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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Sef

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Je suis une vampire
(2/2)

Sans attendre, alors que j’étais restée nue toute la journée, j’enfilais ma robe la plus sexy, ne prenant même pas la peine de mettre un quelconque sous-vêtement.

Alors que la saison était plutôt fraîche, je sortis sans le moindre manteaux, à peine couverte par le morceau de tissus qui me servait de robe. Correspondant à mon ancienne anatomie, elle laissait ressortir le moindre morceau de chair en trop, et la plupart des hommes que je croisais durent avoir la plus belle érection de leur vie en me croisant.

Je me rendis vers le bois le plus proche, non sans être abordée sans cesse durant mon trajet. Je désirais chaque être qui me croisais, homme ou femme, mais en même temps je les ressentais. Je savais lesquels étaient vieux, lesquels étaient malades, lesquels étaient jeunes, je le sentais et je le savais. Aucun, parmi ceux qui avaient tenté de m’accoster, n’avait ce que je désirais.

Finalement j’abordais l’orée d’un bois. Bien sûr nombre de prostituées encore plus dénudées que moi s’y trouvaient, mais je n’en avais que faire, c’était le lieu de la chair et c’était la chair qui me guidait.

On vint m’aborder, d’autres prostituées qui ne voulaient pas de concurrence sauvage. L’une d’elle me frappa. Je ne sentis rien, si ce n’était de la haine. D’une gifle, je lui entaillais la figure de mes ongles, laissant trois larges traînées de sang. Le coup fut si rapide et si fort , que les deux putes qui l’accompagnaient préférèrent l’emmener au loin pour s’occuper d’elle, plutôt que de riposter. Moi, je léchais avec avidité le sang sur mes doigts. Elle était malade et droguée, et le goût était amer, mais c’était un amuse gueule qui accentua mon envie.

Des gens vinrent me voir. Trop vieux, trop malade, je les repoussais. Finalement, je vis enfin venir vers moi quelque chose qui me faisais réellement envie.

Jeune, sûrement étudiant, il avait une musculature proche d’un athlète. Il était propre dans sa chair et dans son âme, ce qui le rendait encore plus désirable. Je l’emmenais à l’intérieur du bois. Il était fébrile d’impatience, moi aussi.

Il me prit avec délicatesse, mais je le poussais à plus de violence car même s’il était bien membré je souhaitais le sentir pleinement. Il ne se fit pas prier, et guidé par son instinct il se mit à me pénétrer de plus en plus fort. C’était délicieux, j’étais plus sensible qu’avant, j’avais l’impression de jouir en continu.

Je le sentais s’exciter en moi. Son corps se crispais sous l’effet du plaisir montant, ses bras se refermaient autour de moi, me serraient et me faisait mal mais j’aimais ça.

Il jouit, et alors je fus remplie d’une envie animale et meilleure que le plus puissant des orgasmes. Le sang jaillit de l’artère de son bras droit sans qu’il comprenne ce qu’il se passait. Le sang coulait dans ma bouche et me donnait une énergie nouvelle en même temps qu’un plaisir orgasmique, unique en son genre.

Comme moi la veille, il essaya de se dégager de l’étreinte de la mort, mais comme moi la mort le tenait trop bien. Par contre, je le vidais sans lui laisser la moindre chance de survie.

Je le sentis partir dans mes bras, je sentais le froid qui l’envahissait, sa conscience qui vacillait, la peur qui fit place à la résignation. C’était agréable, je l’enviais presque de rejoindre la plénitude absolue.

Quand il fut mort, je cessai de lui sucer le sang que le cœur ne pompait plus, car il avait le goût de la mort alors que c’est la vie que je voulais.

Je le regardais, mort et plein de sang. Il était beau, et je sentais sa vie en moi qui décuplait mes forces. Sans me soucier de ma nudité, je me mis à courir à travers le bois.

Je courus, courus, ne sachant plus si j’étais une femme ou un animal.

Sexe et sang étaient désormais le lot de mes nuits, tandis que la journée je mettais le masque d’un être humain. Le temps n’avait plus aucune importance, seule les sensations éprouvées en avaient. C’était la plus grande impression de liberté qu’un être humain pouvait éprouver. Les jours passaient et je ne vieillissais plus, je n’éprouvais pas la douleurs, physique ou morale, et les seuls besoins de mon corps étaient si enivrant que ce n’était pas une contrainte. C’était d’une certaine manière la drogue ultime.

J’avais parcouru le monde, connu le sang des hommes et des femmes de tous les peuples, tuant la plupart, laissant de quoi survivre à d’autres, donnant le pouvoir du sang à quelques uns, sans même savoir pourquoi.

On m’avait parfois chassée, surtout dans les ethnies reculées où l’on savait nous repérer. Mais je ne combattais jamais, à moins d’y être forcée, car il était fini depuis des siècles le temps où le sang frais était rare.

Quant aux autres de ma race, je les évitais comme eux m’évitaient, sauf mes enfants en qui j’avais droit de prendre le sang, plus puissant que celui d’un humain, comme moi je me devais à mon père, qu'hélas je ne croisais pas. Je savais qu’il était puissant, car jamais je n’avais retrouvé une aura aussi grande que la sienne.

J’étais en Inde, des années, peut-être des décennies plus tard. Le sang ne manquait pas, même s’il fallait se rabattre sur les castes supérieures pour avoir de la qualité, et qu’elles étaient bien moins nombreuses que les castes miséreuses.

Comme souvent, je me faisais passer pour une pute de luxe, ce qui me facilitait beaucoup les entrées parmi les gens fortunés. Bien sûr l’argent n’avait plus pour moi aucune importance, puisque j’étais immortelle tant que j’avais du sang humain à absorber. Seulement, voler les riches victimes permettait de se créer une fausse vie civile à chaque fois que j’arrivais dans un nouveau lieu, car je n’avais ni le pouvoir de créer des vêtements ni celui d’élever une maison instantanément.

Pris dans le jeu de mon rôle, je m’étais fait réservé ma nuit par un riche hindou qui avait fixé le rendez-vous par le biais intermédiaires. Je n’aimais pas vraiment cela, car je ne savais pas sur quel chair j’allais tomber, mais des questions discrètes me permirent de savoir que l’homme était en plein âge mûr. De plus, je connaissais les habitudes de ce genre d’individu, et je savais que nous serions certainement plus que deux cette nuit, ce qui me laissait l’espoir d’un second contentement en cas de déception. J’allais être payé une fortune par un homme à qui j’allais apporter la mort.

Je me rendis dans un somptueux palais sauvegardé des ravages du temps. Bien que ma sensibilité au charme de ce monde avait beaucoup changé après ma renaissance, je ne pouvais rester insensible à un tel raffinement, œuvres de mortels qui espéraient ainsi devenir immortel.

On m’amena à sa chambre, immense et somptueuse. Dans un tel endroit, le plus grand des humains aurait semblé misérables, mais pas lui. Enfin j’avais retrouvé mon père, mon amant, mon tueur.

Il était toujours aussi beau, aussi fort, aussi désirable. D’autres femmes étaient présentes, de jeunes vierges. Elles furent délicieuses, nous leurs fîmes l’amour avant de nous en abreuver. Leurs chairs étaient agréable et leurs sangs étaient frais et riches. Celui-ci avait jaillit à flot, et les larmes de la vie perdue avait coulées. Nous, créatures des ténèbres, nous nous vautrions dans une mare de sang, le corps entièrement recouvert de cet enivrant nectar, les cadavres des jeunes femmes autour de nous.

Seule, nous avions abandonné nos misérables enveloppes humaines, laissant l’animal qui était en nous prendre le dessus. Je le trouvais aussi magnifique que j’avais pu le trouver horrible la première fois que je l’avais vu ainsi. Désormais, je savais qu’il n’était pas un vampire parmi les autres, qu’il était l’un de leurs princes, et qu’il avait parcouru de nombreux siècles.

Il me prit de nouveau, et bien sûr je n’attendais que cela. Il me martelait tandis que je le griffais, ce n’était pas violence mais sauvagerie, une sauvagerie qui nous procurait le plus pur et le plus fort des plaisirs.

Il me fit jouir plusieurs fois, il souhaitait me procurer la plus grande des joies. Mon corps était complètement bouleversé par tous ces spasmes de plaisir, et je sentais que quelque chose se passait.

Je compris, alors qu’un nouvel orgasme arrivait, que lui-même se laissait aller au plaisirs. Il se déversa en moi, et mon corps transcendé accepta la semence. Alors il prit son dû.

Il se délecta de mon sang, et j’éprouvais moi-même du plaisir à lui donner ce qui lui revenait de droit. Je sentais qu’il retrouvais une énergie décuplée grâce à ce sang déjà distillé, et dont j’étais gorgé suite à l’orgie qui avait précédé.

Il me laissa au bord de l’inconscience, je m’endormais. Je me réveillais dans une autre chambre du palais, plus petite mais toute aussi luxueuse. Un jeune homme se tenait à mes côtés dans le lit. Je profitais que le soleil n’était pas complètement levé pour me repaître.

Après cela j’ai quitté le monde des hommes. Un instinct me poussa à fuir toute forme de civilisation. Je regagnais le cœur de l’Europe, m’abritant dans les grandes forêts qui la parcourait, vivant comme un animal, courant nu dans les bois, chassant mes victimes sans chercher le plaisir de la chair.

Mon corps changeait, la vie grandissait en moi, la vie d’un être exceptionnel dont le monde se souviendrait.

Enfin vint le jour de la délivrance, l’être que je portais en moi naquit en m’apportant une nouvelle sensation de la chair, une sensation horrible et délicieuse à la fois. C’était lors d’une magnifique nuit de pleine lune, je me souviens des loups qui hurlèrent à la mort lorsqu’il cria pour la première fois.

Ainsi j’avais accompli mon destin, j’avais permis au démon d’être chair afin d’assouvir son règne en ce monde dépravé qui n’attendait que lui. Et comme n’importe quelle mère de ce monde, je regardais avec amour ce démon, futur roi de ce monde, boire tranquillement le sang de mon sein.

Fin

 

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