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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Seby

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Petit chat !

– Miaou ! Fit le chat.

– Miaoouuu ! Relança le chat lorsqu’il vit une vieille dame passer à côté de lui.

Celle-ci s’arrêta puis analysa rapidement la situation : Un bébé chat d’environ onze mois, assis devant une porte, miaule à la mort.

– Mais tu dois mourir de faim ! Lui dit la vieille dame en se baissant vers l’animal.

Elle lui offrit une petite caresse, se redressa, appuya sur une sonnette choisie au hasard et patienta quelques secondes. Une jeune femme dévalant des escaliers se fit entendre… elle râlait, elle râlait toute seule.

– Qui est-ce qui peut bien m’emmerder un dimanche après-midi ? Y’a pas intérêt à ce que ce soit des témoins de Jéhovah.

La jeune femme ouvrit la porte et vit une personne âgée sourire, hébétée. Avec une grande impolitesse et sur un ton agressif, elle demanda :

– Qu’est-ce qu’elle a la vieille ?

– Ce n’est pas une façon de répondre aux gens ! Rétorqua t’elle aussi violemment. Et encore moins à une personne âgée. Je me suis permise de vous déranger parce que votre chat est entrain de mourir de faim. Alors je vous préviens tout de suite. Dorénavant, je passerais par cette rue lorsque j’irais au marché et si je vois encore ce chaton… l’effrontée baissa les yeux et s’étonna de voir une boule de poil rentrer chez elle… miauler à la mort, je porte plainte à la S.P.A et vous aurez de sacrés ennuis.

– Mais… madame… ?

La vieille dame repartit fière d’elle avant que la jeune n’ait eu le temps de se défendre. Elle la regarda simplement s’en aller, toujours étonnée, jusqu’à ce qu’elle disparaisse au loin. L’indisciplinée referma la porte et remonta les trois étages qui la séparaient de son appartement afin de retrouver le chaton qui lui avait valut une dispute.

– Hé ! Bestiole ! T’es ou ? Cria t’elle comme si le chat allait lui répondre. Bestiole !

Elle s’empara d’une bouteille de whisky posée à côté du téléphone, l’ouvrit et la but au goulot.

*

Stéphanie est une grande et jeune femme aux yeux verts et aux cheveux châtains, sans histoires et même si elle a une tenue vestimentaire qui la ferait facilement passer pour une prostituée auprès des personnes qui la croisent dans la rue. Elle mène une vie tranquille dans son petit studio et évite, même si cela lui est difficile, de se mêler des affaires des autres. Son voisinage ne la connaît pas sauf de vue, lorsqu’ils se croisent dans les couloirs, et le propriétaire de son studio ne la voit que quand il s’agit de régler les factures. Pour ses vingt-neuf ans, Stéphanie n’a pas fait de fête d’anniversaire et n’a invité personne, elle n’a d’ailleurs jamais invité qui que ce soit chez elle. Non pas qu’elle n’aime pas la compagnie mais ses amis ainsi que sa famille l’ont laissé tombé depuis qu’elle s’est mise à boire et de ce fait, est devenue violente. Déjà qu’elle n’était pas agréable avant… Alors maintenant, elle se retrouve seule et se plaint dans son coin que personne ne la comprend. Seule… elle ne l’est plus, une vieille dame lui a amené une nouvelle compagnie, croyant que ce chat était à elle alors qu’elle n’a pas d’animaux.

*

– Miaou !

– T’as finit de te cacher ? Demanda Stéphanie en voyant une petite frimousse sortir de derrière son canapé. Ce doit être la faim qui te force à te montrer. Viens, il doit me rester du jambon dans le frigo, j’irais t’acheter des croquettes demain. Pourquoi es-tu venu miauler devant chez moi ?

Sa nouvelle maîtresse lui offrit de la nourriture et s’affala sur son canapé pour regarder la télé et bien sûr, sans oublier sa bouteille de whisky.

Le lendemain, Stéphanie partit faire quelques courses pour elle et son nouvel ami. Étrangement, quelque chose l’intriguait chez ce chat, elle ne savait ce que c’était ni pourquoi elle y pensait mais cet animal n’était pas comme les autres, non pas physiquement ni mentalement, c’était autre chose…

– Il va peut-être falloir te trouver un nom, énonça t’elle au chat, que penses-tu de Mistigri ?

– Schhhh ! Souffla l’animal.

– Ca n’a pas l’air de te plaire… mais j’y pense ! Tu dois être une fille ? Alors ce sera Chloé.

– Miaou !

– On dirait que tu me comprends mais c’est impossible, tu n’es qu’un chat.

Chloé fila manger quelques croquettes puis revint ronronner auprès de sa maîtresse, celle-ci venait de commencer une nouvelle bouteille de whisky et la buvait comme si c’était de l’eau. Alors la chatte ne voulant pas voir sa maîtresse saoule s’en alla faire la folle avec des mouches qu’elle avait repérée. Plus les mouches tombaient sous l’emprise de la chatte et plus les bouteilles se vidaient. Au bout d’un moment, Chloé sauta sur un insecte qui s’était posé sur une bouteille de whisky, elles tombèrent toutes de la table à cause de la violence du choc et se brisèrent en s’écrasant au sol. Stéphanie se leva brutalement, attrapa la chatte par la peau de la nuque et l’envoya voltiger à travers le salon. L’animal se cogna violemment contre un mur puis courut se cacher sous le lit, dans la chambre de sa maîtresse. Stéphanie, furieuse et à moitié saoule, retourna le lit avec une force surhumaine et découvrit une petite boule de poil terrifiée.

– Espèce de saleté de bestiole ! Injuria t’elle en retournant une baffe dans la figure de la chatte. Tu vas le regretter !

– Hé salope ! Rétorqua Chloé. Si tu essaie de me toucher encore une fois, je te défigure tellement la face que même ta mère ne te reconnaîtra pas.

– Quoi ! Repris la maîtresse subitement calmée. Ai-je bien entendu ? Tu viens de parler ? Mais… mais c’est impossible, tu ne le peux pas, tu n’es qu’un chat.

– Et toi, stupide humaine, tu n’es qu’une alcoolique. A part frapper des pauvres animaux sans défense tu ne sais rien faire. Regarde-toi, tu n’as plus d’amis, ta propre famille ne veut plus te voir et je ne parle même pas de ton frère ou plutôt de ton demi-frère qui ne t’a jamais aimé, tu n’as jamais rien fait d’autre que de lui pourrir sa vie… Tu n’es plus rien à présent.

– Et toi, qui es-tu pour me parler de cela ? Pour qui te prends-tu ? N’oublie pas que c’est quand même moi qui t’ai recueillie.

– Oh ! Arrête, je te dis juste la vérité, ouvre les yeux un petit peu au lieu de picoler dès que ça ne va pas. Et puis, ce n’est pas toi qui m’as recueillie mais c’est moi qui aie bien voulu venir vivre chez toi, j’aurais pu aller chez la vieille qui t’a engueulé, j’aurais certainement été mieux traitée. J’en ai vu des cas désespérés mais toi… je ne crois pas que je puisse faire grand-chose.

– De quoi me parles-tu ? Enchaîna Stéphanie inquiète.

– T’as pas l’air de comprendre, tu ne crois tout de même pas que je suis venue ici parce que je cherchais une maîtresse, et en plus une comme toi. Je suis là pour te remettre dans le droit chemin. Je suis venue pour accélérer ton avenir, je suis venue pour t’emmener vers ton avenir.

Stéphanie sortit de la chambre à reculons et courut vers la cuisine, la chatte la suivit et sauta au-dessus du frigo.

– Ca y’est, c’est repartit. Dès que tu peux en ouvrir une, tu le fais. Tu ne vois pas que tu ressembles de plus en plus à un zombie, tu cours droit vers la mort ma pauvre. Regarde autour de toi. Tu as plus d’alcool dans les veines qu’il n’y a de sang, ton appartement est un vrai taudis, ta famille, tes amis et même ceux qui ne te connaissent pas ont peur de toi, dès qu’ils voient ta sale gueule, ils fuient. Tu te laisses tellement aller qu’il n’y a que les mouches qui s’éclatent chez toi.

– Mais que me veux-tu à la fin ?

– C’est exactement ça que je veux : la fin. Je veux la fin de tout cela, de toute ta misère, de toutes tes angoisses, ta haine et ta solitude. Je veux la fin de la Stéphanie qu’il y a en ce moment devant moi, je veux qu’elle devienne ce qu’elle aurait dû être depuis bien longtemps… En fait, je veux t’aider.

– Pourquoi ? Je ne t’ai rien demandée, je n’ai jamais fait appel à quiconque, fous-moi la paix !

– Tu auras bientôt la paix. Ouvre ta bouteille et vide son contenu dans l’évier.

– Pourquoi ferais-je cela ? Pourquoi donc t’écouterais-je ?

– Fais-le et, comme tu le dis, je te fouterais la paix.

Stéphanie exécuta ce que l’animal lui ordonna, elle mit le contenu d’une bouteille de whisky aux oubliettes.

– Que dois-je faire maintenant ? Demanda t’elle à la chatte.

– Regarde au fond de la bouteille et concentre-toi du mieux que tu le peux. Après quoi, tu me diras si tu veux continuer ta misérable vie ou mener celle que je te proposerais.

Stéphanie regarda profondément le fond de la bouteille, elle se concentra, elle ne savait pas pourquoi elle écoutait cette bestiole et trouvait cela complètement stupide mais si un chat peut parler… Tout à coup elle vit des images défiler au fond de la bouteille. Des gens, une personne lui frappa l’esprit plus que les autres, c’était elle, plus grosse, les cheveux gris, plus vieille, plus immonde. Quand cela aura t’il lieu ? Elle ne le savait pas mais ce sera dans le futur, un futur qui arrivera très rapidement. Il y a d’autres personnes autour d’elle : son propriétaire, le voisin et des policiers. Ils étaient presque tous attroupés autour du corps de Stéphanie, elle était morte, chez elle. Quelques policiers posaient des questions au propriétaire et au voisin qui, tous deux, n’avaient pas l’air attristé, ils n’avaient aucune peine, aucun regret, rien.

– Eh oui ! Repris la chatte. Tu mourras seule et dans la souffrance psychologique impensable qu’engendre la solitude. Tu dois prendre conscience que tout est de ta faute, tu t’es mise à boire, tu as redoublé de violence, tu n’as rien fait pour que personne ne puisse t’aimer et voilà comment tu vas terminer.

– Je ne veux pas finir seule ! Continua Stéphanie en détournant le regard de cet atroce spectacle. Je ne veux pas mourir comme ça. Aide-moi !

– Tu veux que je t’aide alors que tu m’as frappé ? Tu veux que je te porte secours alors que tu m’as jeté contre un mur ?

– Pardonne-moi mais je ne savais pas ce que je faisais… S’il te plaît, fais quelque chose. Je t’en supplie.

– Il y a deux problèmes dont un déjà réglé : tu ne veux pas mourir seule et je suis là. De plus, tu en es arrivé à un stade où tu ne peux plus changer ta vie. Il ne te reste plus qu’à provoquer ta mort.

– Que… Que veux-tu dire ?

– Que tu habites au troisième étage alors fait ce qu’il faut pour ne pas te rater. C’est encore une manière de fuir la vérité mais ce sera la dernière fois.

Stéphanie s’ouvrit une nouvelle bouteille, avala quelques gorgées, ouvrit la fenêtre de sa cuisine et sauta de façon à ce que ce soit la tête qui touche en premier le sol. Pendant tout ce temps, Chloé était là, au bord de la fenêtre, elle l’a regardée pour qu’elle ne meure pas seule.

*

– L’homme a raison de se cacher la vérité, termina la chatte en observant le corps inerte de Stéphanie, mais lorsqu’elle refait surface, ce n’est pas simple de réparer les erreurs du passé ou celles que l’on est entrain de commettre. Alors la facilité qui s’impose à l’instant présent devient le seul remède du passé… Bon débarras ! Fini de parler, j’ai encore du monde à aller voir.

FIN.

 

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