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Revlà
Pépé ! Dans lautre monde, Robert passait pratiquement tout son temps à travailler. Son boulot consistait à retrouver des âmes en peines, des esprits qui ne voulaient pas admettre ou accepter leur mort, ceux qui navaient pas conscience que leur vie terrestre était terminée et de ce fait, ils se créaient inconsciemment un monde physique aussi réel que lorsquils lavaient connu de leur vivant. Il y avait aussi dautres âmes qui avaient été frappées par une mort violente, lente ou de souffrance, du coup, leur vie continuait, imaginairement et cela sans le savoir. Robert devait les retrouver et leurs apprendre, comprendre et faire accepter la vérité, les sortir de leur rêve afin de les faire passer dans un niveau supérieur ou inférieur selon les cas. Quand Pépé avait le droit de prendre des vacances, il les passait dans une fausse réalité ressemblant à la Guadeloupe, la Jamaïque ou dautre paradis de repos du même style. Robert navait pas beaucoup de vacances, il y avait trop dâmes perdues à remettre dans le droit chemin pour cela que lorsquil les prenaient, il en profitait au maximum. Voilà pourquoi il ne retournait jamais sur terre sauf quelques reprises pour vérifier si lemplacement du génie et de sa bouteille navait pas changé, sans compter que les autorisations sont très difficiles à obtenir, voire impossible. En fait, se dit-il à haute voix, je ne suis pas si pressé que ça, en plus de cent ans le génie na pas bougé de place, je ne vois pas pourquoi il le ferait aujourdhui. Alors il visita la ville voisine doù il avait passé les trois quart de sa vie, elle avait bien grandit cette ville, elle avait poussé aussi vite que de la mauvaise herbe. Les maisons, les immeubles, le béton, tous cela sétaient développés avec évidemment des clans de sacripants pour diriger ce morceau de pays purement et simplement anarchique. Un système de vie ou les seuls pêchés sont davoir un toit pour dormir et de la nourriture pour vivre sans avoir à se demander si demain, on aura de quoi manger. Robert se posait quelques intrigantes questions : Pourquoi na til toujours pas vu une seule personne âgée depuis son arrivée ? Pourquoi est-ce que le sud, doù il venait est il beaucoup plus tranquille que le nord, où il se trouve en ce moment ? Pourquoi donc est-ce que les jeunes qui traînent dans les rue le regardent comme sils venaient de rencontrer leur pire ennemi ? Pépé décida de saventurer au beau milieu dune place publique. Il sarrêta pour sasseoir à lendroit même ou gisait autrefois la statue du roi Stanislas lorsquun gang dune douzaine de personnes hurlèrent des tas dinsultes tout en sapprochant de notre pauvre vieillard. Dautre bandes alentours regardaient avec joie la terrible scène se dérouler sous leurs yeux et attendaient, impatients mais silencieux, que le vieux fou qui a osé pénétrer seul sur ce genre terrain miné se fasse massacrer pour le plus grand plaisir des spectateurs. Quest-ce quun vieux con comme toi fabrique au beau milieu de ma place sans mon autorisation ? Lança le chef une fois arrivé à sa hauteur. Je ne désirais pas faire de mal, je voulais juste rencontrer des jeunes gens, répliqua Pépé, me faire des nouveaux amis. Non, ce nest pas vrai ! En fait, je voulais me reposer un peu. Voilà, jai un gros problème, jen ai ras-le-bol déclater la gueule à des lavettes qui se prennent pour les maîtres du monde. Alors quen réalité, ils nont rien dans le pantalon et croyez en mon expérience, vous faites tous parti du même lot, tous autant que vous êtes. Le chef de la bande se retourna vers ses camarades en se tordant de rire comme sil cherchait a dissimuler laffront du vieil homme. Il refit face à Pépé et lui lança un de ces coup de poing qui aurait assommé un taureau, Robert ne bougea pas la tête dun millimètre et attendit que le coup arrive. Un craquement se fît entendre, le chef regarda sa main, les os en ressortaient. Pépé sourit puis déclara : Maintenant, je suis vraiment énervé. Il se concentra sur les douze voyous puis dun seul coup, cria. Les vauriens posèrent machinalement leurs mains sur les oreilles, de façon à les protéger, tout en poussant datroces hurlement de douleur. Se regardant mutuellement, les victimes du revenant découvrirent avec stupeur quelles saignaient toutes des yeux, du nez et des oreilles. Arrêtez ! Supplia le chef de la bande juste avant de sévanouir avec ses camarades. Dune voix à en faire trembler le ciel et la terre, Robert lança un appel aux bandes environnantes : Je suis prenant pour toutes personnes qui désireraient recevoir à leur tour une petite leçon de la part dun pauvre vieillard innocent et sans défense. Puis Pépé savança vers le premier groupe de jeunes rebelles quil vit, ceux-ci lui barraient le passage, ils le regardaient simplement, ils ne bougeaient pas, comme enracinés. Y aurait-il un problème messieurs ? Demanda til sur un ton rieur. Vos copains, de véritables lavettes, ils nont même pas tenu vingt-secondes, je dirais quils en ont à peine fait une dizaine. Mais vous avez lair de vouloir tenter votre chance ou vous voulez peut être que je vous fasse une autre démonstration que celle-là. Jai encore quelques tours de passe-passe à tester, ça vous tenterais dessayer ? Je vous en serais très reconnaissant, cela mamuserait beaucoup. Les jeunes sacripants ne dirent pas un mot, ils continuaient à le regarder, lexpression de leurs visages semblait plutôt interrogative. Faut-il tenter, à nos risques et péril, de le descendre ou mieux vaut-il fuir comme des lâches ? Sils déguerpissaient, leur honneur en prendrait immédiatement un coup mais sils restaient, ils subiraient sûrement le même châtiment que la bande qui a servit dexemple. Robert compris cela en lisant dans leurs pensées, alors pour ne pas les ridiculiser, ils leur demanda bien gentiment de sécarter, ce quils firent sans la moindre objection. Pépé traversa sans se presser le mur humain qui venait de souvrir devant lui, il stoppa net, sauta sur place en faisant un demi-tour sur lui-même puis hurla. Pris de panique, les jeunes voyous prirent leurs jambes à leur cou et disparurent. Il faut que jarrête de rire ou je vais encore mourir. Continuant sa petite visite dans la ville, il vit deux jeunes gens agresser, à première vue pour le plaisir, un petit gringalet mort de peur, Pépé ne pouvait pas regarder cette scène sans intervenir. Tout en sapprochant deux, Robert se concentra puis relança un de ses terrifiants hurlement, les deux canailles firent un bond dune bonne vingtaine de mètres en arrière et terminèrent leur vol plané en sécrasant sur une épave de voiture. Robert aida la victime à se relever et celle-ci le remercia tout en reprenant son souffle avant de parler : Ce nest pas moi qui ai le plus besoin daide ici, je me nomme Cédric et je te dois la vie, ils mauraient certainement tué ces cons. Je veux bien taider à la seule condition : que tu memmènes avec toi, cher Robert. Pourquoi pas ! Répondit-il. Alors dans ce cas tu va commencer par me rendre ma gourmette et tu vas me raconter tout ce qui cest passé ici depuis les cents dernières années. Mais doù est-ce que tu peux bien sortir toi ? Tes au courant que tas pas lair trop net ? Et dailleurs, quest ce que tu fous dans ce merdier ? Tais-toi et parle ! Ordonna sèchement Pépé sans réfléchir à ce quil venait de dire. Cédric ne fît pas attention à cela et conta en bref, un résumé de lhistoire de la France depuis ce dernier siècle. En fait, tout commença à cause du chômage, vers les années 2010, 2020, le taux des naissances a dun seul coup quintuplé. Les gens devaient certainement sennuyer vu quils ne bossaient plus, ils navaient donc rien à faire de leurs journées. Alors, pour passer le temps, ils faisaient des gosses. En grandissant, la situation ne sarrangeant pas, les enfants en faisaient dautres et ainsi de suite. Au fur et à mesure des années, la situation étant de pire en pire, des gangs se formèrent et les raquets commencèrent. Ils sen prenaient principalement aux plus vieux, je veux dire aux personnes âgées, ceux qui avaient des sous et qui résistaient le moins. Au début cétait plutôt gentillet mais à force, les gangs se multiplièrent, toutes les polices et toutes autres force de lordre furent rapidement débordées à cause la violence et de lacharnement des rebelles. La haine était beaucoup plus intense dans la partie nord que la sud, alors les forces de lordre labandonnèrent et se concentrèrent que sur la partie sud. Depuis tout ce temps, ils attendent patiemment lautodestruction des rebelles pour pouvoir reprendre le dessus sur cette zone. Plus les années passaient et plus les jeunes en faisaient à leur tête et plus les vieux disparaissaient. Ce que je veux dire par là, cest que les vieux en avaient ras-le-bol de se faire tabasser et voler. Alors, ceux qui le pouvaient déménageaient en laissant tout derrière eux tandis que le reste, ils sortaient les armes. Fatale erreur pour ceux qui voulaient se défendre, ils claquaient et cela pas grâce aux crises cardiaques, jusquau jour où il ny en ai plus un seul, cest pour cela que la bande que tas éclaté avec tes tours de magie place Stanislas était contente de te voir, jai tout vu avant de me barrer en courant et de tomber sur ces deux zigotos. Ici, il faut que tu saches que les gens ne vivent pas vieux. Et voilà toute lhistoire. Non ! Encore une chose importante. Pour mettre fin plus rapidement à notre autodestruction, les politiciens véreux qui forment ce magnifique gouvernement nous ont beaucoup aidé en mettant au point le projet :« Bonne chance », cest tout simplement quils nous parachutent par avion de jolis petits colis surprise. Que mettent-ils dedans ? Interrogea Pépé inquiet. Des armes pour que vous vous entre-tuez plus rapidement. Oh non ! Ils lont fait au début mais ils se sont vite rendus compte de leur erreur lorsque les gangs sen servaient contre les forces de lordre. Cest bien la seule fois que jai vu des clans sunir ainsi Cétait si beau ! Je disais donc quils nenvoyaient plus darmes mais à la place ils nous balancent de la drogue, des caisses remplies de cette substance chimique et mortelle. Je ne te fais pas de dessin mais leur projet « Bonne chance » marche plutôt bien. Ils peuvent être fiers deux. Ca fait longtemps quils vous en envoient ? De la drogue ? Non, ça fait un an environ. Cest assez récent mais la première fois quils en ont jetés, ils ont fait fort. Il y en avait partout. Maintenant, ils achèvent les survivant, il y en a encore trop pour quils puissent intervenir en personne. Je suis sûr quils avaient prévu leur coup largement en avance et ils ont dû être aidés par dautre pays. Il y a même une rumeur qui circule comme quoi ils voulaient lâcher quelques bombes atomiques mais ils ne lont pas fait sinon la Zone M ou J, selon les personnes, aurait été irrécupérable avant pas mal de temps. Que veut dire Zone M ou J ? Coupa Robert.
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