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Mission
de reconnaissance X-yorta se réveilla brusquement au beau milieu de la nuit, un violent réveil accompagné dun énorme essoufflement, un sursaut dans le noir provoqué par un terrifiant cauchemar. Il venait de rêver que Sirzikinal 1, la première et aussi la planète mère de sa race, était assaillie par de féroces créatures, répugnantes et sanguinaires, des bestioles dune haine et dune violence incommensurable, des monstres si hideux que seule son imagination pouvait les concevoir. Quelques images de cet étrange rêve lui revenaient à lesprit, il revoyait des milliers de navires de guerre pilonner sa planète, il repensait à ces maudits aliens, projetés à terre, se battre avec des armes ultra perfectionnées. Des armes quil navait jamais vu avant, même dans des dessins animés, elles envoyaient une sorte de traînée dair qui faisait exploser le corps qui se trouvait sur son chemin. Tant bien que mal, il sefforça de retrouver son sommeil mais plus il essayait, plus cela lénervait et moins il y parvenait. Enfin, il décida dabandonner et se leva en prenant bien soin de ne pas réveiller sa femme qui, elle au moins, dormait dans un profond sommeil. X-yorta saffala sur le canapé de son salon, après sêtre allumé une cigarette quil savourait à chaque bouffée, puis il mit en route la télévision sur la chaîne des informations intergalactiques. * La surpopulation et laffaiblissement de plus en plus croissant des ressources naturelles font partis des plus grands calvaires de la société sirzikiniènne. A cause de ces inévitables manques, ils durent jadis coloniser quatre planètes habitables dont trois inoccupées. Les résidents de cette dernière terre avaient un physique semblable aux intéressés mais ils possédaient un taux de haine incroyablement élevé, pour cette raison : la race fut totalement anéantie. En quelques années, les troupes dattaque sirzikiniènnes éradiquèrent quatre vingt quinze pour-cent de lennemi avant de semparer de leur planète pour sagement y continuer leur accroissement. Certains aliens réussirent à survivre au feu du ciel mais dès quils sortaient de leurs cachettes ils mouraient, lynchés par les civils colonisateurs. Le gouvernement sirzikinien offrait même beaucoup dargent à ceux qui leur ramenaient des aliens vivants, et plus la santé et la robustesse était bonne et plus la récompense était forte. Sils auraient eu un taux de haine équivalent ou inférieur à celui des colons, ceux-ci ne se seraient jamais permis de les détruire. Au contraire, ils seraient partis à la recherche dautres planètes avec en plus un accord de paix signé par les plus hauts représentants des deux races. * X-yorta nespérait plus quune seule chose à propos de ces problèmes, il se souvenait que trop bien des milliers de morts sirzikiniens qui ont combattus dans cette terrible guerre pendant six longues et interminables années. Il avait perdu beaucoup damis et de proches, il avait été témoin de beaucoup datrocités qui ne méritent pas dêtre nommées et aujourdhui, il a encore du mal à sen défaire. Il aimerait tant que la prochaine planète quils découvriront soit inhabitée et que si par malchance elle ny est pas, que ses occupants obtiennent un résultat ne dépassant pas les cinquante pour-cent sur les hainomètres sirzikiniens. X-yorta ne souhaitait plus se battre, tuer, exterminer une race entière et voir ses amis mourir sous ses yeux, il nen pouvait plus. En fait, il se haïssait profondément parce que cétait en quelque sorte de sa faute si cette satanée guerre avait éclaté. X-yorta travaille depuis toujours à la BPNRS : Base Principale des Navires de Reconnaissance Sirzikiniens. Jadis, il devait effectuer lexploration dune planète repérée par des sondes spatiales, si possible, kidnapper un ou plusieurs de ses occupants choisis au hasard, le ou les passer au hainomètre afin dévaluer sils représentaient une quelconque menace, les tuer, se débarrasser des corps et pour terminer, faire un rapport. Il fit, après analyses, un rapport très détaillé de sa mission, heureux davoir découvert une planète, il sétait appliqué du mieux quil le pouvait dans lécriture du rapport : clair, net et précis. Seulement, il navait aucunement conscience des répercutions qui sen suivraient, il ne savait pas le malheur quil allait créer, autrement dit : la guerre. Assis devant sa télévision, X-yorta pensait que demain il aura une journée inhabituelle, il devra commencer la formation dun être de son espèce à travailler pour la BPNRS et cela ne lenchantait guère. Il ne supportait pas soccuper des nouveaux, leur servir de baby-sitter mais ça faisait parfois partie du travail, du moins pour les plus malchanceux. Au lieu de perdre inutilement son temps à forcer le sommeil, il opta pour la manière courte et senvoya un somnifère puis se coucha en espérant quil passerait une bonne fin de nuit. * Klamosta patientait depuis une bonne demi-heure à la BPNRS, son cur battait horriblement fort, il sinquiétait de la manière dont se feraient les présentations avec son nouveau formateur. La veille, il avait répété quelques phrases pour cette occasion, il simaginait, face à face avec son nouveau formateur et alors là, il lui balancerait son sketch mais rien ne se fit comme il lavait prévu. De loin, Klamosta surprit son formateur qui ne lavait pas vu, alors il partit à sa rencontre. Mon commandant ! Héla til en courant vers lui. Mon commandant, je suis Je sais très bien qui tu es, le coupa X-yorta, mais si tu veux que ça se passe bien entre nous, commence par mappeler par mon identifiant civil et tutoies moi, je ne suis pas un monstre, je suis juste ton supérieur. Saches que pour moi, un grade ça ne veut rien dire mais noublie jamais que je le suis plus que toi. Par quoi commençons-nous ? Pressa Klamosta à la limite de limpolitesse. Vas te changer, après on empruntera un navire de reconnaissance de type-3. Je suis curieux de voir comment tu ten sors aux commande dun de ces engins. Tu verras, ce nest pas très différent des types-2 et comme, daprès ton dossier, tu as étonné tes anciens moniteurs, tu devrais bien ten sortir et assez vite maîtriser cet appareil. Lapprenti courut à en perdre haleine vers les vestiaires quil avait eu le temps de visiter et dy déposer ses affaires. Il en ressortit presque aussitôt pour rejoindre son instructeur qui navait pas bougé dun centimètre, il fumait simplement et tranquillement une cigarette en contemplant les quelques navires de reconnaissance qui flirtaient avec le ciel avant de faire de même avec la noirceur de lespace. A son arrivée, X-yorta le pria de le suivre jusquà la cafétéria de la base pour prendre un bon cappuccino. Il se faisait huit heures du matin lorsque le commandant finit de samuser avec ses collègues et quil décide de commencer lapprentissage du nouveau. Klamosta était comme fou, surexcité à lidée de piloter un de ces monstres, il allait enfin réaliser son plus grand rêve mais pour son commandant, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Ces essais nétaient que routine pour lui, il les avait réalisés tellement de fois quil pourrait sendormir aux manettes et piloter ce navire comme sil avait les yeux ouverts, ça ny changerait rien. Klamosta sinstalla aux commandes du vaisseau spatial de type-3, vérifia une dernière fois les systèmes de sécurité et de navigation, rien ne devait être laissé de côté. Le moindre problème, la plus infime défaillance pourrait coûter la vie à deux hommes : le pilote et X-yorta qui supervisait dun il attentif si rien nétait oublié par son apprenti. Le décollage se déroula bien pour un débutant, les vingt-deux mille kilos du navire sélevèrent comme une plume prisonnière dun ouragan, la magnificence du vaisseau sélançant dans le ciel était indescriptible. Les boosters arrière explosèrent simultanément, laissant derrière eux une traînée de feu longue dune centaine de mètres, ce qui enchantait toujours les spectateurs au sol, encore et à jamais émerveillés comme à leur première fois. Klamosta faillit percuter un gratte-ciel à douze kilomètres de la piste de décollage, surpris par lincroyable puissance de projection, les G dissipés, il repris son calme, son souffle et sa concentration. Une fois dans lespace, loiseau mécanique pris toute son ampleur, Klamosta acquit les yeux dun enfant impressionné lorsquil vit sa planète par les hublots du navire. A lintérieure de lengin, il se disait que seule une race supérieure telle que lespèce sirzikiniènne pouvait avoir et accomplir daussi jolies choses. Et lespace dune seconde, il se prit pour Dieu contemplant sa création. X-yorta linterrompit dans cet instant magique pour lui enseigner quelques manipulations à faire si lennemi venait à attaquer. Il lui fit bien comprendre que ces opérations seraient répétées maintes et maintes fois jusquà ce quelles soient devenues un automatisme. Latterrissage, cest le commandant qui le fit, trop dangereux pour un débutant et surtout pour quelquun qui a faillit visiter les appartements dun gratte-ciel. * Les années passèrent sur Sirzikinal 1 et ses trois surs, et plus le temps sécoulait et plus la population ne cessait son accroissement. En à peine dix ans, le peuple sirzikinien avait triplé tandis que les ressources naturelles se raréfiaient au point den devenir réellement inquiétant. Une bonne guerre interplanétaire aurait à coup sûr fait du bien mais cela savère impossible pour la simple raison quil ny a quun seul gouvernement au sein de la race sirzikiniènne. Il ny avait plus quune seule solution et elle devenait assez urgente : Conquérir une nouvelle planète. * Un samedi matin comme dailleurs tous les samedis matins, X-yorta regardait la télévision pendant que sa femme prenait tranquillement son bain. Contrairement à ses habituels couples qui saiment et qui se marient, celui-ci navait pas denfants pour deux bonnes raisons : la première est lorsque lon ouvre un tout petit peu les yeux sur les mondes qui abritent les peuples sirzikiniens, on saperçoit que le chômage, la surpopulation, le manque deau, de nourriture et tout ce qui sen suit augmente au fur et à mesure des journées. La seconde est le travail de X-yorta, il peut être envoyé à tous moments dans une mission et y mourir. Alors, comment élever un enfant qui pourrait du jour au lendemain se retrouver sans père, sans toit ni de quoi vivre, ça ne donne pas vraiment envie den avoir. Quelquun frappa à la porte dentrée, X-yorta se leva en même temps déteindre la télévision, prévint en hurlant à sa femme quil allait ouvrir et se dirigea vers la porte. Sur le palier, un homme se tenait debout, face à lui, une lettre à la main. Commandant ? Interrogea linconnu. Êtes-vous le commandant X-yorta ? Oui mais qui êtes-vous et que me voulez-vous ? Je viens de la BPNRS et jai pour ordre de remettre au commandant X-yorta une lettre de mission. Ca tombe bien car cest justement moi alors tu me la donnes ? Désolé mon commandant, repris le coursier, mais je dois vérifier vos dires. Vous comprenez ? Cette lettre est de la plus haute importance. Lhomme sortit une petite boite noire de la poche intérieure de sa veste, la tendit à X-yorta qui la serra de toutes les forces que possédait sa main gauche, comme sil essayait de lécraser. Il fit ce geste pendant deux secondes puis la retendit au coursier. La boite émit une agréable voix de femme : « Vérification groupe sanguin affirmative ! Vérification ADN affirmative ! Vérification masse spectrale affirmative ! Identification : commandant X-yorta. » Lhomme sourit en replaçant la petite boite au même endroit quil lavait sortit puis remit la lettre à lintéressé avant de se rendre à sa voiture où deux hommes armés attendaient. X-yorta patienta jusquà ce quils soient hors de vue puis retourna sinstaller sur son canapé avec un calme et un silence admirable. Il posa la lettre sur la table devant lui, salluma une cigarette et attendit que sa femme descende le rejoindre pour découvrir un homme abattu, désespéré. Qui était-ce ? Demanda telle dune voix hésitante. Un type de la BPNRS, il ma remit une lettre. Et que raconte telle ? X-yorta ne répondit rien, il savait très bien ce quils lui voulaient à la BPNRS et cest bien pour cela quil ne désirait pas ouvrir sa lettre. Sans demander, sa femme sen empara, la lu puis fondit en larme. Ils veulent que tu partes en mission de reconnaissance, informa telle pour quil ait réellement conscience de ce quil lui arrivait, ils veulent que tu découvres une nouvelle planète à coloniser. Ils veulent que ça recommence A la fin de cette lecture, X-yorta téléphona à la BPNRS dans le dessein de parler au directeur et de contester cette mission voire lannuler du voyage. Les ordres sont les ordres ! Cria le directeur dans le combiné téléphonique. Ne me dis pas que tu as oublié que toutes contradictions aux ordres sont totalement et irréversiblement prohibés. Jessayais juste de Je sais très bien ce que tu tentais de faire, coupa til dun ton plus calme et compréhensif, conscient du poids de cette mission, mais je ne peux rien faire pour toi. Ces ordres ne viennent pas de moi et ceux qui les ont donnés tont spécialement recommandé, et tu sais pourquoi. De plus, les meilleurs sont aussi sur le coup et dans le même pétrin que toi. X-yorta raccrocha le téléphone puis voulut rappeler pour que le directeur fasse un effort pour laider, le seul de ses amis qui connaisse des hommes très haut placés dans la hiérarchie sirzikiniènne mais il ne le fit pas. Si par malchance il se faisait virer ou même venait à démissionner, il ne retrouverait certainement plus jamais de travail et naurait pas le droit de toucher à sa retraite. Il lui fallait attendre encore une bonne trentaine dannées au sein de la BPNRS avant de pouvoir profiter librement et pleinement du reste de sa vie. Environ une heure plus tard, le téléphone retentit, voyant que X-yorta navait toujours pas bougé de son canapé, sa femme répondit à sa place. Ainsi, elle lui apprit que son ancien apprenti, qui entre temps était devenu son meilleur ami, sera de voyage avec lui. « Enfin une bonne nouvelle ! » Pensa til. Tout au contraire de X-yorta, Klamosta nattendait quun ordre pour partir dans une véritable mission de reconnaissance, il en avait ras-le-bol de faire toujours et incessamment les mêmes exercices. Il voulait partir et il allait partir. Pour lui, cétait comme une sorte de jeu qui nattendait que dêtre sortit de sa vieille boite, qui attendait que le jour-j arrive et toutes ces années de patience allaient bientôt être récompensées. Comme à son premier jour, Klamosta arriva avec une bonne demi-heure davance à la BPNRS. Patiemment, il attendit son équipier, plus le temps passait et plus il sénervait, il était pressé de partir à la conquête de lunivers et de se prendre pour un dieu envers le peuple sirzikinien à son retour chez lui. Il était heureux, et cela parce que les effets ressentis des conséquences, dues aux rapports concernant les habitants hostiles de la ou des planètes quils découvriront, sils en découvrent de cette sorte, lui sont complètement inconnus. Des rapports quils devront faire dès quils auront obtenu des résultats sur le hainomètre. X-yorta ne lui avait jamais parlé des répercutions qui sétaient produites dans le passé. Certes, Klamosta connaissait brièvement lhistoire de sa race, en particulier les guerres intergalactiques mais il avait une totale ignorance des véritables causes, des véritables raisons. Dailleurs, personne ne les connaissaient hormis les responsables qui pour la plupart sont morts et incinérés, donc totalement muets. X-yorta, lui, savait tout, il avait tout vu même si indirectement il était responsable de la dernière. Lancienneté a des privilèges dont celui de la vérité qui nest pas facile à supporter. Il avait même participé aux mises à mort des traîtres sirzikiniens et des prisonniers de guerre de la race ennemie, des êtres plongés vivant dans des bains dun puissant acide sous les acclamations des militaires les plus avantagés, les plus favorisés pour assister aux spectacles. Tout cela parce quils navaient pas eu une moyenne satisfaisante sur les hainomètres sirzikiniens. X-yorta regrette Imokstez, son ancien coéquipier et ancien meilleur ami, celui avec lequel il avait accomplit la si fameuse mission de reconnaissance qui avait tourné au cauchemar. Imokstez se laissa mourir peu de temps après le début de la guerre, psychologiquement beaucoup moins résistant que son ancien collègue, et se sentant directement responsable de ces massacres, sa mort fut terriblement lente et se fit dans dhorribles souffrances mentales, même avec laide des médecins il était foutu. X-yorta évitait tant quil le pouvait de se remémorer ces souvenirs mais la lettre quil avait récemment reçue lui fit ressortir toutes ces horreurs profondément enfouies en lui. Pas tant que cela, son passé avait lentement défilé devant les yeux, dans ses rêves, et plus il y repensait et plus les larmes prenaient du terrain. Il faillit, à plusieurs reprises, pleurer comme un bébé mais il se rattrapait à chaque fois que sa femme lui rappelait que ces missions étaient faites pour le bon développement de sa race, pour que des gens ne meurent plus de faim, de soif et de froid. A son tour, le commandant X-yorta arriva à la BPNRS, il rejoignit son coéquipier à la cafétéria, toujours silencieux, bu son café en face dun Klamosta sur excité puis partit se changer aux vestiaires.
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