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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Sef

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Pour l'humanité
(2/4)

Introduisant celui-ci dans la fente destinée à la clef, Janders n’eut qu’à laisser faire le calculateur. Au bout de quelques instants le pupitre s’éclaira et sur son écran on put lire :

- PUPITRE DE COMMANDE ACTIVE.

- ORDINATEUR PULSAR PRET A ETRE ACTIVE.

Naya rejoignit Janders lorsque celui-ci mit son doigt là où se trouvait le mot “ACTIVE”. Aussitôt, le bruit d’une importante activité électrique leur parvint. L’immense ordinateur venait d’être remit sous tension normale. Un nouveau message s’inscrivit sur l’écran :

PULSAR PRET A RECEVOIR LES INSTRUCTIONS.

- Quantité d’énergie en réserve ? Demanda alors Janders.

- Vingt pour cent de la capacité maximale, dit alors une voix d’homme. La même phrase s’inscrivit sur l’écran.

- Les accumulateurs sont-ils en état de fonctionner ? Demanda Naya dont l’initiative était aussi l’une des qualités.

- A quatre vingt pour cent.

- Alors remise en fonction, dit tout simplement Janders. Cette fois le Pulsar ne répondit rien. Sur l’écran s’inscrivit simplement la phrase suivante : accumulateurs réactivés. Puis tout disparu. Alors Naya s’installa sur un pupitre placé devant celui de Janders, ceci afin de prendre part au contrôle des opérations.

- Remise en fonction de l’éclairage, dit alors Janders. Aussitôt toute la salle fut remplie d’une éblouissante lumière blanche. Les lunettes de Janders et Naya se désactivèrent à l’instant même, car autrement leurs rétines auraient put être blessé par la surintensification de la lumière. Ainsi ils retirèrent leurs lunettes et se retrouvèrent dans une chaleureuse lumière.

Naya demanda une augmentation de la température à vingt degrés, espérant pouvoir retirer au plus tôt ses lourds vêtements thermiques.

- Dommage que ces consoles ne puissent communiquer directement avec moi, dit Naya un léger dépit dans la voix. Je vais devoir tout vérifier visuellement. Ainsi, tandis que Janders était autrement occupé, une grande quantité d’informations défila rapidement sur l’écran de Naya. Il y en avait bien trop, malgré ses facultés cybernétiques, pour qu’elle puisse tout lire attentivement. Mais malgré la cadence, elle réussit à stopper net une information qui la laissa stupéfaite.

Janders, au bout de quelques instants, se rendit compte que Naya était littéralement figée devant son écran.

- Mais qu’il y a-t-il !? Demanda-t-il perplexe. Alors Naya se retourna, lentement, complètement ébahie. Malgré son bouleversement qui avait complètement changé les délicats traits de son visage, elle parvint à parler, non sans une certaine angoisse dans la voix. "Il y a un être humain en hibernation. Une femme, pas une bio-synthétique, une vraie…"

Le tissu organique de couleur bleue recouvrait entièrement son corps tel une deuxième peau. Elle était inerte, presque morte si ce n’était les léger spasmes très étirés de la respiration, allongée dans une cuve cylindrique remplie d’un liquide physiologique verdâtre. Un masque respiratoire recouvrait en partie son visage, tandis que des tubes et câbles aux différentes fonctions étaient reliés à divers endroits de son corps.

Malgré tout cet amas d’appareillage, l’on pouvait se rendre compte qu’il s’agissait d’une belle femme, ne serait-ce qu’en tenant compte de son corps assez bien galbé. Pour l’instant, il était plus difficile de juger son visage, mais c'était pour l'instant un soucis moindre pour Janders et Naya.

Naya s’accroupit à coté du cylindre, lisant les indications fournies par les multiples afficheurs. Janders était quant à lui tellement fasciné par la femme que sa respiration s’en était accélérée, tandis que son visage était devenue livide à cause du stress.

Naya manipula quelques instruments, et après un bref instant l’on entendit le bruit provoqué par le déversement du liquide physiologique.

- Je viens de lui envoyer la solution de réveil, expliqua Naya. Le respirateur artificiel va progressivement augmenter son rythme de fonctionnement. Janders ne répondit rien, toujours aussi subjugué, et lorsque le liquide eut fini de se vidanger complètement, Naya entreprit d’ouvrir le cylindre.

Délicatement elle arracha le tissu organique jusqu’à auteur du cou, laissant en partie apparaître un délicat visage auréolé d’une superbe chevelure blonde.

- Elle est magnifique, dit alors Janders avec tant de douceur dans la voix que Naya en fut pétrifiée d’effroi. Elle le regarda avec une gravité qu’on aurait imaginée impossible sur un visage aussi doux que le sien.

Janders avait le regard fixé sur la femme tel un enfant sur le plus magnifique des jouets. Naya, qui était toujours accroupis à coté du cylindre, se releva, réussissant grâce à un effort intense à retrouver une expression neutre sur le visage, sans toutefois retrouver son habituelle douceur.

- Nous n’avons plus rien à faire ici, dit-elle alors à Janders. Nous n’avons plus qu’à attendre que le système de surveillance nous prévienne, lorsque sa respiration aura atteint un rythme normal.

- D’accord, je viens, dit alors Janders sans avoir vraiment écouté ce que venait de lui dire Naya.

Naya lisait les fichiers transférés de la base au cargo lorsque Janders vint la rejoindre. Plusieurs heures avaient passée et il avait changé d’attitude, il semblait beaucoup plus serein.

- As-tu retrouvé quelque chose ? Demandait-il à Naya qui semblait aussi plus calme.

- Des bribes d’informations, rien de vraiment important. Il semble que la base a cessé toute activité il y a deux périodes.

- C’est assez long pour une hibernation, dit Janders tout en s’asseyant.

- Disons que c’est peu courant. Sinon d’un point de vue technique cela n’est pas extraordinaire. De plus, selon son rapport médical elle avait 28 ans au moment de l’hibernation et était en excellente santé. Autrement tu as prévenu la fédération ?

- Evidemment. J’ai tout de même évité de dire que nous avions déclenché le réveil.

- C’était un risque inutile. Imagine ce qui nous arrivera s’il y a le moindre problème. Naya était plus que sérieuse en disant cela.

- N’est-ce pas toi-même qui a déterminé que les possibilités de complication étaient de l’ordre de un sur deux cents mille ?

- Bien sûr, mais ce n’est pas pour autant la possibilité zéro. Quoi qu’il en soit cela est fait. Quand seront-ils là ?

- Dans quinze jours maximums. La base d’Erensec n’est pas...

Orga interrompit soudainement Janders en diffusant le message suivant : ”La femme vient de se réveiller.”

- Est-ce que ça va ?

- Oui, répondit la femme à Naya avec difficulté. Aussitôt réveillée, Naya lui avait retiré du corps tout ce qui la reliait à la cuve. Puis le tissu organique retiré, elle l’avait amené à l’infirmerie et l’avait soigneusement installée sur l’un des nombreux lits. Délicatement, Naya amena une boisson chaude à sa bouche, l’aidant à avaler un liquide aussi agréable que bénéfique.

Naya alla ensuite visionner son écran de contrôle, non loin du lit, puis revint vers la femme.

- Les analyses indiquent que toutes vos fonctions vitales reprennent leurs activités normalement.

- Je me sens tout de même très lasse, dit la femme d’une faible voix.

- On ne sort jamais d’une hibernation en pleine forme. C’est tout à fait normal. Naya esquissa un léger sourire, comme pour rassurer la femme sur son état.

- Mais dites-moi, vous ne portez pas l’uniforme de la corporation ?

- C’est normal, je n’en fait pas partie.

- Mais dans ce cas, que faites-vous ici ? La femme, sans vraiment avoir peur, semblait avoir soudainement perdu toute confiance en Naya.

- C’est à dire qu’il y a eu un problème, répliqua Naya en gardant son sang froid afin d’éviter toute panique chez la femme.

- Quel problème ? Demanda alors la femme avec un effort dont la conséquence se ressentit de suite. Elle dut fermer les yeux car ses forces la quittaient. Naya ne s’en affola guère, c’était une réaction normale.

- Voyez-vous, Jaseline, vous êtes pour l’instant très faible. Votre organisme ne s’est pas totalement relancé, c’est pourquoi je préfère attendre avant de vous expliquer ce qui s’est passé. Ainsi, si vous êtes d’accord, je vais vous laisser vous reposer. Comme vous pouvez le constater (Naya montra la salle vide autour d’eux), rien ne vous empêche de faire ce que bon vous semble. Vous pouvez même me contacter à tout moment par le canal 33. Quand vous irez mieux, demain probablement, je vous expliquerai tout ce que vous voudrez. Etes-vous d’accord ?

La femme réfléchit quelques instants, scrutant Naya et la salle vide autour d’elle.

- Et bien je crois que oui, répondit-elle finalement, trop lasse pour riposter.

Jaseline, revêtue d’un uniforme rouge des plus banal, était confortablement installée sur un canapé cylindrique entourant une petite table. Tout cela se trouvait à l’intérieur d’une petite pièce très lumineuse dont le seul but semblait d’être confortable à ses hôtes.

L’endroit était immaculé d’une couleur blanche significative et reposante, et effectivement, Jaseline semblait au mieux de sa forme. Elle observait autour d’elle, arborant l’attitude distinctive de quelqu’un qui attend.

La porte s’ouvrit comme pour combler son attente, et Naya apparut toujours aussi belle, si ce n’était cet étrange masque qu’elle portait depuis la découverte de Jaseline afin de cacher ses sentiments. Quoi qu’elle fasse pour le rendre imperceptible, un grand bouleversement avait eu lieu au plus profond d’elle-même.

- Bonjour Jaseline, dit-elle avec un sourire en s’asseyant face à elle.

- Bonjour Naya, répondit Jaseline avec un sourire plus atténué. Puis elle s'assit sur le canapé, à peu près en face de Jaseline.

- Bon, comme convenu, je suis ici afin de vous expliquer pourquoi ce n’est pas l’équipe rouge qui est venu vous réveiller.

- J’avoue attendre avec impatiente vos explications.

- Cela est en fait relativement simple. Vous êtes restée en hibernation plus longtemps que prévu. Naya, tout en disant cela, observait attentivement la réaction de Jaseline. Celle-ci reçut l’information avec un grand étonnement, il semblait que cette option ne faisait pas partie des possibilités qu’elle avait envisagée.

- Et combien de temps suis-je donc restée en hibernation ? Jaseline attendait la réponse avec fébrilité, et l’angoisse avait vite pris la place de sa relative quiétude.

- Deux périodes, dit finalement Naya.

- Bon sang ! Je ne devais rester ici que deux années standards. Jaseline semblait s’effondrer totalement.

- Pourriez-vous me raconter la raison de votre hibernation ? Demanda alors Naya dans le but d’empêcher Jaseline de s'engouffrer dans la panique, angoisse toute légitime que pouvait causer la catastrophe personnelle que représentait une si longue hibernation.

- Et bien oui, si vous voulez, répondit Jaseline au bord des larmes. Je suppose que vous savez à quoi sert, ou plutôt servait ce type de base ?

- Oui, cette base était un observatoire astronomique, ainsi qu’un centre de recherche biochimique.

- Cela est exact, et normalement la mission de cette base n’avait pas de limite dans le temps. Seulement la Terre signa avec les Féodiens le traité d’Assungac. Il accorda aux Féodiens le retrait de toutes les colonies humaines dans le secteur Yéta, donc des membres de cette station. Comme le départ devait être rapide, nous avions obtenu l’accord de laisser une personne sur place pour vérifier la biosphère et les générateurs durant un mois standard.

- Et pourquoi donc ? S’étonna Naya.

- Les scientifiques humains et féodiens s’étaient mis d’accord pour que la biosphère soit maintenue en parfait état de fonctionnement. C'était histoire de venir voir comment elle aurait évolué au bout d’un certain nombre d’années en parfaite autonomie. Comme je ne voyais pas de danger dans cette mission, et que je suis particulièrement impliquée par la biosphère... Jaseline s’interrompit, se perdit dans ses pensées puis dit : « je suis biochimiste ».

- Je sais, dit Naya. J’ai consulté votre dossier.

- Donc, étant donné cela, je me suis portée volontaire pour effectuer cette mission. Et au regard de mon dossier je fus choisie parmi la dizaine d’autres candidats. Ainsi la base fut abandonnée, et je restais seule afin d’assurer l’automatisation du système de maintenance de la biosphère. J’avoue n’avoir eu aucun problème. Donc, au bout de deux mois, je me suis mise comme prévu en hibernation. Comme cela est une chose courante, je me suis endormie sans aucune crainte. J’ai bien eu tort.

- De toute manière personne n’étant venu vous chercher. L’hibernation était pour vous le seul moyen de survivre.

- Mais justement, pourquoi ne sont-ils jamais venus ?

- Une guerre.

- Une guerre ? !

- Oui. Voyez-vous le traité avec les Féodiens n’a durée que quelques mois, je ne sais pour quelle raison oubliée. Mais vous pourrez l’apprendre plus tard. Quoi qu’il en soit, tout cela a entraîné une guerre relativement longue et destructive. En effet beaucoup de vaisseaux, et hélas leurs équipages entiers, ont été détruit dans des embuscades de grandes envergures. On peut supposer que le transporteur qui rapatriait le personnel de cette station, fut détruit durant l’une de ces attaques. Surtout si l’on tient compte qu’entre ses sauts en hyperespace, il a dû voyager en vitesse subluminique en plein territoire Féodien

Suite.

 

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