se quitter. Ils étaient si proches l’un de l’autre, et en même temps si différents, si opposés. Arthénon était un disque plein, aux contours d’une régularité quasi géométrique. Polyathénon, au contraire, offrait une image plus floue, et sa surface semblait onduler, comme si l’astre se situait derrière un miroir déformant. Arthénon paraissait plus grand ; pourtant, les deux soleils avaient exactement la même taille, et les astronomes s’étonnaient encore aujourd’hui de cette situation physique presque surnaturelle. La lumière du lever de soleils sur Sigma 87 donnait une coloration spectaculaire au ciel. Carwell observait la nébuleuse astrale, mélange de rouge, d’ocre et de feu. Il avait l’impression qu’un peintre invisible dessinait des motifs mystérieux, piochant ses couleurs et trempant ses pinceaux dans les palettes offertes par Arthénon et Polyathénon. Le résultat était un tableau différent chaque matin, et malgré l’habitude, Carwell s’émerveillait encore ce jour-là, debout sur la berge du lac.
Après cette brève période de contemplation, l’anthropologue rejoignait son laboratoire.
Le bâtiment était peu imposant, d’aspect et d’utilisation particulièrement fonctionnels. L’entrée, située sur la gauche, s’ouvrait sur un hall, lequel donnait sur deux couloirs. Le premier, à gauche, conduisait à la salle numéro un. Il s’agissait du laboratoire principal où les chercheurs étudiaient les rapports fournis par les techniciens qui officiaient sur le terrain. Le second corridor menait à la salle numéro deux, en fait une large pièce faisant office de centre d’archives où se trouvaient consignés les documents vidéo, photos et sonores, tous numérisés. Dans une petite annexe extérieure, les employés disposaient d’un restaurant ainsi que d’une salle de repos Mais celle-ci était peu utilisée car les chercheurs préféraient rejoindre le Village lorsqu’ils avaient achevé leur travail.
Le centre accueillait ainsi une dizaine de chercheurs et analystes, tandis que vingt cinq techniciens arpentaient la planète à la recherche de nouvelles espèces, plantes, insectes et vertébrés. Carwell dirigeait cette équipe avec autorité, même s’il ne dédaignait pas déléguer un peu de ses responsabilités à Ellen, son adjointe. Cette jeune femme, docteur depuis peu, avait était choisie par Carwell lui-même pour l’accompagner sur Sigma 87. Il aimait beaucoup cette ancienne étudiante dont il avait dirigé les travaux de recherches sur l’incidence des rayonnement gamma et ultraviolet sur le développement des hominidés. Mais elle avait surtout été recrutée pour sa polyvalence, Ellen possédant des compétences dans de nombreux autres domaines : la palynologie - l’étude des pollens – ou encore la botanique.
Carwell entra dans la salle des chercheurs, saluant ses collaborateurs qui étaient déjà au travail. Ellen était parmi eux, assise aux côtés d’un chercheur dont les yeux rivés sur un microscope semblaient faire corps avec la machine.
« Bonjour Ellen. Vous êtes plus matinale que moi. Déjà en train d’étudier les pollens de Surèn ? »
La veille, les techniciens avaient rapporté plusieurs échantillons de pollen de la région de Surèn, une vaste plaine de fougères située à plusieurs centaines de kilomètres du lac Intérieur. Les deux palynologues de la mission d’étude cherchaient à comprendre pourquoi cette région de Sigma 87 était déserte. Les Almovides semblaient éviter soigneusement cette zone alors qu’aucun prédateur, animal ou végétal, n’avait été détecté par les humains. Ces terres étaient recouvertes d’un épais duvet de fougères particulièrement abondantes, mais ce tapis végétal n’avait rien montré de dangereux, à l’exception peut-être des pollens qu’expulsaient ces millions de plantes lorsque le vent d’ouest se mettait à souffler, toujours légèrement. Certains scientifiques pensaient que les Almovides pouvaient être allergiques à ces spores. Par conséquent, ils avaient demandé aux techniciens de rapporter quelques échantillons afin d’en étudier la composition, et de tester les réaction des lourds mammifères à leur contact. Les prothalles étaient déjà disposés sur les lamelles des chercheurs.
« Intéressant. Très intéressant, intervint la jeune femme. Ces grains de pollen ne sont pas composés de deux noyaux, comme ceux que nous connaissons sur Terre. Ils n’en ont qu’un seul. Les noyaux végétatif et reproducteur ont dû fusionner pour donner cette structure moléculaire originale. L’étude des acides aminés indique en outre un taux de protéines supérieur à cinquante pour cent. Ce qui est simplement inimaginable ailleurs.
- Les Almovides pourraient-ils rejeter ce taux particulièrement élevé ?
- Je ne sais pas. Il faudrait réaliser des tests sur plusieurs sujets. »
Evidemment. Ce n’était pas la première fois qu’Ellen objectait de la sorte. Elle aurait aimé soumettre les Almovides à une batterie exhaustive de tests. Mais la jeune femme savait que le protocole établi par la mission interdisait aux scientifiques de réaliser des expériences sans l’avis des individus concernés.
Et, pour le moment, personne n’avait demandé leur avis aux Almovides.
Carwell remercia sa collaboratrice pour ses premières conclusions. Ellen et les autres chercheurs avaient encore un certain nombre d’analyses à effectuer, et il les abandonna à leurs microscopes. Il fit le tour des autres équipes afin d’obtenir un aperçu des activités journalières. Puis, il prit congé de ses collaborateurs. D’autres tâches l’attendaient ailleurs.

Installé au volant de son Rôdeur, un petit engin fonctionnant sur coussins d’air et alimenté par combustible nucléaire, non polluant et non bruyant, Carwell prenait le temps d’admirer le paysage. Il maintenait une vitesse peu élevée - pas plus de trente kilomètres par heure - pour pouvoir diriger son véhicule tout en observant la nature surprenante de Sigma 87.
Comme il n’y avait ni chemin, ni route à emprunter, le terrien pouvait voguer sur l’océan végétal comme bon lui semblait, sans risquer de heurter un arbre ou un rocher.
De toute façon, il n’était pas pressé. Alors il prenait plaisir à humer l’air encore frais de ce début de journée. Les milliers de plantes qu’il survolait bruissaient doucement, dans un murmure qui offrait à l’endroit une atmosphère de sérénité. Parfois, quelque volatile éructait dans cette vaste campagne, et puis le bruissement à peine perceptible des végétaux recouvrait à nouveau la lande.
A cet instant, Carwell ne trouva aucune raison valable à un retour sur sa planète originelle.
Le Rôdeur poursuivit son chemin sur la lande pendant près d’une heure. Soudain, le professeur entrevit une ombre massive sur sa droite. Il obliqua immédiatement pour s’approcher de l’énorme masse de chair.
L’Almovide était en train de mâchouiller quelques brindilles, assis paisiblement dans l’herbe bruissante. Carwell s’approcha de l’autochtone, sans ralentir ni accélérer. Celui-ci ne broncha pas lorsque le terrien s’arrêta, à quelques mètres de lui. Le scientifique avait eu largement le loisir d’observer les caractéristiques de cette race extra-terrestre, mais il ne se lassait jamais d’en admirer l’imposante morphologie.
L’étude de cette espèce indigène pouvait induire certaines tentations anthropomorphiques. En effet, leur ressemblance avec les hominidés avait immédiatement frappé les arrivants. Leur taille, entre deux mètres et trois mètres cinquante, était certes bien plus imposante que celle des humains. Pourtant, ils se tenaient debout sur deux larges jambes, et le reste de leur structure biologique s’apparentait à celle des terriens. Un épais duvet revêtait l’intégralité de leur corps, et leur visage rappelait celui des primates que Carwell avait étudiés sur Terre. Le chercheur n’avait donc pas l’impression d’être en face d’une espèce extra-terrestre, mais plutôt de côtoyer de proches cousins des grands singes d’Afrique australe.
Il leur trouvait même un air humain.
Ce genre de réflexion n’était pas très scientifique, mais Carwell ne pouvait s’empêcher d’établir un parallèle entre Almovides et hominidés. Par conséquent, certaines de ses hypothèses suggéraient un lien évident entre cette espèce et ses homologues morphologiques terrestres. Mais comment ces individus pouvaient-ils bien être des parents, des frères ou même des cousins éloignés de l’Homme ? Quel étrange processus aurait mené l’espèce humaine à cette étrange mutation ? L’évolution réservait parfois quelques surprises…
Les Almovides étaient les seuls mammifères vivants sur la planète. L’origine de leur apparition et de leur développement demeurait donc absconse pour les mammalogistes et les entomologistes du programme Contact et Communication. Quand et comment étaient-ils apparus sur Sigma 87 ? Pourquoi étaient-ils les seuls mammifères sur cette planète ? L’équipe du professeur Carwell n’avait pas encore obtenu de réponse à ces questions.
Depuis l’arrivée de la mission trois mois plus tôt, les terriens avaient cependant abouti à quelques conclusions intéressantes. Certaines hypothèses initiées par Carwell avaient ainsi trouvé leur confirmation après l’étude quotidienne et systématique des Almovides. Ces gros primates (pour simplifier, les scientifiques avaient opté pour cette dénomination terrienne) ne vivaient pas en troupeau. Chaque spécimen évoluait paisiblement, loin de ses congénères, comme s’il disposait d’un périmètre qui lui était attribué et réservé. Les Almovides ne s’approchaient donc jamais à moins de plusieurs centaines de mètres l’un de l’autre. Néanmoins, leurs zones de vie évoluaient au gré de leurs pérégrinations. Il ne semblait pas y avoir de logique dans leurs déplacements, mais ils tournaient tous autour du lac Intérieur, fuyant les rudes régions polaires.
Il était encore difficile de déterminer l’existence d’un langage propre à l’espèce. Les Almovides possédaient une bouche, du moins un organe réservé spécifiquement à l’ingestion des aliments - des végétaux uniquement. Pour organiser leurs mouvements, ils devaient certainement avoir recours à un mode de communication. Les études menées sur le terrain n’avaient pas appris grand- chose sur le sujet. Peut-être s’agissait-il de fréquences inaudibles pour l’oreille humaine ?
Carwell prit quelques photographies à l’aide de son appareil numérique. Il téléchargea le fichier sur le terminal du Rôdeur, avant d’envoyer l’intégralité des clichés au laboratoire via le réseau interne. Il adressa quelques mots à l’attention de l’animal, mais celui-ci, en guise de réponse, ne lui lança qu’un bref regard empli d’incompréhension. Puis le terrien rangea son matériel dans le Rôdeur et enfourcha sa machine. C’est presque à contre cœur qu’il abandonna son sujet d’étude.
Mais un rendez-vous important l’attendait, avec des spécimens bien plus loquaces.

Avant même leur arrivée sur Sigma 87, les colons connaissaient déjà ses caractéristiques.
Les sondes envoyées en éclaireurs avaient répondu à la plupart des questions concernant l’environnement climatique, bactériologique et géophysique de la planète. Elles avaient rapporté un nombre incalculable de photographies et d’images satellites qui orientèrent rapidement les conditions de l’installation de la mission. Le climat le plus clément se trouvant sur les rives du lac Intérieur, c’était là que les arrivants avaient choisi d’installer leur base.
Avant d’aménager le laboratoire de recherches, ils avaient d’abord édifié leurs futurs logements. Les terriens avaient emporté avec eux une trentaine d’habitats domestiques, sortes de tentes en forme de dôme extrêmement résistantes. Cet agglomérat formait ce qu’ils appelaient désormais le Village. Chaque colon y possédait sa propre habitation comprenant une chambre, un petit salon, une salle d’eau ainsi qu’une pièce réservée aux loisirs. Depuis trois mois, la petite communauté vivait donc dans cet environnement, partageant son existence entre le Village et le laboratoire de recherches. Ils en oubliaient même fréquemment la présence d’une autre communauté bien moins nombreuse, et bien moins scientifique aussi.
Sur Terre, la Congrégation du Renouveau spirituel avait fait pression sur le Parlement européen pour que la mission acceptât d’inclure dans ses bagages deux de ses représentants. En effet, la découverte d’une nouvelle planète ne manquait pas d’intéresser l’ordre religieux qui luttait depuis déjà longtemps contre les théories du docteur Carwell. Pour les Frères, il paraissait inconcevable de ne pas être associés à cette entreprise de recherches, d’abord pour éviter que les scientifiques ne s’en approprient les premières conclusions. Ensuite, la Congrégation espérait aussi prouver à ses fidèles, et à tous les hérétiques, que l’univers était de fabrication divine, et que l’agnosticisme comme le scientisme, qui reprenait vigueur après un vingtième et unième siècle empreint d’obscurantisme, devaient être éradiqués des décisions politiques. Pour éviter de se mettre les religieux à dos, le Parlement avait finit par accepter que deux Frères du Renouveau spirituel s’embarquent à bord de la navette Europa, direction Sigma 87.
Les Frères José avaient dès le début choisi de s’éloigner du reste des colons. Ils avaient installé une petite chapelle à quelques kilomètres du Village. Depuis, ils vivaient reclus, tentant d’approcher eux aussi les Almovides, avec des résultats similaires à ceux des scientifiques. Les Frères José espéraient trouver une origine divine à la nature environnante. Ils rejoignaient d’ailleurs les théories du professeur Carwell qui estimaient que les Almovides étaient peut-être de lointains cousins des hominidés. Cependant, leur conception était différente, dans la mesure où ils cherchaient à prouver que Sigma 87, comme la Terre, étaient les œuvres de forces divines universelles. En d’autres termes, que Dieu avait essaimé dans l’univers, et que la Terre n’était donc qu’une de ses très nombreuses réalisations.
Les convictions des uns et des autres paraissaient donc inconciliables. Pourtant, Carwell tenait à entretenir de bonnes relations avec les représentants de l’ordre religieux.

Suite

 

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