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Par Seby

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Rev’là Pépé !
(2/3)

Dans l’autre monde, Robert passait pratiquement tout son temps à travailler. Son boulot consistait à retrouver des âmes en peines, des esprits qui ne voulaient pas admettre ou accepter leur mort, ceux qui n’avaient pas conscience que leur vie terrestre était terminée et de ce fait, ils se créaient inconsciemment un monde physique aussi réel que lorsqu’ils l’avaient connu de leur vivant. Il y avait aussi d’autres âmes qui avaient été frappées par une mort violente, lente ou de souffrance, du coup, leur vie continuait, imaginairement et cela sans le savoir. Robert devait les retrouver et leurs apprendre, comprendre et faire accepter la vérité, les sortir de leur rêve afin de les faire passer dans un niveau supérieur ou inférieur selon les cas. Quand Pépé avait le droit de prendre des vacances, il les passait dans une fausse réalité ressemblant à la Guadeloupe, la Jamaïque ou d’autre paradis de repos du même style. Robert n’avait pas beaucoup de vacances, il y avait trop d’âmes perdues à remettre dans le droit chemin pour cela que lorsqu’il les prenaient, il en profitait au maximum. Voilà pourquoi il ne retournait jamais sur terre sauf quelques reprises pour vérifier si l’emplacement du génie et de sa bouteille n’avait pas changé, sans compter que les autorisations sont très difficiles à obtenir, voire impossible.

– En fait, se dit-il à haute voix, je ne suis pas si pressé que ça, en plus de cent ans le génie n’a pas bougé de place, je ne vois pas pourquoi il le ferait aujourd’hui.

Alors il visita la ville voisine d’où il avait passé les trois quart de sa vie, elle avait bien grandit cette ville, elle avait poussé aussi vite que de la mauvaise herbe. Les maisons, les immeubles, le béton, tous cela s’étaient développés avec évidemment des clans de sacripants pour diriger ce morceau de pays purement et simplement anarchique. Un système de vie ou les seuls pêchés sont d’avoir un toit pour dormir et de la nourriture pour vivre sans avoir à se demander si demain, on aura de quoi manger.

Robert se posait quelques intrigantes questions : Pourquoi n’a t’il toujours pas vu une seule personne âgée depuis son arrivée ? Pourquoi est-ce que le sud, d’où il venait est il beaucoup plus tranquille que le nord, où il se trouve en ce moment ? Pourquoi donc est-ce que les jeunes qui traînent dans les rue le regardent comme s’ils venaient de rencontrer leur pire ennemi ?

Pépé décida de s’aventurer au beau milieu d’une place publique. Il s’arrêta pour s’asseoir à l’endroit même ou gisait autrefois la statue du roi Stanislas lorsqu’un gang d’une douzaine de personnes hurlèrent des tas d’insultes tout en s’approchant de notre pauvre vieillard. D’autre bandes alentours regardaient avec joie la terrible scène se dérouler sous leurs yeux et attendaient, impatients mais silencieux, que le vieux fou qui a osé pénétrer seul sur ce genre terrain miné se fasse massacrer pour le plus grand plaisir des spectateurs.

– Qu’est-ce qu’un vieux con comme toi fabrique au beau milieu de ma place sans mon autorisation ? Lança le chef une fois arrivé à sa hauteur.

– Je ne désirais pas faire de mal, je voulais juste rencontrer des jeunes gens, répliqua Pépé, me faire des nouveaux amis. Non, ce n’est pas vrai ! En fait, je voulais me reposer un peu. Voilà, j’ai un gros problème, j’en ai ras-le-bol d’éclater la gueule à des lavettes qui se prennent pour les maîtres du monde. Alors qu’en réalité, ils n’ont rien dans le pantalon et croyez en mon expérience, vous faites tous parti du même lot, tous autant que vous êtes.

Le chef de la bande se retourna vers ses camarades en se tordant de rire comme s’il cherchait a dissimuler l’affront du vieil homme. Il refit face à Pépé et lui lança un de ces coup de poing qui aurait assommé un taureau, Robert ne bougea pas la tête d’un millimètre et attendit que le coup arrive. Un craquement se fît entendre, le chef regarda sa main, les os en ressortaient. Pépé sourit puis déclara :

– Maintenant, je suis vraiment énervé.

Il se concentra sur les douze voyous puis d’un seul coup, cria. Les vauriens posèrent machinalement leurs mains sur les oreilles, de façon à les protéger, tout en poussant d’atroces hurlement de douleur. Se regardant mutuellement, les victimes du revenant découvrirent avec stupeur qu’elles saignaient toutes des yeux, du nez et des oreilles.

– Arrêtez ! Supplia le chef de la bande juste avant de s’évanouir avec ses camarades.

D’une voix à en faire trembler le ciel et la terre, Robert lança un appel aux bandes environnantes :

– Je suis prenant pour toutes personnes qui désireraient recevoir à leur tour une petite leçon de la part d’un pauvre vieillard innocent et sans défense.

Puis Pépé s’avança vers le premier groupe de jeunes rebelles qu’il vit, ceux-ci lui barraient le passage, ils le regardaient simplement, ils ne bougeaient pas, comme enracinés.

– Y aurait-il un problème messieurs ? Demanda t’il sur un ton rieur. Vos copains, de véritables lavettes, ils n’ont même pas tenu vingt-secondes, je dirais qu’ils en ont à peine fait une dizaine. Mais vous avez l’air de vouloir tenter votre chance ou vous voulez peut être que je vous fasse une autre démonstration que celle-là. J’ai encore quelques tours de passe-passe à tester, ça vous tenterais d’essayer ? Je vous en serais très reconnaissant, cela m’amuserait beaucoup.

Les jeunes sacripants ne dirent pas un mot, ils continuaient à le regarder, l’expression de leurs visages semblait plutôt interrogative. Faut-il tenter, à nos risques et péril, de le descendre ou mieux vaut-il fuir comme des lâches ? S’ils déguerpissaient, leur honneur en prendrait immédiatement un coup mais s’ils restaient, ils subiraient sûrement le même châtiment que la bande qui a servit d’exemple. Robert compris cela en lisant dans leurs pensées, alors pour ne pas les ridiculiser, ils leur demanda bien gentiment de s’écarter, ce qu’ils firent sans la moindre objection. Pépé traversa sans se presser le mur humain qui venait de s’ouvrir devant lui, il stoppa net, sauta sur place en faisant un demi-tour sur lui-même puis hurla. Pris de panique, les jeunes voyous prirent leurs jambes à leur cou et disparurent.

– Il faut que j’arrête de rire ou je vais encore mourir.

Continuant sa petite visite dans la ville, il vit deux jeunes gens agresser, à première vue pour le plaisir, un petit gringalet mort de peur, Pépé ne pouvait pas regarder cette scène sans intervenir. Tout en s’approchant d’eux, Robert se concentra puis relança un de ses terrifiants hurlement, les deux canailles firent un bond d’une bonne vingtaine de mètres en arrière et terminèrent leur vol plané en s’écrasant sur une épave de voiture. Robert aida la victime à se relever et celle-ci le remercia tout en reprenant son souffle avant de parler :

– Ce n’est pas moi qui ai le plus besoin d’aide ici, je me nomme Cédric et je te dois la vie, ils m’auraient certainement tué ces cons. Je veux bien t’aider à la seule condition : que tu m’emmènes avec toi, cher Robert.

– Pourquoi pas ! Répondit-il. Alors dans ce cas tu va commencer par me rendre ma gourmette et tu vas me raconter tout ce qui c’est passé ici depuis les cents dernières années.

– Mais d’où est-ce que tu peux bien sortir toi ? T’es au courant que t’as pas l’air trop net ? Et d’ailleurs, qu’est ce que tu fous dans ce merdier ?

– Tais-toi et parle ! Ordonna sèchement Pépé sans réfléchir à ce qu’il venait de dire.

Cédric ne fît pas attention à cela et conta en bref, un résumé de l’histoire de la France depuis ce dernier siècle.

– En fait, tout commença à cause du chômage, vers les années 2010, 2020, le taux des naissances a d’un seul coup quintuplé. Les gens devaient certainement s’ennuyer vu qu’ils ne bossaient plus, ils n’avaient donc rien à faire de leurs journées. Alors, pour passer le temps, ils faisaient des gosses. En grandissant, la situation ne s’arrangeant pas, les enfants en faisaient d’autres et ainsi de suite. Au fur et à mesure des années, la situation étant de pire en pire, des gangs se formèrent et les raquets commencèrent. Ils s’en prenaient principalement aux plus vieux, je veux dire aux personnes âgées, ceux qui avaient des sous et qui résistaient le moins. Au début c’était plutôt gentillet mais à force, les gangs se multiplièrent, toutes les polices et toutes autres force de l’ordre furent rapidement débordées à cause la violence et de l’acharnement des rebelles. La haine était beaucoup plus intense dans la partie nord que la sud, alors les forces de l’ordre l’abandonnèrent et se concentrèrent que sur la partie sud. Depuis tout ce temps, ils attendent patiemment l’autodestruction des rebelles pour pouvoir reprendre le dessus sur cette zone. Plus les années passaient et plus les jeunes en faisaient à leur tête et plus les vieux disparaissaient. Ce que je veux dire par là, c’est que les vieux en avaient ras-le-bol de se faire tabasser et voler. Alors, ceux qui le pouvaient déménageaient en laissant tout derrière eux tandis que le reste, ils sortaient les armes. Fatale erreur pour ceux qui voulaient se défendre, ils claquaient et cela pas grâce aux crises cardiaques, jusqu’au jour où il n’y en ai plus un seul, c’est pour cela que la bande que t’as éclaté avec tes tours de magie place Stanislas était contente de te voir, j’ai tout vu avant de me barrer en courant et de tomber sur ces deux zigotos. Ici, il faut que tu saches que les gens ne vivent pas vieux. Et voilà toute l’histoire. Non ! Encore une chose importante. Pour mettre fin plus rapidement à notre autodestruction, les politiciens véreux qui forment ce magnifique gouvernement nous ont beaucoup aidé en mettant au point le projet :« Bonne chance », c’est tout simplement qu’ils nous parachutent par avion de jolis petits colis surprise.

– Que mettent-ils dedans ? Interrogea Pépé inquiet. Des armes pour que vous vous entre-tuez plus rapidement.

– Oh non ! Ils l’ont fait au début mais ils se sont vite rendus compte de leur erreur lorsque les gangs s’en servaient contre les forces de l’ordre. C’est bien la seule fois que j’ai vu des clans s’unir ainsi… C’était si beau ! Je disais donc qu’ils n’envoyaient plus d’armes mais à la place ils nous balancent de la drogue, des caisses remplies de cette substance chimique et mortelle. Je ne te fais pas de dessin mais leur projet « Bonne chance » marche plutôt bien. Ils peuvent être fiers d’eux.

– Ca fait longtemps qu’ils vous en envoient ?

– De la drogue ? Non, ça fait un an environ. C’est assez récent mais la première fois qu’ils en ont jetés, ils ont fait fort. Il y en avait partout. Maintenant, ils achèvent les survivant, il y en a encore trop pour qu’ils puissent intervenir en personne. Je suis sûr qu’ils avaient prévu leur coup largement en avance et ils ont dû être aidés par d’autre pays. Il y a même une rumeur qui circule comme quoi ils voulaient lâcher quelques bombes atomiques mais ils ne l’ont pas fait sinon la Zone M ou J, selon les personnes, aurait été irrécupérable avant pas mal de temps.

– Que veut dire Zone M ou J ? Coupa Robert.

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