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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Sef

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Pour l'humanité
(1/4)

Insignifiant, c’était le mot idéal pour symboliser ce que représentait le cargo intersidéral face à la monstrueuse Géio, la géante de gaz.

Assez éloigné pour ne pas être happé par la gigantesque force de gravité, l’appareil continuait sa course en longeant la magnifique boule gazeuse aux couleurs fantasmagoriques. L’observateur avait la sensation que l’astronef naviguait très lentement, alors qu’il s’engagea à plusieurs milliers de kilomètre seconde dans l’orbite du troisième satellite de Géio, son objectif final.

Géio III n’avait rien de bien particulier. Composé de roches dont la composition était des plus banale, sans atmosphère et extrêmement éloignée de son soleil, la vie n’avait jamais eu aucune raison d’y prendre demeure.

L’aspect extérieur était celui d’une planète morte, et le seul élément intéressant était la vision qu’on y avait de Géio, dont le ballet de ses multiples mers de gaz était de ces spectacles dont le souvenir vous fascinait tout une vie.

L’astronef aux couleurs rouge et or passé depuis des décennies, et qui ressemblait à une part de gâteau métallique orné de multiples excroissances, effectua sa mise en orbite autour du satellite. Il s’approchait lentement de la surface, survolant d’innombrables chaînes de montagnes ornées de multiples cratères. Suivant une trajectoire prédéfini, il avançait indéfectiblement vers un point blanc situé très loin droit devant lui. Le point blanc s’agrandissait rapidement à mesure que le vaisseau s’approchait, et l’on put finalement deviner les contours d’une importante station planétaire.

Le lieu était sombre, ovoïde, sorte d’œuf rempli d’instruments, de consoles, de divers câbles, de sièges qui semblait servir, cernait, relier et asservir l’être pensant censé être le maître à bord. Quelle que soit le but de tous ses instruments de toutes sortes, ils contituaient la panoplie essentiel à l’intérieur d’un poste de pilotage d’Emmeridion.

“Base humaine de type Nexus identifiée. Aucune activité repérée. Atteindrons le point de rendez-vous dans sept minutes exactement.” C’était une voix de femme qui venait de s’exprimer, la voix synthétique et suave de l’intelligence artificielle qui gérait une grande partie des fonctions du cargo. Son nom était Orga, elle venait de s’adresser à la seule personne présente dans le cockpit.

C’était un homme d’à peine trente ans, plutôt bien fait de sa personne selon les standards humains. Ses vêtements, relativement fonctionnels sans être inesthétiques, ne ressemblaient à aucun uniforme et il ne portait aucun signe de reconnaissance. L'on pouvait remarquer qu’il portait un collier orné d’une petite sculpture de métal. Celle-ci représentait un vaisseau spatial endommagé. Aussi curieux que cela puisse sembler, il s’agissait d’un des signes de reconnaissance des récupérateurs, les marginaux de l’espace, ces voyageurs solitaires à la recherche de bases et vaisseaux abandonnés, volontairement ou non. Abonnés aux long voyage à travers les espaces plus ou moins paisibles, ils ne revoyaient leurs semblables, pour le meilleur ou pour le pire, que lors des périodiques marchés Solariens.

- Je confirme l’approche, dit-il sur un ton neutre. Enclenche les senseurs faciaux tandis que je vérifie les données topographiques. Janders Holf, car c’est ainsi que l’homme s’appelait, s’affairait sur sa console tandis que la base devenait gigantesque par delà la verrière.

C’est à ce moment que le sas s’ouvrit, laissant apparaître la seule véritable lumière dans ce cockpit sombre et blafard ; Naya. Elle était belle, de longs cheveux noirs ondulants autour de son tendre visage magnifiquement orné de grands yeux verts expressifs, ils vous transmettaient de la douceur avec tant d’intensité que cela vous troublez au premier regard. Son corps pulpeux était vêtu d’une incorrecte tenue jaune qui moulait la moindre de ses courbes. L’on pouvait aussi remarquer la ceinture qui accentuait l’échancrure de ses hanches, alors que de fines chaussures mettaient en valeur la délicatesse de ses tendres pieds. Sa démarche était plus qu’appréciable, son corps souple lui procurait des gestes délicats et fluide. Rien en elle ne semblait automatisé, l’impression de naturel s’imposait, et c’est lascivement qu’elle s’installa dans le fauteuil de copilote, à quelques centimètres de la gauche de Janders.

- As-tu envoyé une sonde de repérage ? Demanda-t-elle d’une voix suave et douce.

- Pas encore, dit-il sans vraiment lui prêter attention.

- Alors je m’en occupe. Aussitôt dit, Naya actionna une commande et lança verbalement l’ordre à Orga. Une petite trappe s’ouvrit alors sur le ventre du vaisseau, laissant tomber une petite sonde autonome qui enclencha ses fusées, se stabilisant avant de dépasser rapidement le cargo pour atteindre la base en quelques secondes.

- Sonde lancée, annonça Orga.

- Je prends les informations, dit à son tour Naya. Tendant son bras vers son pupitre, elle ouvrit une petite trappe, décrochant et amenant vers sa nuque un câble fin. D’une légère pression des doigts, elle dégagea un morceau de peau qui laissa apparaître une fiche métallique. Elle y brancha le câble.

Le cargo venait de se poser. Il avait usé de ses rétrofusées et délicatement avait touché une immense plate forme située au bord de la base.

Janders inspectait visuellement les bâtiments face à lui. Un sas d’entrée se devinait facilement par sa forme symbolique et ses multiples points d’ancrages.

- Que dit la sonde ? Demanda-t-il en se tournant vers Naya.

- L’analyse spectrographique indique que la composition de l’air est correct pour des humains. La température est de moins cinq degrés, ce qui reste convenable. Il semble que la biosphère soit toujours en activité. C’est en tout cas la seule raison qui explique qu’il y ai toujours une atmosphère parfaitement saine pour des humains. De plus il y a toujours de l’énergie en activité, or elle sert bien à quelque chose. Et je ne parle pas de la température qui devrait être beaucoup plus basse. Naya avait dit cela d’un ton très banal, sans que le transfert de données ne gène ses facultés d’expressions et son comportement humanoïde. C’était à n’en pas douter l’un des meilleurs modèle de Naïade.

- Parfait, ça changera des autres fois. Je vais préparer le matériel. Pendant ce temps raccorde-nous à la base.

Janders sortit de la passerelle, puis Naya se débrancha et alla s’installer à un autre pupitre. Elle obéissait toujours sans protester, sans hésiter, d’abord parce qu’elle possédait une programmation qui l’empêchait d’agir autrement, ensuite parce qu’au fond d’elle-même, elle était persuadée d’aimer Janders, sans s’inquiéter de ce que pouvaient bien en penser les somités de l’intelligence artificielle.

- Envoie la passerelle mobile, dit-elle à Orga tout en vérifiant la manœuvre sur son moniteur. Un long serpent métallique sortit alors de la face avant du cargo, se dirigeant lentement vers le sas précédemment repéré.

- Jonction effectué, aucun problème d’étanchéité repéré, annonça Orga à la fin de la manœuvre.

- O.K., fit Naya. Tu garde les senseurs du sas en alerte et tu continus l’analyse des relevés de la sonde. Tu me préviens au moindre problème par liaison direct.

- Certainement Naya, répondit Orga. Alors Naya quitta à son tour la passerelle.

Naya et Janders étaient à l’intérieur de la station, le corps bardés d’appareils en tout genre qui leurs donnaient l’allures de deux soldats prêt à la guerre. Ils portaient entre autres des vêtements thermiques autonome, des lampes, des senseurs divers et des lunettes de vision nocturne. Ils étaient à peine gênés par une gravité légèrement supérieure à celle de la terre.

Ils commencèrent leur périple dans le long dédale de couloirs. La base n’étant pas en totale inactivité, il leur suffisait d’user de passe-partout électronique pour ouvrir la plupart des portes. Cette difficulté en moins et grâce à l’expérience de Janders, ils trouvèrent assez facilement le centre de contrôle de toute la station.

C’était un immense dôme normalement ouvert aux étoiles. Mais les volets de protection étaient fermés et imperméable à toute lumière extérieure. La circonférence alignait pupitre sur pupitre, tous évidemment éteints, mort et terne sous la poussière. Au centre de la pièce cylindrique s’érigeait le bloc de contrôle principal. Son pupitre le plus haut et le plus imposant était directement relié à un ordinateur Pulsar de la trentième génération.

Janders monta jusqu’au pupitre central et s’installa à son siège. Seule une clef électronique détenue par le responsable de la base pouvait normalement remettre en activité le pupitre. Mais Janders possédait mieux que cela, un calculateur quantique des plus efficace.

Suite.

 

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