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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Seby

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Quoi de neuf sur terre ?
(1/2)

– Allez les gars, on se dépêche un peu ! Ordonna David à son équipage. Je n’ai pas envie de crever ici. Remballez-moi tout ce bordel, notre mission est terminée. Nous rentrons chez nous !

– Commandant ! Demanda Rose surexcitée. Dans combien de temps serons-nous sur terre ?

– Dans quinze ans si vous continuez de faire les vérifications de cette foutue navette à cette vitesse-là, on croirait s’adresser à des zombies. Il suffirait juste que vous vous pressiez un peu et dans moins de deux heures, cette planète ne sera plus qu’un vulgaire point à nos yeux.

– A vos ordres mon commandant ! Lâcha Steve hâté se déguerpir. Je pars de suite avec Rose vérifier l’état de la salle des machines, moi non-plus je n’en peux plus de cette maudite terre.

– Phil ! Exigea David. Vas rejoindre Chris en salle des commandes voir s’il a besoin d’aide… Tant que vous y êtes, profitez en pour faire un dernier examen. Il faut que tout soit parfait pour le décollage et moi pendant ce temps, je vais aller faire un tour dehors au cas où l’on ai oublié quelque chose.

Deux heures et quart plus tard, le commandant David envoya un appel au rassemblement à son équipage. Une fois tout le personnel réuni dans la salle de pilotage, il consulta les résultats.

– L’heure tourne et je n’ai pas changé d’avis : je n’ai pas envie de moisir sur cette planète à la con. Dans quel état est la salle des machines ?

– Pour le mieux, rétorqua Rose, ce côté de l’appareil se trouve dans les mêmes conditions qu’à son baptême. J’ajouterais juste que les moteurs n’attendent que de rugir.

– Et toi Phil, qu’as tu donc à m’annoncer ?

– Ben… Répondit-il hésitant. En fait nous avons eu un léger problème avec les systèmes de thermopropulsion mais maintenant tout est en ordre. Mon commandant, j’ai l’honneur de vous annoncer que nous somme fin prêts à dégager de ce putain de merdier.

– Merci pour les commentaires mais ne t’emporte pas trop vite, nous ne sommes pas encore partis. Maintenant, je veux que tout le monde se rende à son poste, nous dégageons.

Les quatre boosters principaux propulsèrent les huit tonnes du navire d’exploration spatiale hors de cette terre d’enfer. A son bord gisent cinq personnes : David, commandant du vaisseau spatial le Black-Angel, un homme au courage exceptionnel respecté autant que son grade. Il y a aussi Christophe, surnommé Chris, suivit de Steve, le plus discret des cinq aventuriers ainsi que Phil puis Rose, la seule femme du groupe. Tous ont étés envoyés à travers l’espace et le temps dans le but de trouver de la vie extra-terrestre intelligente. Ainsi, ils parcoururent l’univers, du moins une infime partie, lancés dans une longue et hasardeuse recherche de terres inconnues. C’est comme cela qu’ils découvrirent trois planètes susceptibles de développer de la vie.

En premier lieu, ils visitèrent une terre qu’ils baptisèrent : Dunes noires. Elle n’abritait aucune forme de vie intelligente, il n’y avait que du sable noir sur toute sa superficie et quelques points d’eau pour animer ce paysage lugubre. Beaucoup plus tard, ils en visitèrent une autre d’une couleur et d’une beauté semblable à Uranus sauf que celle-ci, et pour des raisons inexpliquées, était plate. Une planche de matière parfaite, sans montagnes, sans mers, sans crevasses. Ils essayèrent de transpercer le sol à l’aide de lances à ultrason et à coups de puissantes foreuses lasers mais en vain. Ils n’arrivèrent même pas à faire le moindre petit trou, jamais ils n’avaient vu de la matière aussi solide que celle-ci. Ils la nommèrent tout simplement : le calme plat. Et pour finir, les aventuriers tombèrent sur une terre, jolie vue de l’espace mais insupportable à cause des incessants changements brutaux de température. Elle passait en quelques secondes de +100 degrés à –100 degrés et cela tous les quarts d’heure, ce qui commençait à rendre les explorateurs complètement cinglés. Pour la troisième planète, ils ne voulurent pas la baptiser, elle leur avait tellement tapé sur le système qu’ils désiraient l’oublier. Sur tous les mondes qu’ils sillonnèrent, ils ne trouvèrent aucune vie, elle n’était que mort. Il n’y avait que le silence qui y régnait en maître.

Pendant que le vaisseau spatial s’éloignait lentement de cette maudite terre restée anonyme, le commandant David fut pris d’un terrible coup de déprime. Il se rendit compte que lui et son équipage avaient perdu vingt années de leur vie à visiter l’univers pour ne rien y trouver à part des mondes inertes.

– Mon commandant, redemanda Rose, d’après vous, dans combien de temps arriverons nous sur terre ?

– Si tout ce passe bien et je le souhaite, dans un an et demi à deux ans.

*

Les heures, les jours et les mois défilèrent à bord du Black-Angel, si lentement que l’équipage s’occupait du mieux qu’il le pouvait en lisant, dormant, jouant aux cartes, aux échecs mais tous n’avaient plus qu’une seule idée en tête : rentrer chez soi, retrouver sa famille, ses amis et profiter de la vie… En fait, plus ils y pensaient et plus ils s’impatientaient.

– Commandant ! Commandant ! S’écria Rose prise d’une soudaine crise de joie. Regardez au loin, c’est pluton. Nous sommes arrivés !

Le bonheur recouvrait les visages des explorateurs. Certains criaient et d’autres riaient mais tous ces minois remplis de joie passèrent rapidement de la gaieté à l’inquiétude lorsque les radars ne détectèrent pas leur planète natale.

– Mon Dieu ! S’exclama David. Es-tu sûre que nous ne nous sommes pas trompés de système solaire ?

– Non, bien sûr que non, enchaîna Rose, les coordonnées sont tout à fait exactes et les scanners nous détectent Pluton suivit de Neptune puis d’Uranus, Saturne, Jupiter, Mars et enfin Mercure. Je suis sûre et certaine que c’est le bon.

– Mais alors, continua t’il, la terre… où est-elle ? Il y avait bien une planète toute bleue dans le coin.

– Peut-être qu’elle se cache derrière le soleil, repris Phil sur un élan d’espoir, et que les scanners ne la perçoivent pas à cause de la chaleur et de la lumière émise par cette étoile.

– OK ! Continua David. Coupez les moteurs, on va l’attendre quelques heures le temps qu’elle fasse le tour.

Ils attendirent douze heures dans le calme et le stress le retour de leur planète mais rien ne se présenta.

– Nous sommes seuls ! Lança Chris en rompant ce silence de mort. On dirait comme une sorte de mission que nous envoie le seigneur.

– Oh ferme ta gueule avec ton Dieu ! Hurla le commandant en laissant exploser ses nerfs. Tu ne vois pas que l’on vient de passer plus de vingt ans dans l’espace et que lorsque l’on reviens chez nous, on s’aperçoit que justement on en a plus de chez nous. Alors ton Dieu tu sais où tu peux te le fouttre parce qu’il vient de nous mettre dans un merdier pas possible.

– Reprenez votre calme mon commandant, dit Phil tout en s’interposant, Chris est sûrement aussi troublé que vous et que nous tous d’ailleurs. Il ne cherchait qu’une explication à ce mystère et vous savez ce que Dieu représente pour lui.

– Tu as peut-être raison, je te présente mes excuses Chris mais c’est cette putain de disparition qui m’a mis hors de moi.

– Je comprends cela, affirma la victime, qu’allons-nous faire maintenant ?

– Je n’en sais rien du tout, il faut juste garder son calme et agir comme nous devons le faire en de pareils moments. Rose, je voudrais savoir quelle quantité d’oxygène et de carburant il nous reste. Steve et Chris, allez voir du côté des provisions. Phil, essaie de trouver s’il y a eu un quelconque passage de trou noir dans les environs…

– Cela est complètement inutile mon commandant. Le coupa Rose. S’il y en aurait eu un, les autres planètes auraient logiquement suivi la nôtre ou au mieux elles auraient juste été déplacées.

– Je sais ! Va faire ce que je t’ai demandé Rose et toi Phil, essaie de rentrer en communication par ondes hertziennes avec la terre ou un navire environnant. Qui sait ? Peut être y a t’il par hasard un vaisseau qui serait dans le même pétrin que nous. Enfin, essaie de trouver quelque chose qui pourrait nous aider.

Rose, Chris et Steve revinrent quelque instants plus tard, une fois le travail demandé achevé.

– Commandant ! Engagea Rose. Nous avons de quoi respirer pour encore une bonne dizaine d’années.

– Nous avons assez de provisions pour tenir sept ans. Enchaîna Steve.

– Et le carburant Rose, tu ne m’as rien dit sur le carburant.

– C’est le seul problème, nous avons utilisé quatre vingt-quinze pour-cent des réserves, de plus, les générateurs d’énergie électrique seront bientôt vides.

– Bon, dicta David, nous économiserons au maximum le carburant, pour l’instant, actionnez les panneaux solaires. On va recharger ce que l’on peut mais avant, j’ai une question à vous poser : N’avez-vous rien vu d’étrange encore ?

– J’ai beau regarder, assura Steve, mais je ne vois rien.

– La lune… elle a aussi disparue.

– Non, objecta Phil, elle s’est déplacée, je crois même qu’elle est devenue le satellite naturel de Mars. Il en manque un sacré gros morceau, c’est comme si plusieurs bombes nucléaires auraient explosé en son centre. Au fait, aucune fréquence hertzienne ne répond.

– Bon, reprenons nos esprits, poursuivit David, maintenez les capteurs bien face au soleil et n’utilisez le carburant qu’en cas d’extrême urgence mais là, mon urgence à moi est de dormir un peu. Réveillez moi que si cela s’avère nécessaire.

Environ six heures après que David se soit endormi, Chris le réveilla dans un indescriptible affolement, il était complètement paniqué.

– Mon commandant ! Brailla t’il. Il se passe quelque chose dehors, il faut vite partir. Il faut fuir mon commandant, n’importe où mais loin d’ici et toute suite.

– Oh ! Calme toi et arrête de t’agiter comme un stupide ver de terre.

N’arrivant pas à faire sortir un mot censé de la bouche de Chris, David décida d’aller voir par lui-même ce qui terrifiait tant que ça son équipage, chose qu’il regretta rapidement…

– Putain de merde ! Injuria t’il sous l’effet de la surprise. C’est de loin la plus belle, la plus gigantesque et la plus terrifiante chose que je n’ai jamais vu de toute ma saleté de vie.

– Je l’ai passée aux scanners, informa Rose tremblante, c’est sans résultats, les matériaux utilisés sur ce navire nous sont inconnus. Les détecteurs nous annoncent juste que dans ce vaisseau l’air est respirable et la température ambiante est de vingt sept-degrés mais il ne dit pas ce qu’il s’y passe à l’intérieur. Peut-être est-il abandonné ? Mon commandant, croyez-vous qu’il soit d’origine humaine ?

– Regardez ! S’exclama David. Ils ouvrent une porte, allumez les fusées on va y jeter un coup d’œil.

– Mon commandant, contesta Rose, Avec tout le respect que je vous dois, je refuse d’accomplir cet ordre peut-être suicidaire sans aucune raison valable. Après tout, nous ne savons pas qui ils sont et nous ne connaissons pas leurs intentions.

– Ma chère Rose, notre planète a mystérieusement disparue, il manque la moitié de la lune et je n’ai pas envie de rester sept années de plus en vol stationnaire et crever dans ce navire à la con. De plus, ils doivent certainement avoir des réponses concernant l’endroit où se trouverait une terre toute bleue. T’en rappels-tu au moins ? Je te signale aussi que ces personnes viennent d’ouvrir une jolie petite porte avec plein de lumières multicolores partout et comme on dit : une invitation ne se refuse jamais. Vu la taille de leur navire et celle du nôtre, je ne préfère pas résister et je ne voudrais surtout pas les vexer. Alors vous allez m’allumer ces putains de moteurs et nous conduire à l’intérieur de ce gros vaisseau devant nous. Sinon… Ou je vous mets en quarantaine dans un sas ou je vous jette par la fenêtre. J’espère que je me suis bien fait comprendre et que vous allez obéir à mes ordres. OK ?

– A vos ordres mon commandant ! Cracha t’elle complètement écœurée.

Rose démarra l’astronef, énervée, se jurant qu’elle se vengerait de la honte que venait de lui affliger son supérieur.

Le Black-Angel se rapprocha doucement du navire étranger, à seulement une trentaine de mètres, on pouvait observer et contempler l’intérieur du vaisseau. C’était fantastique, il y avait tant de couleurs, tant de beauté, de la musique accompagnait leur arrivée. C’était un mariage de sons et de lumières parfait, l’équipage commençait à se sentir en totale sécurité, la musique apaisait leurs nerfs. Les lumières multicolores s’estompèrent pour ne laisser place qu’à une multitude de spots d’un blanc agressif, découvrant ainsi une longue piste d’atterrissage remplie de centaines de vaisseaux dont l’utilité était indevinable, des machines à la structure inhabituelle, du jamais vu. Serais-ce des engins de guerre, de transport, de reconnaissance ? Le Black-Angel atterrit sans problèmes bien que Rose, pilote du navire, était tout de même nerveuse, sans compter toutes ces lumières qui les aveuglaient un peu dans leur progression. La piste était déserte mais se doutait d’une présence, sûrement méfiante face elle aussi à des inconnus. Tout en descendant de la navette, les aventuriers dévorèrent des yeux toute l’immensité et la splendeur du site d’atterrissage, leur admiration fût coupée lorsqu’ils virent au loin trois hommes armés s’approcher d’eux, pas des êtres humains, c’était des aliens. David s’avança vers les créatures, gardant instinctivement un esprit de méfiance puis annonça d’un ton amical :

– Bonjour à vous. Je suis le commandant de cet astronef. Nous venons de la planète terre…

Dés qu’ils entendirent le mot terre, les extra-terrestres rirent à pleine gueule. Ils étaient pris d’un terrible et incontrôlable fou-rire, fait qui ne rassurait en rien les humains. Quel drôle d’effet de voir des aliens à l’apparence à peu près semblable aux terriens, tous vêtus d’un noir brillant avec une gueule d’un magnifique bleu-ciel qui aurait certainement rendu jaloux les pires ennemis de Gargamelle, exposer leurs quatre rangées de dents lorsqu’ils riaient. L’odeur qui les accompagnait était plutôt légère et agréable, une sorte de parfum de fleur offerte dans des rendez-vous amoureux.

Après un difficile contrôle de la part des aliens, l’équipage du Black-Angel fût immédiatement emmené vers, dirait-on, le chef du navire. Lui aussi avait un regard joyeux et un sourire nargueur à l’entrée des humains, il se leva, se dirigea vers le chef des invités et lança la conversation d’un simple mot :

– Terre ?

– Oui c’est cela ! Répondit David. Nous venons de la terre. La connaissez-vous ? Savez-vous ce qui lui est arrivée ? Que s’est-il passé ?

Le sourire de l’alien doubla en volume, tout en se retournant vers ses trois autres camarades, il leur formula un ordre qu’ils exécutèrent sans perdre de temps et cela, toujours en ricanant. Ainsi les visiteurs de l’espace furent accompagnés jusqu’à une sorte de prison sauf que pour celle-ci, d’infranchissables faisceaux lasers avaient remplacé les bons vieux barreaux.

– Au moins, annonça Steve en essayant de garder le moral, nous sommes parvenus à trouver de la vie intelligente extra-terrestre. Sans blaguer mon commandant, pourquoi donc nos origines les amusent tant ?

– Je n’en sais strictement rien mais ce qui est clair, c’est qu’ils en savent beaucoup et cela ne m’étonnerait pas qu’ils soient directement responsables de nos problèmes.

– Pour ne rien vous cacher, confia Rose, j’ai peur de ces monstres.

– Tu n’es pas la seule, rassura Phil tout en la serrant dans les bras. Il y a une question que je me pose, qu’attendent t’ils de nous ? Mon commandant, que nous veulent t’ils à la fin ?

– Je ne le sais pas non plus mais je sens que nous n’allons pas tarder à en être informés, je suis persuadé que ces créatures vont bientôt revenir. Si je peux me permettre, je vous conseillerais de dormir un peu, nous avons eu une rude journée et elle est loin d’être terminée. Je prends le premier tour de garde, Chris tu me relaieras dans une heure et tu réveilleras n’importe qui pour te remplacer et ainsi de suite.

– J’aimerais savoir comment vous faites pour ne penser qu’à dormir ? Interrogea Rose. Surtout dans de pareilles circonstances mais vous avez entièrement raison. Il faut que nous nous reposions, nous en avons bien besoin.

Suite

 

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