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Tueur de loups-garous La nuit était calme, et bien qu’il fasse froid, la neige n’était pas encore tombée en ce début d’hiver. Il était bien plus de minuit, et pourtant, un voyageur marchait, seul, dans la forêt. Cet homme portait un accoutrement assez étrange, un chapeau aux bords larges, une veste en cuir clouté, des bottes et des gants épais et surtout, une carabine américaine du tout dernier cri. Cela faisait déjà plusieurs heures qu’il était ici à attendre et pourtant il n’était pas pressé que son attente se termine. Cet homme s’appelait Erik Heidrick, et il était chasseur de loups-garous. Une chose étrange d’ailleurs, la plupart des rares « collègues » qu’il avait rencontrés étaient devenus chasseurs suite à un drame quelconque, en général l’assassinat d’un membre de leur famille ou d’un de leurs amis par les lycanthropes. Lui pas. Honorable fils d’artisan luthier, il avait tout quitté pour suivre un vieux tueur de loups-garous aujourd’hui mort depuis des années et qui lui avait transmis son savoir. Et cette science, il l’exploitait. Depuis des années, il allait de villages en villages écoutant les ragots des auberges, et cherchant les cadavres aux morsures trop grosses et trop profondes pour avoir étés faites par de simples loups. La chasse du loup exigeait une préparation minutieuse et un équipement en parfait état, les loups étaient rapides et ils ne faillait jamais qu’ils puissent s’approcher assez de vous pour vous mordre. L’enquête précédant la chasse était également très importante, elle permettait de connaître les habitudes du monstre et de choisir l’endroit idéal pour l’attendre. Parfois, il arrivait qu’il puisse découvrir l’identité du monstre avant la pleine lune, mais sa seule délivrance restait celle de la mort, aussi, Heidrick aimait autant, si tant est que l’on puisse aimer cela, une bonne chasse. Il jeta un énième coup d’œil vers la fontaine qu’il était venu surveiller. Les lycanthropes venaient souvent près des fontaines car leur eau rendaient le retour à la forme humaine moins douloureux. Celle-ci était vraiment parfaite : à l’écart du village et parfaitement dégagée, laissant la lune se refléter dans son eau à peine troublée par le vent. S’il y avait vraiment un loup-garou dans ce village, il s’y rendrait tôt ou tard. La présence d’un loup-garou ne faisait d’ailleurs aucun doute. A son arrivé au village, les gens fermaient leurs volets et se signaient sur son passage. L’aubergiste l’avait mis dehors dès la nuit tombée en maugréant qu’il ne voulait pas de monstres sous son toit. Dans le cimetière, des tombes fraîchement creusées indiquaient des morts récentes et si dans les villes, les gens ne craignait plus les engeances infernales de toutes sortes, les paysans, eux, savaient à quoi ils avait affaire et voyaient avec crainte la fatidique pleine lune se rapprocher. De toute façon…Il ne sut jamais si c’était un bruit de pas, celui d’une respiration rauque, celui de l’air se déplaçant ou encore une ombre ou simplement l’instinct de survie d’un chasseur parfaitement formé ; toujours est il que quelque chose hurla silencieusement à Erik de se retourner. Il était là et Heidrick n’aurait jamais le temps de mettre en joue sa carabine, il pivota et envoya un grand coup de crosse en plein dans le museau du monstre qui recula une fraction de seconde. Ce fut suffisant à Erik pour plonger sur le côté et éviter le coup de griffes qui lui était adressé . « Mon Dieu, qu’il est gros » ne put il s’empêcher de penser, il avait vu beaucoup de lycanthropes, mais rarement des d’une telle taille. L’homme que la bête était la plupart du temps devait être un vrai colosse. La bête était toute proche et là encore il n’aurait pas le temps de mettre en joue viser et tirer sans erreur possible, s’il avait été plus jeune, peut-être, mais il avait près de quarante cinq ans et n’avait plus les réflexes d’antan. Jetant sa carabine, il para un coup de griffe de son avant bras, des plaques de métal cousues dans la manche lui assurant la résistance nécessaire, même si le choc allait être douloureux. De toute façon, cette situation ne devait pas se prolonger, Erik n’avait aucune chance au corps à corps face à un lycanthrope et son seul espoir résidait dans le revolver chargé de balles d’argent qu’il portait à la ceinture. Esquivant par une roulade, il atterri durement sur le sol et dégaina son arme. Si il ne faisait pas mouche du premier coup ou si le revolver s’enraillait, il était mort. Le loup sauta, près à achever sa proie allongée sur le sol. Erik pressa la détente. Une détonation rempli l’air et la bête tomba touché en plein vol. Le lycanthrope se releva presque aussitôt, il n’était touché qu’à l’épaule. Son erreur fut de fuir au lieu de se jeter tout de suite sur sa proie. En effet, malgré la rapidité du monstre, Erik n’eu aucune difficulté à le toucher dans le dos, approximativement au niveau du poumon droit. Il tomba et commença à remuer sur le sol. Erik le rejoint, et lui tira deux balles d’argents en plein cœur. La bataille n’avait pas durée une demie minute. Il détestait avoir à achever un lycanthrope blessé, car à ce moment il devait inévitablement voir ses yeux et son regard si…humain. La bête reprenait rapidement forme humaine et laissa place un homme brun, grand et moustachu. Erik eu le sentiment de l’avoir déjà vu. Peut-être était-ce l’aubergiste du village… de toute façon, ça n’avait plus aucune importance. Erik lui ferma les yeux, fit le signe de croix sur sa dépouille. Il ramassa aussi sa carabine, qui ne lui avait pas beaucoup servi en fin de compte. Il jeta un dernier regard à la pleine lune. Ce soir, elle avait un suppôt de moins. Mais les loups garous restaient nombreux et Erik avait entendu parler de morts étranges dans un village vers l’ouest. Son corps entier protesta de douleur quand il parti, mais il marcherait jusqu’à l’aube. Il avait une mission à accomplir… Alsace, mars 1872 Erik regarda derrière lui pour la énième fois. C’était stupide, il savait pertinemment qu’il n’y avait rien. Quoique que ce soit, homme ou bête, il l’aurait entendu, mais l’âge et l’expérience le rendaient excessivement méfiant. A ce moment, il était en embuscade un peu au dessus d’un petit chemin, guettant sa proie: ce soir la lune était pleine et le loup-garou était de sortie. Dans le petit monde très fermé des chasseurs de loups-garous, Erik Heidrick pouvait s’enorgueillir d’être une légende. Une seule constatation suffisait à le justifier: il avait pratiqué pendant vingt-cinq ans l’un des métiers les plus risqués du monde et il était encore en vie. Bien sûr, il aurait aussi pu se vanter des dizaines de lycanthropes qui avaient croisé sont chemin et qu’il avait libéré de le leur maladie, mais il avait sut rester discret. Libérer…un mot bien étrange , pensa Erik, quand on savait quelle était le délivrance. La mort, par l’argent ou par le feu, était le seul remède existant à la lycanthropie. Bien sur, au début, quand il n’était qu’un tueur débutant, le problème ne se posait pas : les loups-garous étaient des bêtes, des animaux meurtriers qu’il fallait abattre, des aberrations de la nature, des suppôts de Satan et tellement d’autres choses qui en faisait une vermine nuisible. Avec le temps, la vision du chasseur avait évoluée, si les lycanthropes étaient effectivement un danger pour l’humanité pendant la pleine lune, ils restaient de braves gens inoffensifs le reste du temps, de pauvres bougres, qui payaient pour des crimes qui n’étaient pas les leurs, mais ceux d’une bête sauvage enfouie au plus profond d’eux. Quand il avait commencé sa carrière, Erik haïssait les loups-garous, aujourd’hui…eh bien, la situation était différente, voilà tout. Erik se risqua à sortir la tête de son fourré, le chemin était à deux mètres en contrebas et aussi loin qu’il pouvait voir, il n’y avait absolument personne. L’endroit était pourtant parfaitement situé, entre le village à environ 150 mètres vers le bas et une fontaine distante d’ à peine 100 mètres. On était à un endroit rêvé et pourtant Erik ne voyait personne arriver et il n’avait aucune envie d’aller défoncer les portes de toutes les maisons du village. De plus il savait pertinemment qu’il y avait un loup-garou dans ce village, dans cette situation, le doute n’était pas permis. Au plus profond de lui même, il comprenait sa proie, nul n’était pressé de mourir, qu’il soit homme ou bête, Erik en savait quelque chose. Cependant, il fallait absolument que son gibier se montre cette nuit, la suivante il serait trop tard. Trop tard pour quoi, espèce d’hypocrite ? pensa Erik, la pleine lune suivante quelqu’un d’autre mourrait, pas ici, d’accord, mais la situation restait la même : depuis plus de vingt longues années qu’il la fréquentait de près, la population lycanthrope, n’avait pas bougée en nombre, ils n’étaient pas plus qu’avant, mais ils n’étaient pas moins non plus. Non, la vérité, c’est qu’il ne pouvait plus se passer de ces chasses, il était comme tout les loups qu’il avait traqués et tués, il était en chasse pendant la pleine lune, quelles que soient les circonstances. Pourtant, il y a quelques mois, cette chasse lui paraissait justifiée. Aujourd’hui il n’était plus sûr de rien. Au fond, les loups-garous étaient un problème mineur pour l’humanité. La guerre, la pauvreté, la famine tuaient bien plus et pourtant c’était aux loups-garous qu’Erik Heidrick, du haut de ces quinze ans avait choisi de s’attaquer. Il avait travaillé d’abord en duo avec un vieux chasseur et ce pendant des années. Jusqu’à cette lune d’avril où le vieux s’était laissé surprendre. Ce soir, Erik avait sauvé la vie de son maître, mais pas son humanité, le vieux avait été mordu au bras et tout les deux savaient parfaitement ce que cela signifiait: la malédiction coulait à présent dans ses veines et seule la mort pourrait l’en délivrer. Le vieil homme passa les trois jours suivants à livrer à Erik Heidrick, son disciple, son ami, ses ultimes secrets. Lorsque tout fut dit, Erik tient la promesse qu’il avait faite à son maître longtemps auparavant et le tua d’une balle d’argent en plein cœur. Son maître avait préféré mourir plutôt que de devenir ce contre quoi il s’était battu. Erik enviait le courage de cet homme qui s’était battu jusqu’à l’âge de soixante trois ans. Il enviait ce courage car il savait ne pas en avoir autant. Il n’avait jamais imaginé finir sa vie tué par un loup-garou, mais au calme dans un lit, entouré de proches et d’amis. Mais d’un autre côté, il savait que cela n’arriverait jamais. Au cours de sa vie, les amis avaient étés rares et ceux qui étaient encore vivants se comptaient sur les doigts d’une main. Et il y avait la chasse, il ne pouvait plus s’en passer, elle était son mode de vie, la raison pour laquelle il se levait le matin et la nuit qu’il attendait, jour après jours, suivant le cycle immuable de la lune. Erik dressa l’oreille il lui avait semblé entendre quelque chose, oui c’était bien ça, un bruit venant du village. Erik ne bougea pas un muscle, si sa proie le voyait maintenant, il n’aurait aucune chance de la rattraper. Il attendit donc et put bientôt voir celui pour lequel il attendait depuis des heures, un mâle plutôt plus grand que la moyenne, mais sans être un colosse. Méfiant, celui ci se dirigeait vers la fontaine en regardant rapidement de tous les côtés, comme une bête traquée. Erik ne bougea pas, il était encore trop loin et l’effet de surprise était trop précieux pour être gâché. Il sentait monter cette délicieuse impatience, cette envie d’attaquer, d’en finir maintenant et tout de suite, mais il parvint à la contenir, il fallait encore attendre. Erik ne bougea pas, ses armes étaient déjà prêtes, il était inutile de les recharger ou de vérifier leur fonctionnement. Il pouvait entièrement se concentrer sur l’être qui gravissait le sentier. Celui-ci continua d’avancer et s’arrêta tout à coup. Avait t il senti le piège qui l’attendait? Non, sa réaction aurait été plus immédiate, là il hésitait. C’etait le moment, Erik bondit sur le sentier et regarda sa proie, qui commença aussitôt à fuir. Erik n’hésita pas, il bondit de nouveau, mais cette fois en direction de celui qu’il traquait. Ils étaient tout proches et Erik put voir dans ces yeux un regard paniqué, apitoyant, tellement irréel, tellement…humain. Cela ne le fit pas hésiter pour autant, l’effet de surprise avait fait son travail, c’était à lui de prendre le relais. Il frappa de toutes ses forces. Le premier coup laissa de profondes entailles dans la poitrine de l’homme, le second lui ouvrit la gorge, le décapitant à moitié. Erik ne s’arrêta pas là, comme emparé de frénésie, il frappa, frappa sur ce qui n’était plus qu’un corps mort déchiqueté à coups de griffes. Puis, instant tant attendu, il plongea sur la dépouille sanglante, ses crocs arrachant de larges lambeaux de chair humaine. Retrouvant un semblant de calme, Erik renversa sa tête en arrière et, aspirant l’air par son museau taché de sang, hurla en direction de celle qui avait scellé son destin : la pleine lune. Bavière, Octobre 1872. Mark Strausinski regarda par la fenêtre de la salle commune de l’auberge et en conclu qu’il lui restait environ deux heures pour se mettre en place. C’était plus que suffisant, mais il n’était pas non plus question de traîner . Ignorant le regard lourdement chargé de méfiance de l’aubergiste, il escalada l’escalier branlant qui montais vers sa chambre. Là il s’installa à la petite table qui avec une chaise et un lit, constituait le seul mobilier. Il sorti ses armes et commença à les préparer. Son long poignard d’argent était déjà aiguisé comme un rasoir, il y avait veillé, En revanche, son revolver nécessitait une petite remise en état. Tout en le bricolant, Mark pensait à sa mission. Mark Strausinski avait dans les vingt-sept ans et il était chasseur de loups-garous. Orphelin, il avait été recueilli par la Guilde des Chasseurs, qui l’avait nourri et entraîné depuis qu’il avait dix ans, à dix sept, il tuait son premier lycanthrope, à dix neuf, il était accepté comme membre à part entière et à vingt quatre, comme membre du conseil supérieur. Aujourd’hui, il était le meilleur chasseur de loups-garous que l’on puisse espérer. La raison qui l’avait conduit ici remontait à plus d’un an, lorsqu’il traquait un Lycanthrope non loin de Munich, il avait eu la surprise de tomber sur Erik Heidrick, un chasseur reconnu de tous pour son expérience et son efficacité, mais qui avait toujours refusé de se lier à la guilde. Autour d’une bière, Heidrick lui avait expliqué qu’il traquait ce lycanthrope d’un type particulier depuis plusieurs mois. En effet, la plupart des lycanthropes le sont à leur insu, ils continuent leur vie normalement et donc frappent toujours à peu près au même endroit. Pas celui là. Il se déplaçait, tuait dans un village, et repartait. Heidrick en avait conclu que c’était probablement un vagabond, dont l’errance perpétuelle expliquait les déplacements. Mark avait, sans pour autant rejeter celle de Heidrick, une autre théorie : le lycanthrope connaissait son état et fuyait les chasseurs. Erik avait ri à cette idée absurde , il chassait les loups-garous depuis un quart de siècle et n’avait jamais, ne serait-ce qu’entendu parler d’un cas similaire. Sur le moment, Mark s’était rallié à sa vision des choses et l’hypothèse du vagabond était de loin la plus probable. Ils étaient ensuite repartis chacun de leur côté, satisfaits de la tournure des évènements. En effet, avec un chasseur de la trempe de Erik Heidrick aux trousses, ce lycanthrope verrait peut-être une, mais pas deux pleines lunes. Mark considérait donc son compte comme réglé. Ce n’est que quelques mois plus tard qu’il appris par l’intermédiaire d’un collègue, que le loup errant continuait à frapper. Quant à Heidrick, il l’avait à chaque fois raté de peu. Certes, il n’avait probablement plus la discipline et les réflexes d’antan, mais cette traque s’éternisait trop et des gens mourraient. Mark décidât donc d’aller enquêter lui même afin de retrouver ce lycanthrope au plus vite. Dans les villages où il avait frappé, il cherchât si l’on avait vu un vagabond ou un mendiant et quand? A quoi ressemblait il? Certes, les gens se souvenaient d’un homme grand et barbu, vêtu d’un manteau de cuir (Erik n’avait donc pas abandonné sa traque), mais les descriptions des autres vagabonds ne collaient pas. La plupart du temps, les dates ne correspondaient pas et quand elles correspondaient, les descriptions étaient tellement différentes d’un village à l’autre, qu’il ne pouvait pas s’agir de la même personne. Ce fut au village de Steichenckro qu’Erik compris la vérité. Ce village était la proie d’un loup-garou depuis près d’une saison et Mark avait décidé d’y faire un crochet afin de régler ce problème. La chasse fut tout ce qu’il y a de plus classique, le lycanthrope mourut et ce jour là il compris quelque chose. Erik avait une pleine lune d’avance sur lui, hors renseignement pris, il était là à la pleine lune précédente. Pourtant, il n’avait pas tué le lycanthrope qui y semait la terreur. Si il ne l’avait pas tué c’est qu’il faisait autre chose pendant la pleine lune. Une seule chose avait pu lui empêcher de tuer ce loup-garou, que ce soir là. La conclusion était inéluctable : Erik Heidrick, modèle de tout les jeunes chasseurs, était devenu l’ennemi qu’il s’était juré de combattre jusqu’à la mort, il était devenu un lycanthrope, il en était conscient et pourtant il n’avait pas eu l’idée (ou le courage) de se suicider. La situation était grave et Mark demanda la réunion conseil supérieur de la Guilde. La décision fut dure à admettre, mais elle était inévitable : Heidrick devait mourir. Et ce serait lui, Mark Strausinski, qui serait chargé de cette mise à mort. Une condition cependant : il devrait mourir sous sa forme de loup afin de limiter tout risque d’erreur. Cette nuit était la nuit, ce soir la pleine lune brillerait dans le ciel et le loup-garou viendra réclamer le prix du sang. Mark se leva, son équipement était prêt, il savait qu’Heidrick avait trouvé refuge dans une cabane isolée. L’heure du duel approchait et quelque en soit l’issue, un des meilleurs tueurs de loups-garous mourrait ce soir. Puis vint l’instant, l’instant du combat. Mark ne s’attendait guère à surprendre un vétéran tel que Erik Heidrick, ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace. Heidrick l’avait repéré avant même qu’il soit à portée, mais il ne pu lutter contre son instinct de tueur et plutôt que de fuir, il choisi le combat. Dès qu’il le vit, Mark pensa immédiatement qu’il faisait un loup-garou magnifique. Sa fourrure était d’un gris profond, sombre et brillant. Il était imposant sans être un colosse. Sa musculature puissante le rendait pourtant terrifiant et il émanait de lui une sensation de puissance extrême. Ses crocs luisaient presque à la lune et ses yeux restaient pourtant si humain, malgré la bestialité et la soif de sang qui y régnait. Il regarda Mark, balança sa tête en arrière et poussa un hurlement tel qu’on du l’entendre des lieues à la ronde, puis passa à l’attaque. Pour
la première fois paralysé par la vision d’un loup-garou,
Mark n’eu même pas conscience qu’il avait sorti son
revolver. Il fit feu vers le monstre qui le chargeait, mais le vieux chasseur
qui vivait dans le loup s’y attendait et il bondit de côté
tout en continuant à courir. Mark ne pu éviter l’assaut,
il reçu un profond coup de griffes sur le flanc gauche, mais ses
réflexes hors du commun lui permirent de sortir son poignard et
d’entailler l’avant bras de la créature qui poussa
un hurlement autant de douleur que de rage. Il reparti immédiatement
à l’attaque, bondissant vers sa proie. Mais cette fois Mark
était prêt et il tira. Une fois. Deux fois. Trois fois. C’était
plus que ce que le loup pouvait supporter et la métamorphose caractéristique
de l’agonie du loup s’opéra. Sans surprise c’était
les traits d’Erik Heidrick que le masque de la bête laissait
paraître. Celui-ci essaya de dire quelque chose, mais ses propos
furent noyés dans un gargouillis sanglant. Mark leva son revolver
et tira une balle dans la tête du vieux chasseur. Juste avant qu’il
ne n’appuie sur la détente, il crut voir un élan de
reconnaissance passer dans ses yeux. C’était fini, mais pourtant
deux personnes était mortes ce soir là : un monstre et un
héros. Fin
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