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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Sef

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(1/2)

Je ne sais plus quoi penser, d'ailleurs j'en viens à me dire que penser ne peut m'apporter que de l'angoisse. Mon meilleur ami est en dans un asile, considéré par le professeur Martens comme un schizophrène, un dément qui ne sait plus faire la différence entre ses rêves et la réalité, alors que ses rêves sont pires que la réalité. Lui que j'ai connu si sain de corps et d'esprit, lui qui avait tant les pieds sur terre qu'il n'appréciait même pas les effets quelques peu hallucinatoires de la plus légère des drogues. Peut-être ceci cachait-il cela, peut-être aurait-il mieux fallu qu'il s'offre un peu d'évasion dans l'irréel plutôt que de laisser l'irréel se fondre dans sa réalité. Quoi qu'il en soit, il est désormais dans un stade avancé de maladie mentale, et si je dois me fier à ce que m'a dit le professeur, jamais il ne pourra se débarrasser totalement de ce trouble. Lui le non partisan des drogues, destiné à être un drogué à vie pour rester dans la réalité. Décidément, cela donne à croire que le monde n'est vraiment qu'une grande mascarade. Reste à savoir qui manipule tout cela.

Il y avait déjà dix sept jours que cela avait commencé, en tous cas en ce qui me concerne. La journée s'était passée dans la plus totale tranquillité, ce qui est mon lot depuis que je me suis retiré en campagne. J'avais comme à l'habitude effectué quelques travaux d'entretien dans ma propriété. Puis le soir venant, je m'étais nourri délicieusement avant de me lancer dans la lecture d'un bon roman.
Tandis que le feu crépitait à mes côtés, la musique de Malher me tenait compagnie alors que je parcourais un superbe récit plein de rebondissement, loin de m'attendre à ce que le prochain ait lieu dans ma propre demeure.
Il est évident que lorsque l'on frappe violemment à vôtre porte en même temps que l'on crie vôtre nom, la soudaineté de l'événement ne vous rend pas indifférent. Heureusement, fort de mes 95 kilos tout en muscle, ou presque, je n'hésitais pas trop longtemps avant de me diriger vers la porte d'entrée, et de regardez par le judas. Je crus de suite être en présence d'un énergumène insociable dont il valait mieux que je trouve le moyen de me débarrasser au plus vite. L'homme, pour autant que je pouvais le voir à la lumière de ma lampe de palier, était décoiffé, débraillé, et surtout arborait une grimace qui ne vous donnait pas envie de faire plus ample connaissance. Le problème, si s'en fut vraiment un, fut qu'au bout de quelques secondes d'observations, je reconnu derrière cette horrible grimace Luc Damien, qui n'est ni plus ni moins que mon meilleur ami. Déboussolé par cette reconnaissance, j'ouvris immédiatement la porte, et ce qui n'était plus que l'ombre de Luc me tomba dans les bras, pleurant et tremblant comme un enfant.
Lui qui était toujours en pleine forme et vigoureux, n'était plus qu'une masse flasque et sans force aux traits tirés et convulsés. Vérifiant son intégrité physique, je l'assis sur le fauteuil et allais lui préparer une tisane tout en ne cessant de lui parler, afin d'être sûr de garder le contact avec lui. Il me répondait tant bien que mal, mais commençait tout de même à se calmer.
- Luc, veux-tu que je t'emmène voir un médecin ? Lui demandais-je après qu'il eut bu la tisane.
- N…non, je voudrais…seulement…me reposer…oublier. Quoi qu'il voulut oublier, j'étais le témoin des conséquences, loin de m'imaginer que le seul responsable de tout ceci était lui-même.
J'accédais à sa demande, et j'allais aussitôt préparer la chambre d'ami. Je sais que cela n'était pas très prudent, je ne suis pas médecin. Mais j'étais persuadé, à juste titre comme l'avenir le confirmera, qu'une bonne nuit de sommeil ne pouvait que lui être bénéfique. Je décidai tout de même de le veiller par intermittence durant la nuit, et je le vis se débattre ardemment avec des cauchemars que j'étais heureux de ne pas partager.

- On dirait que tu vas mieux ? Lui dis-je le lendemain matin, surpris de le voir venir me rejoindre dans la cuisine tandis que je prenais le petit déjeuner. Il arborait déjà une bien meilleure mine.
- Merde, c'est à peine si je me souviens être arrivé ici. J'étais dans quel état ? Il vint s'asseoir à côté de moi.
- Triste, et je pèse mes mots, tu ressemblais à un enfant qui sortait du pire cauchemar qu'on puisse imaginer. Quand je prononçais le mot " cauchemar ", il se figea et se perdit dans ses pensées.
- C'est peu dire, dit-il en me lançant un regard profondément troublé.
- Tu veux manger quelques chose ? lui proposais-je alors dans le but de dévier ses pensées de ce qui le perturbait, en attente d'un meilleur moment pour en savoir plus.
- Heu, oui, je prendrais bien un café avec des biscottes.
- Tu es sûr de vouloir du café dans ton état ?
- Merde, tu as raison, je vais plutôt me mettre au chocolat ce matin. Puis on laissa filer la matinée comme cela, évitant tout les deux d'aborder un sujet pour l'instant trop délicat. Je décidais de le laisser ainsi tranquille durant une semaine. Je n'avais aucune obligation, et je fis en sorte de lui faire oublier les siennes, le persuadant sans difficultés qu'il serait mieux à se reposer chez moi. Ceci nous permettrait également de rattraper les derniers mois où nous nous étions quelques peu perdu de vue.

Je le vis aller mieux de jour en jour, bien que j'observais des signes évidents de ce qui le perturbait. Je remarquais particulièrement que lorsque nous étions à l'extérieur, ce qu'il évitait d'ailleurs, il regardait incessamment autour de lui, comme semblant craindre que quelqu'un ou quelque chose puisse surgir à tout moment. Mais nous étions dans une propriété tranquille dans une campagne tranquille, et les journées se succédèrent avec leurs tranquillité.

Ce fût lui qui fît le premier pas. C'était le samedi matin après que nous ayons terminé de déjeuner. Comme à mon habitude, je m'étais assis sur mon fauteuil pour lire mon roman du moment lorsque Luc, qui était assis face à moi, parla.
- Gabin, je crois qu'il est temps que je t'explique ce qu'il s'est passé. Il dit cela avec la mine d'un chien abattu. L'effort qu'il fournissait pour parler était palpable, il lui en coûtait beaucoup.
- Seulement si tu le désirs vraiment, lui dis-je afin de montrer clairement qu'il ne devait nullement se croire obliger de quoi que ce soit envers moi.
- Ce n'est pas un désir. C'est une nécessité. Si je garde cela trop longtemps pour moi, je crois que je vais devenir dingue. Il s'énervait en disant cela, il se battait contre lui même, et c'était un terrible combat.
- Alors vas-y, et sois certains que je serais ton confident le plus neutre, que je ne suis ni ton juge ni ta conscience. Comme je l'ai toujours dit l'amitié est constituée de sentiments sincères, et non d'intérêts calculés.
- Je ne doute pas de ton amitié, c'est elle qui me pousse à me confier à toi. Seulement cette amitié a peut-être un prix que tu vas payer ce soir. J'espère sincèrement ne pas te transmettre un trop lourd fardeau, mais tu es la seule personne que je connaisse à qui je peux le confier. Non seulement car tu ne vas pas me juger, mais aussi parce que tu as les épaules assez solides. Ses lèvres tremblèrent légèrement, et les larmes étaient au bord de ses yeux lorsqu'il me transmit ses paroles si sincères qu'elles ne pouvaient être que celles d'un ami. J'en fus profondément troublé.
- Je t'écoute, dis-je alors simplement car il n'y avait plus rien d'autre à dire. Plongeant son regard vers le sol, il prit alors une profonde inspiration avant de me livrer le récit qui suit.

C'était il y a un mois, le 10 février exactement. J'avais reçu l'appel d'un ami, Manuel, que j'avais connu lorsque j'étais encore dans la police. Il savait que j'avais quitté la maison, mais que parfois je mettais encore mon nez dans des affaires ici ou là. Il voulait que je rencontre une de ses connaissances, qui bien sûr avait un problème qu'elle voulait me confier. Enfin, comme j'avais fini un chantier peu de temps avant, et que j'avais du temps libre devant moi, je me suis dit que je n'avais pas grand chose à perdre d'aller voir ce que voulais cette femme.
Je préfère ne pas mentionner son nom. Ce n'est pas que je ne veux pas trahir son anonymat, je souhaite seulement t'empêcher de te plonger dans cette histoire en te fournissant des informations précises. Disons que c'est une femme de classe moyenne, la quarantaine bien conservée, quoique les traits tirés par la nicotine et le stress. Mariée à un type banal, du genre train train quotidien, boulot bien payé mais qui parfois doit oublier qu'il a une famille. C'est triste à dire, mais elle connaît certainement mieux les personnages des séries télé que son propre mari. Sinon deux enfants en sortie de l'adolescence, donc le temps de profiter d'un second souffle qu'elle épuise en partie dans les bras de Manuel. Seulement il y a un " hic " qui l'empêche de dormir correctement, et c'est ce " hic " qu'elle voulait m'exposer. Je décidais de lui fixer un rendez vous dans un bar de Montmartre.
Elle fût ponctuelle, élégante sans être trop voyante. Elle voulait plaire, mais pas au point d'être vulgaire. Comme j'avais fait savoir de quelle manière je serais vêtu, ajouté a ma description qu'avait dû lui fournir Manuel, elle vint vers moi sans trop d'hésitation.
- Monsieur Damien ?
- Oui, je suppose que vous êtes la personne qui veut me parler d'un soucis personnel ?
- C'est exact.
- Dans ce cas asseyez-vous, dis-je en désignant le siège face à moi de la main. Puis je fis signe au serveur de venir prendre sa commande tandis qu'elle s'asseyait. Elle commanda un simple café, tandis que je continuais à déguster une délicieuse blonde.
- Je suppose, monsieur Damien, que nombre de personnes doivent espérer que vous puissiez résoudre leur petits soucis personnels, dit-elle d'une voix qui avait dû être douce avant de voir passer des tonnes de nicotine.
- Vous savez, en général il y a peu de petits soucis. Il y a hélas bien plus de malheurs qui frappent les gens qu'on ne se l'imagine.
- J'espère dans ce cas que mon problème ne vous paraîtra pas trop bénin.
- Les soucis sont souvent bénins par leur causes. Ce sont les conséquences qui sont lourdes à porter.
- Oui, dit-elle pensive. Dans mon cas les conséquences ne retombent qu'indirectement sur ma personne. Ce n'est d'ailleurs que parce la personne concernée m'est proche que j'en suis affectée.
- Proche à quelle degré ? L'on tournait autour du pot, il était temps de rentrer dans le vif du sujet.
- Ma sœur, ou plutôt ma demi-sœur. Elle est née du deuxième mariage de mon père et comme j'avais dix sept ans à sa naissance, je m'en suis occupée comme une seconde mère.
- Et qu'est-il donc arrivé à votre sœur ?
- Elle est sous l'emprise d'une secte. J'avoue que là j'étais bluffé, c'était si banale que je me suis retenu de ne pas lui dire : " c'est tout ".
- Je dois vous prévenir de suite qu'il est difficile de sortir quelqu'un d'une secte. La manipulation mentale est quelque chose d'ambigu à combattre, aussi bien sur le plan légal que sur le plan psychologique. Je ne peux pas me prononcer sans avoir plus de détail, mais je dois vous dire que je ne suis pas la personne idéale pour ce genre d'histoire.
- Je ne désire pas que vous sortiez ma sœur de cette secte. Je sais très bien que c'est quasiment impossible sans un gros travail psychologique sur elle. Je voudrais seulement que vous mettiez à jour la secte qui la manipule afin qu'ensuite nous puissions la combattre.
- Je ne comprends pas trop, dites m'en plus.
- Cette secte, actuellement, n'est connue de personne.
- Dans ce cas comment la connaissez vous ?
- Justement, c'est en cela que j'ai besoin de vous. Tout ce que j'ai en ma possession ce sont des lettres de ma sœur. Elle sortit alors un paquet de lettre de son sac à main. " Il y a six mois, ma sœur a rencontré un jeune homme avec qui elle est partie passer ses vacances dans le Midi. Ils sont partis pour quinze jours dans un centre de remise en forme, le type grosse structure qui pompe le fric des gens qui veulent perdre deux centimètres de tours de taille, le tout sans rien faire et en se purifiant si possible. Ma sœur a toujours eu l'habitude de m'écrire, une habitude de jeunesse, même si elle n'a pas toujours été régulière. De ce fait, j'ai suivi un peu comme un feuilleton son séjour là bas. D'abord rien de bien particulier, le lieu semblait trop idyllique pour être vrai, mais je supposais qu'il était vu par les yeux d'une jeune insouciante plus ou moins amoureuse. Mais cela changea dès la troisième semaine, alors qu'ils ne devaient y rester que deux. Il y eu un changement presque radical dans le ton de sa lettre. Il y avait une distance presque blessante, et elle laissait traîner ici ou là des phrases plus ou moins philosophiques, des allusions sur notre monde qui se trompait de route et autre bla bla du genre. Cela n'a fait qu'empirer, et au bout d'un mois j'appris qu'elle allait se faire embaucher comme hôtesse, elle qui devait reprendre ses études de sociologie à la rentrée. Je lui téléphonais aussitôt sur son mobile, mais elle ne répondait jamais et ne rappelait pas malgré mes nombreux messages. Je fis alors un courrier, peut-être trop sec il est vrai. Mais de toute façon je n'eus pas plus de résultat avec cette méthode. Depuis, j'ai tenté tant bien que mal de rentrer en contact avec elle. Je me suis même rendue sur le lieux. Mais elle est adulte et fait ce qu'elle veut, et comme elle a refusé de me voir, ce fut un échec de plus. La tristesse avec laquelle elle prononçait les dernières phrases montrait l'attachement légitime qu'elle avait envers sa sœur.
- Je dois admettre que cela ressemble au schéma habituel de l'entrée dans une communauté sectaire. Quoi qu'il faille rester prudent sur le sujet. D'autres personnes de sa famille ont-elles tenté de rentrer en contact avec elle ?
- Notre père est mort. Quand à sa mère, qui n'a jamais été une lumière, e elle vit avec un parvenu qui lui a mis des œillères l'empêchant de voir tout ce qui ne concerne pas ce cher homme. Quant à ses amis, qui n'ont pas plus de contact que moi, ils n'ont pas trop les moyens matériels de faire quelque chose.
- Mais cette société, ce centre de remise en forme, qu'est-ce qui vous fait penser qu'il abrite une secte.
- Secte est un terme bien ambigu, j'avoue l'utiliser peut-être un peu à la légère. En fait il est difficile d'avoir des renseignements sur ce centre. Il n'est fréquenté que par des gens très riches, ma sœur n'a d'ailleurs put s'y rendre que parce qu'elle avait gagné son séjour avec son ami. Ce centre ne fait aucune publicité, le bouche à oreille fonctionne très bien dans certaines sphères de la société. On ne peut quasiment rien savoir sur lui, vous ne trouverez presque aucun document, pas même un dépliant. Vous ne trouvez pas cela étrange ?
- Assez particulier, c'est vrai. Mais les gens fortunés apprécient parfois une certaine forme d'anonymat. Ce lieu est peut être apprécié pour cela. Je ne voulais pas jouer le rabat joie, mais il fallait rester pragmatique.
- D'accord, mais qu'on m'explique alors pourquoi ma sœur, arrivant dans ce lieu, ce met soudain à détester celle qui l'a quasiment élevé ?! Elle s'énervait, ce contenait à peine tant le sujet était sensible.
- Calmer vous, j'essaie seulement de peser le pour et le contre. Il est vrai que cela sonne de manière étrange. C'est vrai que ça attire mon sens de la curiosité.
- Alors vous allez m'aider ? Soudain l'espoir se mit à briller dans ses yeux, je savais qu'il ne fallait pas grand chose pour qu'elle se mette à pleurer.
- Posons les choses. Vous aller me donner tous les renseignements que vous avez sur ce centre de remise en forme, et si cela ne vous gêne pas, les lettres de votre sœur. Je vais étudier tout cela tranquillement, et selon les renseignements que je vais tirer de tout cela, je prendrais une décision.
Je la quittai ainsi, la laissant persuadée que j'allais l'aider malgré mes réticences et mes doutes. Aussitôt rentré à mon appartement, je commençais à lire les lettres de sa sœur. Il est vrai qu'il y avait les signes d'un changement assez conséquent de personnalité. L'on voyait clairement que la personne qui avait écrit les premières lettres n'était pas la même que celle qui avait écrit les dernières. Pourtant c'était bien la même écriture. On pouvait de suite imaginer un tas de raisons à ceci. La plus loufoque supposait qu'on lui avait dicté ses écrits. La plus sérieuse était qu'en découvrant le grand monde, elle avait voulu faire un trait sur sa vie passée, persuadée qu'elle allait rencontrer un riche milliardaire qui allait tomber amoureux d'elle et lui faire vivre une vie de rêve. Parmi toutes ses théories, aucune pour l'instant n'avait l'aval sur l'autre, même si ma connaissance de l'être humain me poussait à pencher pour la dernière. Je passais ensuite à la deuxième phase, le centre. Effectivement, ce centre était bien discret. C'est à peine si je le vis mentionner sur quelques pages du web, en tout cas pas de site officiel. Apparemment, c'était un centre de remise en forme et de thalassothérapie des plus moderne, et aussi l'un des plus chères, ce qui sélectionnait d'office sa clientèle. Voyant que les moyens d'information les plus classiques ne donnaient rien, je donnais quelques coups de fil à d'anciens collègues de la maison, et au fur et à mesure je reçu sur mon ordinateur des informations plus conséquentes. Le centre avait été construit dans les années quatre vingt par des investisseurs privés totalement anonymes. Seul le nom d'une société apparaissait, mais je ne la mentionnerai pas plus que le reste. Il fallait remarquer que le chantier avait réussi à s'implanter dans une zone protégée, ce qui laissait supposer pot de vin et autre magouille tournant autour d'intérêts communs. De plus, le projet avait bénéficié de soutien public alors que ceci n'était pas du tout justifié. Mais rien de plus, et c'est cela qui était le plus curieux. Aucune enquête, pas de contrôle fiscal, pas le moindre problème avec ce centre. Ce lieu, quoi qu'il puisse renfermer réellement, est protégé à un niveau ou à un autre. Il est vrai qu'on a déjà vu des sectes bénéficier de ce genre d'avantages, mais ordinairement elles ne se cachent pas. Elles prônent une pensée, un culte, ou tout simplement un mode de vie, mais encore jamais l'offre de service pour bourgeois en mal de bien être. Rapidement, bien que je préférais sincèrement qu'il s'agisse d'autre chose, je ne pus m'empêcher de penser que tout cet argent ne pouvait qu'amener de près ou de loin une exploitation sexuelle. Argent et sexe faisait toujours bon ménage, et il est facile de lobotomiser quelqu'un à coup de milliers de francs, surtout qu'il existe nombre de substances qui aident à s'engager dans les méandres de la prostitution, quelque soit sa forme. Quoi qu'il en soit, il semblait bien qu'il était nécessaire de poursuivre l'investigation si je voulais en avoir le cœur net.

Une semaine plus tard, je mis les choses au point question finances avec ma désormais cliente. Même si j'étais prêt à faire plus ou moins dons de mes heures libres, l'enquête allait exiger des frais que je ne pouvais me permettre d'assumer. Heureusement, ma cliente avait hérité de son père d'un somme d'argent, qui sans être énorme n'en était pas moins conséquente, et elle me permettait d'en disposer en toute quiétude si cela servait ses intérêts. Je décidais donc de me rendre sur les lieux, mais pas au centre même. Je préférais sillonner les villages alentours, et récupérer des informations locales avant de me jeter dans la gueule du loup. Comme je m'y attendais, les gens du coin étaient peu bavards sur le centre. C'était une manne financière importante pour la région, et nul n'avait l'intention d'en dire du mal. Mais il faut avouer que la plupart ne savait rien, tout simplement. Il leur était presque aussi mystérieux que pour moi, et je ne trouvais personne qui y travaillait, ni même quelqu'un connaissant une personne qui y fut employée. D'après ce que j'avais compris, tout le personnel était composé de gens extérieurs à la région et qui habitait le centre, n'en sortant pour ainsi dire jamais. Cette autarcie me semblait bien étrange, mais elle était pourtant bien réelle.
Heureusement et comme à son habitude, le hasard se mit sur mon chemin et me permit d'en savoir un peu plus, ou plutôt d'augmenter mes suspicions. Je m'apprêtais à quitter un village situé non loin du centre lorsqu'un homme m'aborda. La trentaine, bedonnant et assez grand, il me fît signe qu'il voulait me parler.
- Bonjour, fit-il en me tendant une main virile. Je la serrais alors, constatant que l'homme avait une forte poigne.
- Je vous ai entendu parler du centre avec le vieux Reynaud, vous faîtes une enquête ?
- Je suis journaliste, je prépare un papier sur l'impact des centres de remise en forme sur l'économie locale, dis-je alors pour ne pas le contrarier, certains que cela l'inciterait à me parler ouvertement.
- Ah bon. Personnellement l'économie c'est pas mon truc, tous c'que je peux vous dire c'est que c'est bourré de fric à l'intérieur.
- A l'intérieur ? ! Vous voulez dire que vous avez déjà été à l'intérieur ?
- Bien sûr, je suis chauffeur routier, et j'travaillais dans la compagnie de transport qui leur livre la nourriture, car faut bien qu'y bouffent à l'intérieur.
- Et pouvez vous me décrire l'intérieur du centre ?
- Ha non, ça j'peux pas. Tout c'que je voyais c'était le hangar dans lequel j'pénétrais pour décharger ma marchandise. J'avais le droit d'aller nul part ailleurs, c'est d'ailleurs pour ça que je me suis fait viré.
- Ha bon ? Je jouais l'innocent, c'était le meilleur moyen de le laisser discourir sans avoir à le forcer.
- Ben oui. Un jour qu'j'avais une grosse envie, et qu'y avait personne pour m'indiquer les toilettes, j'me suis mis à les chercher tout seul. Seulement j'suis entré où il fallait pas.
- Auriez vous découvert quelques secrets effroyables ?
- Non, pas du tout, j'ai seulement entrouvert la porte d'un entrepôt trop noir pour que j'puisse y voir quoi que ce soit. Seulement ça a pas plu. Alors je me suis fait virer, et avec les indemnités et tout sans discuter, pour êtres sûr que j'fasse pas d'histoires. Vous pensez bien, dans le transport le boulot ça manque pas, alors ça à plutôt été une aubaine d'une certaine manière. Le pire, c'est qu'finalement j'aurais préféré voir ce qu'y avait dans c'te foutu hangar, au moins j'aurais vraiment su pourquoi j'ai été viré. Après cela, l'homme était parti pour raconter sa vie, mais heureusement je savais comment m'en débarrasser de manière aimable. L'essentiel, c'était qu'il m'avait donner l'envie de savoir qu'est ce qu'il y avait de si mystérieux dans ce centre pour qu'on prenne autant de précaution. Mon imagination venait de s'emballer à vive allure, et c'était la plus fantastique des motivations.
Je passerai les détails concernant l'organisation de mon entrée dans ce centre. Disons que ma cliente avait assez d'argent pour que je puisse y resté deux semaines sans avoir l'air d'être sans le sous. Le reste était juste question de paperasse, de quelques coup de téléphone appropriés, et dix jours plus tard je fus admis dans le centre en tant que Gérard Polme, courtier qui profitait des beaux jours pour se refaire une petite santé entre deux transactions. Il n'y avait pas de problème pour se faire accepter comme client, pas de questionnaire ni autre système de sélection si ce n'était l'argent. Il faut dire que la semaine n'est pas donnée, et jamais pour moi-même je n'aurais mis les pieds dans un tel gouffre financier.
Je fus donc dans la gueule du loup, comme il est approprié de dire en pareil occasion, et je ne doutais pas à quel point ce terme était approprié. L'endroit était impressionnant, mais pas vraiment par sa taille. Le lieu n'avait pas prétention de pouvoir accueillir un maximum de gens, mais il étonnait par son architecture particulière et la modernité des bâtiments. Alors que de l'extérieur le centre n'était qu'une sorte de dôme rabattu sur un côté, de l'intérieur il fourmillait de détails baroques. Tout semblait prétexte à donner du relief à la structure ; un balcon, un escalier extérieur, une passerelle entre deux bâtiments. Tel un château gothique, de multiples sculptures, non de pierre mais de métal, ornaient la moindre fenêtre, la moindre porte, le moindre escalier. Les meubles, des chaises aux armoires des chambres, n'étaient fait que de bois solide de facture artisanale, eux-mêmes recouverts de sculptures en tout genre. Rapidement, je qualifiait cela de gothique post technologique, considération tout à fait personnelle mais qui pour moi reste la meilleure retranscription de ce que j'avais devant les yeux. L'ensemble possédait un charme certain, et la seule vision qu'on en avait laissait comprendre les sommes nécessaires pour y séjourner.
Quant à l'élément humain, je dois dire qu'immédiatement mon impression fut très différente. A peine étais-je à la porte du bâtiment qu'une jeune femme, le corps tout juste recouvert d'une toge blanche, les pieds dans des sandales et les cheveux tenus par un cercle doré, vint à ma rencontre et m'accueillit le plus servilement possible. Cette attitude d'esclave me gêna immédiatement. Je n'avais jamais été habitué à ce que l'on me serve, et j'étais toujours gêné de voir quelqu'un se rabaisser d'une manière ou d'une autre face à moi. Même quand j'eus l'occasion d'avoir des hommes sous mes ordres, j'avais toujours fait en sorte de ne pas confondre respect de l'autorité avec asservissement. Enfin, cette fille faisait son travail et ce genre d'attitude n'avait rien d'exceptionnel pour le moment. Elle m'expliqua très en détail tout les services auxquels j'avais droit, tout en me faisant visiter les parties principales du centre, particulièrement les lieux où se déroulait les activités communes. Elle précisa maintes fois que je devais leur soumettre tous mes désires afin d'être au mieux satisfait. Ce genre d'attitude me faisait penser que ma théorie sur un réseau de prostitution pouvait être la bonne, mais pour l'instant il n'y avait rien d'assez équivoque pour que cette piste se confirme. Je préférais attendre d'être bien installé dans les lieux avant de poser des questions trop directes. Pour l'instant je devais me contenter d'observer, l'action viendrait par la suite.
A un certain moment de la visite, la fille mentionna qu'il y avait des secteurs interdits au public pour des raisons d'hygiène et de sécurité. Elle me montra une porte portant le sigle " interdit ", afin que je sache bien de quoi il s'agissait. Elle m'indiqua qu'en général ces portes étaient fermée et qu'il n'y avait donc pas de raison que l'on y pénètre, même par accident, mais qu'il était de rigueur de le signaler à tout nouveau venu.
Durant cette visite qui pris tout de même un certain temps, j'eus le loisirs d'observer les clients et le personnel du centre. Concernant le personnel, petites toges blanches et sandales étaient de rigueur pour tous le monde, filles et garçons, tous beaux, minces et jeunes. La sélection était évidente, personne ne dépassait la trentaine, et encore, ce devait être bien moins. Tous était assez fin, les hommes, ou plutôt les garçons, étaient relativement efféminés dans l'ensemble. Pas d'attitude véritablement homosexuelle, mais ils étaient à l'évidence habitués à prendre soin de leur corps. Les clients se partageaient en deux grands groupes distincts ; les jeunes pleins aux as venus frimer et prendre du bon temps, et les vieux aigris pleins aux as venus croire qu'ils avaient encore vingt ans et prendre du bon temps. Quant à la proportion hommes-femmes, elle semblait équilibrée.
Il me semblait évident que ce personnel ne pouvait être là que pour le plaisir des yeux, mais rien de vraiment équivoque ne se passait au grand jour. On voyait bien des regards qui s'attardaient sur les jeunes corps, mais il n'y avait la rien de bien particulier. En voyant cela, je me mettais à penser que j'étais peut-être tombé sur quelque chose de gros, mais je me disais aussi que si ce lieu était véritablement un bordel géant, il était étonnant qu'il ai pu connaître une telle pérennité.
Arrivé à ma chambre, ce qui représentait la fin de ma visite, je décidais de mettre à plat tout les éléments recueillis afin de déterminer des théories, ainsi que la voie d'action à suivre.
Je mettais deux grandes théories en parallèles, celle du bordel géant, stupéfiante mais pas impossible avec une corruption bien maîtrisée, et celle d'un système sectaire d'endoctrinement, destiné à faire travailler des jeunes gens sans les payer. Cette deuxième théorie s'opposait cependant à un mystère pour l'instant irrésolu : que pouvait-on raconter à des gens pour qu'ils servent des millionnaires en arborant un grand sourire, et cela sans le moindre sous en contrepartie ? C'était un raisonnement plutôt bancale, mais j'avais appris depuis longtemps à ne mettre aucune théorie de côté tant qu'il y avait des éléments, même légers, pour la soutenir, et la sœur de ma cliente avait par ses écrits montré des signes d'endoctrinement. Concernant cette fille, je n'avais vu personne dans le centre lui ressemblant, mais j'étais loin d'avoir vu tout le personnel.
Après m'être un peu reposé, je décidais d'observer depuis ma fenêtre. Par chance, celle-ci me permettait grâce à la forme cylindrique du centre, de voir la plus grande partie de celui-ci. Sortant mes jumelles de mon sac, je m'installai de façon à être le moins visible possible puis je me mis à observer le moindre détail. Je ne vis rien de réellement particulier. Il y avait bien deux ou trois chambres où il semblait qu'on se laissait aller à des ébats sexuels, et je crus reconnaître la tenue spécifique des membres du personnel, mais je n'avais pas une vision assez nette pour pouvoir affirmer quoi que ce soit.
J'avais gardé en mémoire l'endroit où était censé se trouver la direction, à peu près face à moi, avec un décalage de trente degrés à ma gauche. Il y avait effectivement un grand balcon plus conséquent que les autres, et je restais à l'observer plusieurs minutes. Je voyais des ombres bouger derrière des rideaux assez opaques, lorsque soudain je vis la fenêtre s'ouvrir. Les jumelles me donnaient l'impression d'être si prêt que j'eus un recul dû à l'effet de surprise. Reprenant mon observation, je vis alors une forme longiligne sortir de la pièce et venir s'installer au balcon pour observer la cour intérieure, où la majeure partie des clients se doraient au soleil. C'était une femme immense, sûrement proche du mètre quatre vingt dix. Sa minceur la rendait encore plus grande, sans parler des talons hauts que j'apercevais à travers les barreaux du balcons, et qui la rendait encore plus longiforme. Ses bras interminables prenaient appuis sur la rambarde et, sous l'effet d'une légère brise, ses cheveux longs et fins ondulaient autour de son visage aux traits si lisses qu'ils auraient été parfaits si sa minceur n'en avait trop cassé les angles. Son nez était très fin, sa bouche également, et ses yeux étaient deux fentes à peine distinctes. Elle était très maquillée, trop, et certains traits étaient accentués afin de lui donner un air plus sévère, plus dominant, plus fascinant. Elle était troublante, dans tous les sens du terme. Je ne savais si je devais la désirer ou en avoir peur. Elle était trop androgyne à mon goût, ses seins, petits aussi d'ailleurs, étaient quasiment le seul véritable signe de sa féminité, ses hanches trop fines pour être désirables. Toutefois elle semblait si parfaite qu'elle ne pouvait pas laissez indifférente, et sa finesse était si pure qu'on ne pouvait l'associer qu'à une qualité féminine. En tout les cas sa vision me marqua, et je restais plusieurs minutes à observer ce physique si particulier, mis en valeur par une robe courte et noir moulant ce corps si mince. Elle observait les gens avec une terrible expression de mépris et de domination. Elle me faisait penser à un rapace, l'œil perçant et vif fixant sa proie. Elle avait un regard intelligent et calculateur, et je me mis à penser que si jamais cette femme était destinée à devenir mon adversaire, cela n'allait pas être une partie de plaisir. Si seulement j'avais su… Je n'arrivais pas à définir son âge, elle était jeune d'apparence mais vieille d'expérience, elle était ambiguë à plus d'un terme.
Finalement, la fenêtre s 'ouvrit de nouveau, laissant apparaître pour quelques instants la vision fugace mais magnifique d'un corps pulpeux et généreux. J'eus à peine le temps d'apercevoir cette petite silhouette, ce bout de femme au corps complètement opposé à celui que je viens de décrire. Je ne vis que des courbes, parfaites, idéalement pleines, assez pour donner envie de s'y blottir, de s'y perdre. J'aperçu aussi de long cheveux noirs, mais cette vision de rêve fut rapidement brisée. Mon champ de vision fut bouché par l'autre femme au corps longiligne qui revint vers la fenêtre. Elle retourna dans la pièce à la suite de l'autre femme qui disparu complètement. Je sais que ça peut paraître immature de s'émouvoir autant lorsqu'on est en mission, mais je reste un homme, et la vue de ses deux corps de femmes si fascinants et si opposés avaient déclenché en moi une pulsion qu'il était difficile de contenir. J'essayai de reprendre mes esprits, et pour cela je décidais d'établir un premier plan d'action.

Durant trois jours, je fréquentais la plupart des lieux communs du centre : piscine, bar, salle de spectacle, etc... C'était toujours plus ou moins le même scénario. L'on se prélassait, s'amusait, l'on partait, puis revenait, et à tour de rôle les membres du personnels disparaissaient un certain temps, avant de revenir à leur poste comme si de rien n'était. Par la seule observation ce ces manèges incessants, j'étais persuadé que les relations sexuelles avec les membres du personnel allaient bon train. A cela s'ajoutait qu'en plusieurs occasions des filles, et aussi des garçons membres du personnel, n'hésitèrent pas à acquiescer face à certaines propositions à peine déguisées que je leur faisais. Bien sûr je n'allais pas au bout, je n'étais pas là pour ça et je n'avais pas envie, surtout avec des gens contraints d'une manière ou d'une autre.
J'observais également, ou plutôt je me rendis compte que les sculptures, et autres tableaux que l'on pouvait apercevoir à l'intérieur du centre, répétaient des scènes et des icônes communs. L'animal était le sujet récurant, toutes les sculptures s'y référaient, tandis que les tableaux représentaient des scènes de combats titanesques entre des dieux animaux et des guerriers mythologiques. Je ne savais pas à quel culture spécifique cela se rapportait, il n'y avait pas de référence directe tel que "Siegfried tuant le dragon" ou ; " Thésée affrontant le Minotaure ". D'ailleurs ici il semblait plutôt que c'était les animaux qui étaient victorieux. Pourquoi pas après tout ?
J'aurai alors bien voulu avoir accès à une bibliothèque pour avoir des informations à ce sujet, mais le lieu n'était pas prévu pour qu'on s'occupe l'esprit, et il n'y avait même pas une salle offrant un accès Internet. De toute manière j'aurais laissé trop de trace sur un ordinateur, donc ce n'était pas vraiment un mal. Je décidais d'appeler un ami pour qu'il prenne quelques renseignements. Je pris le risque de l'appeler depuis mon mobile, considérant que les chances pour qu'il y ai en ce lieu le matériel et la logistique nécessaire à la surveillance des appels étaient faible.
Ce fut lors de ma quatrième journée dans les lieux, que je vis pour la première fois la personne qui était la cause de ma présence ici. Elle était tranquillement à la piscine, discutant avec un homme assez âgé qui semblait plutôt apprécier sa compagnie. Elle était en forme, avait les cheveux plus courts que sur la photo que sa sœur m'avait donnée. Elle avait dû s'affiner quelque peu, mais rien de particulier n'était visible. Je l'observais un bon moment. Elle quitta le vieil homme non sans une caresse équivoque à l'épaule, et rejoignit un groupe de jeunes hommes déjà accompagnés d'autres hôtesses du club. Ils quittèrent la piscine au bout d'une bonne demi heure. Je les suivis discrètement, le groupe se séparant en quatre couples distincts. Je fis en sorte de garder en vue celui formé par la sœur, mais je dus me résigner lorsqu'ils se rendirent dans une chambre, certainement celle du jeune homme, puisque nous n'étions pas dans l'aile où se trouvait les logements du personnel. Imaginant ce qu'ils étaient parti faire, je n'eus plus qu'à retourner dans ma chambre afin de réfléchir posément à la situation, étant donné les nouveaux éléments en main.
Je devais me rendre à l'évidence que les choses avançaient lentement, car même si j'avais beaucoup de présomption concernant les activités souterraines de ce centre, je n'avais aucune preuve tangible en main, et il était temps pour moi de décider si je devais agir ou non. Je commis l'erreur, je m'en rendis compte hélas trop tard, de décider d'agir concrètement. Restait alors à savoir de quelle manière. Je pris la décision d'attendre la nuit afin de voir ce que pouvais bien contenir ces fameux bâtiment interdit. Non que je pensais vraiment y trouver quelque chose d'extraordinaire, mais c'était une manière comme une autre de faire avancer cette enquête.
Le train train quotidien voulait que les lieux communs de relaxation ferment à vingt heures, tandis que les bars et restaurants restaient ouverts jusque dix heures. Il y avait également une salle de spectacle qui fonctionnait occasionnellement selon le programme. Ceci pouvait rallonger certaines soirées, mais il n'y avait rien de tel ce soir là.

suite.

 

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