Elles
existent
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Je ne sais plus quoi penser, d'ailleurs j'en viens à me dire
que penser ne peut m'apporter que de l'angoisse. Mon meilleur ami est
en dans un asile, considéré par le professeur Martens
comme un schizophrène, un dément qui ne sait plus faire
la différence entre ses rêves et la réalité,
alors que ses rêves sont pires que la réalité. Lui
que j'ai connu si sain de corps et d'esprit, lui qui avait tant les
pieds sur terre qu'il n'appréciait même pas les effets
quelques peu hallucinatoires de la plus légère des drogues.
Peut-être ceci cachait-il cela, peut-être aurait-il mieux
fallu qu'il s'offre un peu d'évasion dans l'irréel plutôt
que de laisser l'irréel se fondre dans sa réalité.
Quoi qu'il en soit, il est désormais dans un stade avancé
de maladie mentale, et si je dois me fier à ce que m'a dit le
professeur, jamais il ne pourra se débarrasser totalement de
ce trouble. Lui le non partisan des drogues, destiné à
être un drogué à vie pour rester dans la réalité.
Décidément, cela donne à croire que le monde n'est
vraiment qu'une grande mascarade. Reste à savoir qui manipule
tout cela.
Il
y avait déjà dix sept jours que cela avait commencé,
en tous cas en ce qui me concerne. La journée s'était
passée dans la plus totale tranquillité, ce qui est mon
lot depuis que je me suis retiré en campagne. J'avais comme à
l'habitude effectué quelques travaux d'entretien dans ma propriété.
Puis le soir venant, je m'étais nourri délicieusement
avant de me lancer dans la lecture d'un bon roman.
Tandis que le feu crépitait à mes côtés,
la musique de Malher me tenait compagnie alors que je parcourais un
superbe récit plein de rebondissement, loin de m'attendre à
ce que le prochain ait lieu dans ma propre demeure.
Il est évident que lorsque l'on frappe violemment à vôtre
porte en même temps que l'on crie vôtre nom, la soudaineté
de l'événement ne vous rend pas indifférent. Heureusement,
fort de mes 95 kilos tout en muscle, ou presque, je n'hésitais
pas trop longtemps avant de me diriger vers la porte d'entrée,
et de regardez par le judas. Je crus de suite être en présence
d'un énergumène insociable dont il valait mieux que je
trouve le moyen de me débarrasser au plus vite. L'homme, pour
autant que je pouvais le voir à la lumière de ma lampe
de palier, était décoiffé, débraillé,
et surtout arborait une grimace qui ne vous donnait pas envie de faire
plus ample connaissance. Le problème, si s'en fut vraiment un,
fut qu'au bout de quelques secondes d'observations, je reconnu derrière
cette horrible grimace Luc Damien, qui n'est ni plus ni moins que mon
meilleur ami. Déboussolé par cette reconnaissance, j'ouvris
immédiatement la porte, et ce qui n'était plus que l'ombre
de Luc me tomba dans les bras, pleurant et tremblant comme un enfant.
Lui qui était toujours en pleine forme et vigoureux, n'était
plus qu'une masse flasque et sans force aux traits tirés et convulsés.
Vérifiant son intégrité physique, je l'assis sur
le fauteuil et allais lui préparer une tisane tout en ne cessant
de lui parler, afin d'être sûr de garder le contact avec
lui. Il me répondait tant bien que mal, mais commençait
tout de même à se calmer.
- Luc, veux-tu que je t'emmène voir un médecin ? Lui demandais-je
après qu'il eut bu la tisane.
- N
non, je voudrais
seulement
me reposer
oublier.
Quoi qu'il voulut oublier, j'étais le témoin des conséquences,
loin de m'imaginer que le seul responsable de tout ceci était
lui-même.
J'accédais à sa demande, et j'allais aussitôt préparer
la chambre d'ami. Je sais que cela n'était pas très prudent,
je ne suis pas médecin. Mais j'étais persuadé,
à juste titre comme l'avenir le confirmera, qu'une bonne nuit
de sommeil ne pouvait que lui être bénéfique. Je
décidai tout de même de le veiller par intermittence durant
la nuit, et je le vis se débattre ardemment avec des cauchemars
que j'étais heureux de ne pas partager.
-
On dirait que tu vas mieux ? Lui dis-je le lendemain matin, surpris
de le voir venir me rejoindre dans la cuisine tandis que je prenais
le petit déjeuner. Il arborait déjà une bien meilleure
mine.
- Merde, c'est à peine si je me souviens être arrivé
ici. J'étais dans quel état ? Il vint s'asseoir à
côté de moi.
- Triste, et je pèse mes mots, tu ressemblais à un enfant
qui sortait du pire cauchemar qu'on puisse imaginer. Quand je prononçais
le mot " cauchemar ", il se figea et se perdit dans ses pensées.
- C'est peu dire, dit-il en me lançant un regard profondément
troublé.
- Tu veux manger quelques chose ? lui proposais-je alors dans le but
de dévier ses pensées de ce qui le perturbait, en attente
d'un meilleur moment pour en savoir plus.
- Heu, oui, je prendrais bien un café avec des biscottes.
- Tu es sûr de vouloir du café dans ton état ?
- Merde, tu as raison, je vais plutôt me mettre au chocolat ce
matin. Puis on laissa filer la matinée comme cela, évitant
tout les deux d'aborder un sujet pour l'instant trop délicat.
Je décidais de le laisser ainsi tranquille durant une semaine.
Je n'avais aucune obligation, et je fis en sorte de lui faire oublier
les siennes, le persuadant sans difficultés qu'il serait mieux
à se reposer chez moi. Ceci nous permettrait également
de rattraper les derniers mois où nous nous étions quelques
peu perdu de vue.
Je
le vis aller mieux de jour en jour, bien que j'observais des signes
évidents de ce qui le perturbait. Je remarquais particulièrement
que lorsque nous étions à l'extérieur, ce qu'il
évitait d'ailleurs, il regardait incessamment autour de lui,
comme semblant craindre que quelqu'un ou quelque chose puisse surgir
à tout moment. Mais nous étions dans une propriété
tranquille dans une campagne tranquille, et les journées se succédèrent
avec leurs tranquillité.
Ce
fût lui qui fît le premier pas. C'était le samedi
matin après que nous ayons terminé de déjeuner.
Comme à mon habitude, je m'étais assis sur mon fauteuil
pour lire mon roman du moment lorsque Luc, qui était assis face
à moi, parla.
- Gabin, je crois qu'il est temps que je t'explique ce qu'il s'est passé.
Il dit cela avec la mine d'un chien abattu. L'effort qu'il fournissait
pour parler était palpable, il lui en coûtait beaucoup.
- Seulement si tu le désirs vraiment, lui dis-je afin de montrer
clairement qu'il ne devait nullement se croire obliger de quoi que ce
soit envers moi.
- Ce n'est pas un désir. C'est une nécessité. Si
je garde cela trop longtemps pour moi, je crois que je vais devenir
dingue. Il s'énervait en disant cela, il se battait contre lui
même, et c'était un terrible combat.
- Alors vas-y, et sois certains que je serais ton confident le plus
neutre, que je ne suis ni ton juge ni ta conscience. Comme je l'ai toujours
dit l'amitié est constituée de sentiments sincères,
et non d'intérêts calculés.
- Je ne doute pas de ton amitié, c'est elle qui me pousse à
me confier à toi. Seulement cette amitié a peut-être
un prix que tu vas payer ce soir. J'espère sincèrement
ne pas te transmettre un trop lourd fardeau, mais tu es la seule personne
que je connaisse à qui je peux le confier. Non seulement car
tu ne vas pas me juger, mais aussi parce que tu as les épaules
assez solides. Ses lèvres tremblèrent légèrement,
et les larmes étaient au bord de ses yeux lorsqu'il me transmit
ses paroles si sincères qu'elles ne pouvaient être que
celles d'un ami. J'en fus profondément troublé.
- Je t'écoute, dis-je alors simplement car il n'y avait plus
rien d'autre à dire. Plongeant son regard vers le sol, il prit
alors une profonde inspiration avant de me livrer le récit qui
suit.
C'était
il y a un mois, le 10 février exactement. J'avais reçu
l'appel d'un ami, Manuel, que j'avais connu lorsque j'étais encore
dans la police. Il savait que j'avais quitté la maison, mais
que parfois je mettais encore mon nez dans des affaires ici ou là.
Il voulait que je rencontre une de ses connaissances, qui bien sûr
avait un problème qu'elle voulait me confier. Enfin, comme j'avais
fini un chantier peu de temps avant, et que j'avais du temps libre devant
moi, je me suis dit que je n'avais pas grand chose à perdre d'aller
voir ce que voulais cette femme.
Je préfère ne pas mentionner son nom. Ce n'est pas que
je ne veux pas trahir son anonymat, je souhaite seulement t'empêcher
de te plonger dans cette histoire en te fournissant des informations
précises. Disons que c'est une femme de classe moyenne, la quarantaine
bien conservée, quoique les traits tirés par la nicotine
et le stress. Mariée à un type banal, du genre train train
quotidien, boulot bien payé mais qui parfois doit oublier qu'il
a une famille. C'est triste à dire, mais elle connaît certainement
mieux les personnages des séries télé que son propre
mari. Sinon deux enfants en sortie de l'adolescence, donc le temps de
profiter d'un second souffle qu'elle épuise en partie dans les
bras de Manuel. Seulement il y a un " hic " qui l'empêche
de dormir correctement, et c'est ce " hic " qu'elle voulait
m'exposer. Je décidais de lui fixer un rendez vous dans un bar
de Montmartre.
Elle fût ponctuelle, élégante sans être trop
voyante. Elle voulait plaire, mais pas au point d'être vulgaire.
Comme j'avais fait savoir de quelle manière je serais vêtu,
ajouté a ma description qu'avait dû lui fournir Manuel,
elle vint vers moi sans trop d'hésitation.
- Monsieur Damien ?
- Oui, je suppose que vous êtes la personne qui veut me parler
d'un soucis personnel ?
- C'est exact.
- Dans ce cas asseyez-vous, dis-je en désignant le siège
face à moi de la main. Puis je fis signe au serveur de venir
prendre sa commande tandis qu'elle s'asseyait. Elle commanda un simple
café, tandis que je continuais à déguster une délicieuse
blonde.
- Je suppose, monsieur Damien, que nombre de personnes doivent espérer
que vous puissiez résoudre leur petits soucis personnels, dit-elle
d'une voix qui avait dû être douce avant de voir passer
des tonnes de nicotine.
- Vous savez, en général il y a peu de petits soucis.
Il y a hélas bien plus de malheurs qui frappent les gens qu'on
ne se l'imagine.
- J'espère dans ce cas que mon problème ne vous paraîtra
pas trop bénin.
- Les soucis sont souvent bénins par leur causes. Ce sont les
conséquences qui sont lourdes à porter.
- Oui, dit-elle pensive. Dans mon cas les conséquences ne retombent
qu'indirectement sur ma personne. Ce n'est d'ailleurs que parce la personne
concernée m'est proche que j'en suis affectée.
- Proche à quelle degré ? L'on tournait autour du pot,
il était temps de rentrer dans le vif du sujet.
- Ma sur, ou plutôt ma demi-sur. Elle est née
du deuxième mariage de mon père et comme j'avais dix sept
ans à sa naissance, je m'en suis occupée comme une seconde
mère.
- Et qu'est-il donc arrivé à votre sur ?
- Elle est sous l'emprise d'une secte. J'avoue que là j'étais
bluffé, c'était si banale que je me suis retenu de ne
pas lui dire : " c'est tout ".
- Je dois vous prévenir de suite qu'il est difficile de sortir
quelqu'un d'une secte. La manipulation mentale est quelque chose d'ambigu
à combattre, aussi bien sur le plan légal que sur le plan
psychologique. Je ne peux pas me prononcer sans avoir plus de détail,
mais je dois vous dire que je ne suis pas la personne idéale
pour ce genre d'histoire.
- Je ne désire pas que vous sortiez ma sur de cette secte.
Je sais très bien que c'est quasiment impossible sans un gros
travail psychologique sur elle. Je voudrais seulement que vous mettiez
à jour la secte qui la manipule afin qu'ensuite nous puissions
la combattre.
- Je ne comprends pas trop, dites m'en plus.
- Cette secte, actuellement, n'est connue de personne.
- Dans ce cas comment la connaissez vous ?
- Justement, c'est en cela que j'ai besoin de vous. Tout ce que j'ai
en ma possession ce sont des lettres de ma sur. Elle sortit alors
un paquet de lettre de son sac à main. " Il y a six mois,
ma sur a rencontré un jeune homme avec qui elle est partie
passer ses vacances dans le Midi. Ils sont partis pour quinze jours
dans un centre de remise en forme, le type grosse structure qui pompe
le fric des gens qui veulent perdre deux centimètres de tours
de taille, le tout sans rien faire et en se purifiant si possible. Ma
sur a toujours eu l'habitude de m'écrire, une habitude
de jeunesse, même si elle n'a pas toujours été régulière.
De ce fait, j'ai suivi un peu comme un feuilleton son séjour
là bas. D'abord rien de bien particulier, le lieu semblait trop
idyllique pour être vrai, mais je supposais qu'il était
vu par les yeux d'une jeune insouciante plus ou moins amoureuse. Mais
cela changea dès la troisième semaine, alors qu'ils ne
devaient y rester que deux. Il y eu un changement presque radical dans
le ton de sa lettre. Il y avait une distance presque blessante, et elle
laissait traîner ici ou là des phrases plus ou moins philosophiques,
des allusions sur notre monde qui se trompait de route et autre bla
bla du genre. Cela n'a fait qu'empirer, et au bout d'un mois j'appris
qu'elle allait se faire embaucher comme hôtesse, elle qui devait
reprendre ses études de sociologie à la rentrée.
Je lui téléphonais aussitôt sur son mobile, mais
elle ne répondait jamais et ne rappelait pas malgré mes
nombreux messages. Je fis alors un courrier, peut-être trop sec
il est vrai. Mais de toute façon je n'eus pas plus de résultat
avec cette méthode. Depuis, j'ai tenté tant bien que mal
de rentrer en contact avec elle. Je me suis même rendue sur le
lieux. Mais elle est adulte et fait ce qu'elle veut, et comme elle a
refusé de me voir, ce fut un échec de plus. La tristesse
avec laquelle elle prononçait les dernières phrases montrait
l'attachement légitime qu'elle avait envers sa sur.
- Je dois admettre que cela ressemble au schéma habituel de l'entrée
dans une communauté sectaire. Quoi qu'il faille rester prudent
sur le sujet. D'autres personnes de sa famille ont-elles tenté
de rentrer en contact avec elle ?
- Notre père est mort. Quand à sa mère, qui n'a
jamais été une lumière, e elle vit avec un parvenu
qui lui a mis des illères l'empêchant de voir tout
ce qui ne concerne pas ce cher homme. Quant à ses amis, qui n'ont
pas plus de contact que moi, ils n'ont pas trop les moyens matériels
de faire quelque chose.
- Mais cette société, ce centre de remise en forme, qu'est-ce
qui vous fait penser qu'il abrite une secte.
- Secte est un terme bien ambigu, j'avoue l'utiliser peut-être
un peu à la légère. En fait il est difficile d'avoir
des renseignements sur ce centre. Il n'est fréquenté que
par des gens très riches, ma sur n'a d'ailleurs put s'y
rendre que parce qu'elle avait gagné son séjour avec son
ami. Ce centre ne fait aucune publicité, le bouche à oreille
fonctionne très bien dans certaines sphères de la société.
On ne peut quasiment rien savoir sur lui, vous ne trouverez presque
aucun document, pas même un dépliant. Vous ne trouvez pas
cela étrange ?
- Assez particulier, c'est vrai. Mais les gens fortunés apprécient
parfois une certaine forme d'anonymat. Ce lieu est peut être apprécié
pour cela. Je ne voulais pas jouer le rabat joie, mais il fallait rester
pragmatique.
- D'accord, mais qu'on m'explique alors pourquoi ma sur, arrivant
dans ce lieu, ce met soudain à détester celle qui l'a
quasiment élevé ?! Elle s'énervait, ce contenait
à peine tant le sujet était sensible.
- Calmer vous, j'essaie seulement de peser le pour et le contre. Il
est vrai que cela sonne de manière étrange. C'est vrai
que ça attire mon sens de la curiosité.
- Alors vous allez m'aider ? Soudain l'espoir se mit à briller
dans ses yeux, je savais qu'il ne fallait pas grand chose pour qu'elle
se mette à pleurer.
- Posons les choses. Vous aller me donner tous les renseignements que
vous avez sur ce centre de remise en forme, et si cela ne vous gêne
pas, les lettres de votre sur. Je vais étudier tout cela
tranquillement, et selon les renseignements que je vais tirer de tout
cela, je prendrais une décision.
Je la quittai ainsi, la laissant persuadée que j'allais l'aider
malgré mes réticences et mes doutes. Aussitôt rentré
à mon appartement, je commençais à lire les lettres
de sa sur. Il est vrai qu'il y avait les signes d'un changement
assez conséquent de personnalité. L'on voyait clairement
que la personne qui avait écrit les premières lettres
n'était pas la même que celle qui avait écrit les
dernières. Pourtant c'était bien la même écriture.
On pouvait de suite imaginer un tas de raisons à ceci. La plus
loufoque supposait qu'on lui avait dicté ses écrits. La
plus sérieuse était qu'en découvrant le grand monde,
elle avait voulu faire un trait sur sa vie passée, persuadée
qu'elle allait rencontrer un riche milliardaire qui allait tomber amoureux
d'elle et lui faire vivre une vie de rêve. Parmi toutes ses théories,
aucune pour l'instant n'avait l'aval sur l'autre, même si ma connaissance
de l'être humain me poussait à pencher pour la dernière.
Je passais ensuite à la deuxième phase, le centre. Effectivement,
ce centre était bien discret. C'est à peine si je le vis
mentionner sur quelques pages du web, en tout cas pas de site officiel.
Apparemment, c'était un centre de remise en forme et de thalassothérapie
des plus moderne, et aussi l'un des plus chères, ce qui sélectionnait
d'office sa clientèle. Voyant que les moyens d'information les
plus classiques ne donnaient rien, je donnais quelques coups de fil
à d'anciens collègues de la maison, et au fur et à
mesure je reçu sur mon ordinateur des informations plus conséquentes.
Le centre avait été construit dans les années quatre
vingt par des investisseurs privés totalement anonymes. Seul
le nom d'une société apparaissait, mais je ne la mentionnerai
pas plus que le reste. Il fallait remarquer que le chantier avait réussi
à s'implanter dans une zone protégée, ce qui laissait
supposer pot de vin et autre magouille tournant autour d'intérêts
communs. De plus, le projet avait bénéficié de
soutien public alors que ceci n'était pas du tout justifié.
Mais rien de plus, et c'est cela qui était le plus curieux. Aucune
enquête, pas de contrôle fiscal, pas le moindre problème
avec ce centre. Ce lieu, quoi qu'il puisse renfermer réellement,
est protégé à un niveau ou à un autre. Il
est vrai qu'on a déjà vu des sectes bénéficier
de ce genre d'avantages, mais ordinairement elles ne se cachent pas.
Elles prônent une pensée, un culte, ou tout simplement
un mode de vie, mais encore jamais l'offre de service pour bourgeois
en mal de bien être. Rapidement, bien que je préférais
sincèrement qu'il s'agisse d'autre chose, je ne pus m'empêcher
de penser que tout cet argent ne pouvait qu'amener de près ou
de loin une exploitation sexuelle. Argent et sexe faisait toujours bon
ménage, et il est facile de lobotomiser quelqu'un à coup
de milliers de francs, surtout qu'il existe nombre de substances qui
aident à s'engager dans les méandres de la prostitution,
quelque soit sa forme. Quoi qu'il en soit, il semblait bien qu'il était
nécessaire de poursuivre l'investigation si je voulais en avoir
le cur net.
Une
semaine plus tard, je mis les choses au point question finances avec
ma désormais cliente. Même si j'étais prêt
à faire plus ou moins dons de mes heures libres, l'enquête
allait exiger des frais que je ne pouvais me permettre d'assumer. Heureusement,
ma cliente avait hérité de son père d'un somme
d'argent, qui sans être énorme n'en était pas moins
conséquente, et elle me permettait d'en disposer en toute quiétude
si cela servait ses intérêts. Je décidais donc de
me rendre sur les lieux, mais pas au centre même. Je préférais
sillonner les villages alentours, et récupérer des informations
locales avant de me jeter dans la gueule du loup. Comme je m'y attendais,
les gens du coin étaient peu bavards sur le centre. C'était
une manne financière importante pour la région, et nul
n'avait l'intention d'en dire du mal. Mais il faut avouer que la plupart
ne savait rien, tout simplement. Il leur était presque aussi
mystérieux que pour moi, et je ne trouvais personne qui y travaillait,
ni même quelqu'un connaissant une personne qui y fut employée.
D'après ce que j'avais compris, tout le personnel était
composé de gens extérieurs à la région et
qui habitait le centre, n'en sortant pour ainsi dire jamais. Cette autarcie
me semblait bien étrange, mais elle était pourtant bien
réelle.
Heureusement et comme à son habitude, le hasard se mit sur mon
chemin et me permit d'en savoir un peu plus, ou plutôt d'augmenter
mes suspicions. Je m'apprêtais à quitter un village situé
non loin du centre lorsqu'un homme m'aborda. La trentaine, bedonnant
et assez grand, il me fît signe qu'il voulait me parler.
- Bonjour, fit-il en me tendant une main virile. Je la serrais alors,
constatant que l'homme avait une forte poigne.
- Je vous ai entendu parler du centre avec le vieux Reynaud, vous faîtes
une enquête ?
- Je suis journaliste, je prépare un papier sur l'impact des
centres de remise en forme sur l'économie locale, dis-je alors
pour ne pas le contrarier, certains que cela l'inciterait à me
parler ouvertement.
- Ah bon. Personnellement l'économie c'est pas mon truc, tous
c'que je peux vous dire c'est que c'est bourré de fric à
l'intérieur.
- A l'intérieur ? ! Vous voulez dire que vous avez déjà
été à l'intérieur ?
- Bien sûr, je suis chauffeur routier, et j'travaillais dans la
compagnie de transport qui leur livre la nourriture, car faut bien qu'y
bouffent à l'intérieur.
- Et pouvez vous me décrire l'intérieur du centre ?
- Ha non, ça j'peux pas. Tout c'que je voyais c'était
le hangar dans lequel j'pénétrais pour décharger
ma marchandise. J'avais le droit d'aller nul part ailleurs, c'est d'ailleurs
pour ça que je me suis fait viré.
- Ha bon ? Je jouais l'innocent, c'était le meilleur moyen de
le laisser discourir sans avoir à le forcer.
- Ben oui. Un jour qu'j'avais une grosse envie, et qu'y avait personne
pour m'indiquer les toilettes, j'me suis mis à les chercher tout
seul. Seulement j'suis entré où il fallait pas.
- Auriez vous découvert quelques secrets effroyables ?
- Non, pas du tout, j'ai seulement entrouvert la porte d'un entrepôt
trop noir pour que j'puisse y voir quoi que ce soit. Seulement ça
a pas plu. Alors je me suis fait virer, et avec les indemnités
et tout sans discuter, pour êtres sûr que j'fasse pas d'histoires.
Vous pensez bien, dans le transport le boulot ça manque pas,
alors ça à plutôt été une aubaine
d'une certaine manière. Le pire, c'est qu'finalement j'aurais
préféré voir ce qu'y avait dans c'te foutu hangar,
au moins j'aurais vraiment su pourquoi j'ai été viré.
Après cela, l'homme était parti pour raconter sa vie,
mais heureusement je savais comment m'en débarrasser de manière
aimable. L'essentiel, c'était qu'il m'avait donner l'envie de
savoir qu'est ce qu'il y avait de si mystérieux dans ce centre
pour qu'on prenne autant de précaution. Mon imagination venait
de s'emballer à vive allure, et c'était la plus fantastique
des motivations.
Je passerai les détails concernant l'organisation de mon entrée
dans ce centre. Disons que ma cliente avait assez d'argent pour que
je puisse y resté deux semaines sans avoir l'air d'être
sans le sous. Le reste était juste question de paperasse, de
quelques coup de téléphone appropriés, et dix jours
plus tard je fus admis dans le centre en tant que Gérard Polme,
courtier qui profitait des beaux jours pour se refaire une petite santé
entre deux transactions. Il n'y avait pas de problème pour se
faire accepter comme client, pas de questionnaire ni autre système
de sélection si ce n'était l'argent. Il faut dire que
la semaine n'est pas donnée, et jamais pour moi-même je
n'aurais mis les pieds dans un tel gouffre financier.
Je fus donc dans la gueule du loup, comme il est approprié de
dire en pareil occasion, et je ne doutais pas à quel point ce
terme était approprié. L'endroit était impressionnant,
mais pas vraiment par sa taille. Le lieu n'avait pas prétention
de pouvoir accueillir un maximum de gens, mais il étonnait par
son architecture particulière et la modernité des bâtiments.
Alors que de l'extérieur le centre n'était qu'une sorte
de dôme rabattu sur un côté, de l'intérieur
il fourmillait de détails baroques. Tout semblait prétexte
à donner du relief à la structure ; un balcon, un escalier
extérieur, une passerelle entre deux bâtiments. Tel un
château gothique, de multiples sculptures, non de pierre mais
de métal, ornaient la moindre fenêtre, la moindre porte,
le moindre escalier. Les meubles, des chaises aux armoires des chambres,
n'étaient fait que de bois solide de facture artisanale, eux-mêmes
recouverts de sculptures en tout genre. Rapidement, je qualifiait cela
de gothique post technologique, considération tout à fait
personnelle mais qui pour moi reste la meilleure retranscription de
ce que j'avais devant les yeux. L'ensemble possédait un charme
certain, et la seule vision qu'on en avait laissait comprendre les sommes
nécessaires pour y séjourner.
Quant à l'élément humain, je dois dire qu'immédiatement
mon impression fut très différente. A peine étais-je
à la porte du bâtiment qu'une jeune femme, le corps tout
juste recouvert d'une toge blanche, les pieds dans des sandales et les
cheveux tenus par un cercle doré, vint à ma rencontre
et m'accueillit le plus servilement possible. Cette attitude d'esclave
me gêna immédiatement. Je n'avais jamais été
habitué à ce que l'on me serve, et j'étais toujours
gêné de voir quelqu'un se rabaisser d'une manière
ou d'une autre face à moi. Même quand j'eus l'occasion
d'avoir des hommes sous mes ordres, j'avais toujours fait en sorte de
ne pas confondre respect de l'autorité avec asservissement. Enfin,
cette fille faisait son travail et ce genre d'attitude n'avait rien
d'exceptionnel pour le moment. Elle m'expliqua très en détail
tout les services auxquels j'avais droit, tout en me faisant visiter
les parties principales du centre, particulièrement les lieux
où se déroulait les activités communes. Elle précisa
maintes fois que je devais leur soumettre tous mes désires afin
d'être au mieux satisfait. Ce genre d'attitude me faisait penser
que ma théorie sur un réseau de prostitution pouvait être
la bonne, mais pour l'instant il n'y avait rien d'assez équivoque
pour que cette piste se confirme. Je préférais attendre
d'être bien installé dans les lieux avant de poser des
questions trop directes. Pour l'instant je devais me contenter d'observer,
l'action viendrait par la suite.
A un certain moment de la visite, la fille mentionna qu'il y avait des
secteurs interdits au public pour des raisons d'hygiène et de
sécurité. Elle me montra une porte portant le sigle "
interdit ", afin que je sache bien de quoi il s'agissait. Elle
m'indiqua qu'en général ces portes étaient fermée
et qu'il n'y avait donc pas de raison que l'on y pénètre,
même par accident, mais qu'il était de rigueur de le signaler
à tout nouveau venu.
Durant cette visite qui pris tout de même un certain temps, j'eus
le loisirs d'observer les clients et le personnel du centre. Concernant
le personnel, petites toges blanches et sandales étaient de rigueur
pour tous le monde, filles et garçons, tous beaux, minces et
jeunes. La sélection était évidente, personne ne
dépassait la trentaine, et encore, ce devait être bien
moins. Tous était assez fin, les hommes, ou plutôt les
garçons, étaient relativement efféminés
dans l'ensemble. Pas d'attitude véritablement homosexuelle, mais
ils étaient à l'évidence habitués à
prendre soin de leur corps. Les clients se partageaient en deux grands
groupes distincts ; les jeunes pleins aux as venus frimer et prendre
du bon temps, et les vieux aigris pleins aux as venus croire qu'ils
avaient encore vingt ans et prendre du bon temps. Quant à la
proportion hommes-femmes, elle semblait équilibrée.
Il me semblait évident que ce personnel ne pouvait être
là que pour le plaisir des yeux, mais rien de vraiment équivoque
ne se passait au grand jour. On voyait bien des regards qui s'attardaient
sur les jeunes corps, mais il n'y avait la rien de bien particulier.
En voyant cela, je me mettais à penser que j'étais peut-être
tombé sur quelque chose de gros, mais je me disais aussi que
si ce lieu était véritablement un bordel géant,
il était étonnant qu'il ai pu connaître une telle
pérennité.
Arrivé à ma chambre, ce qui représentait la fin
de ma visite, je décidais de mettre à plat tout les éléments
recueillis afin de déterminer des théories, ainsi que
la voie d'action à suivre.
Je mettais deux grandes théories en parallèles, celle
du bordel géant, stupéfiante mais pas impossible avec
une corruption bien maîtrisée, et celle d'un système
sectaire d'endoctrinement, destiné à faire travailler
des jeunes gens sans les payer. Cette deuxième théorie
s'opposait cependant à un mystère pour l'instant irrésolu
: que pouvait-on raconter à des gens pour qu'ils servent des
millionnaires en arborant un grand sourire, et cela sans le moindre
sous en contrepartie ? C'était un raisonnement plutôt bancale,
mais j'avais appris depuis longtemps à ne mettre aucune théorie
de côté tant qu'il y avait des éléments,
même légers, pour la soutenir, et la sur de ma cliente
avait par ses écrits montré des signes d'endoctrinement.
Concernant cette fille, je n'avais vu personne dans le centre lui ressemblant,
mais j'étais loin d'avoir vu tout le personnel.
Après m'être un peu reposé, je décidais d'observer
depuis ma fenêtre. Par chance, celle-ci me permettait grâce
à la forme cylindrique du centre, de voir la plus grande partie
de celui-ci. Sortant mes jumelles de mon sac, je m'installai de façon
à être le moins visible possible puis je me mis à
observer le moindre détail. Je ne vis rien de réellement
particulier. Il y avait bien deux ou trois chambres où il semblait
qu'on se laissait aller à des ébats sexuels, et je crus
reconnaître la tenue spécifique des membres du personnel,
mais je n'avais pas une vision assez nette pour pouvoir affirmer quoi
que ce soit.
J'avais gardé en mémoire l'endroit où était
censé se trouver la direction, à peu près face
à moi, avec un décalage de trente degrés à
ma gauche. Il y avait effectivement un grand balcon plus conséquent
que les autres, et je restais à l'observer plusieurs minutes.
Je voyais des ombres bouger derrière des rideaux assez opaques,
lorsque soudain je vis la fenêtre s'ouvrir. Les jumelles me donnaient
l'impression d'être si prêt que j'eus un recul dû
à l'effet de surprise. Reprenant mon observation, je vis alors
une forme longiligne sortir de la pièce et venir s'installer
au balcon pour observer la cour intérieure, où la majeure
partie des clients se doraient au soleil. C'était une femme immense,
sûrement proche du mètre quatre vingt dix. Sa minceur la
rendait encore plus grande, sans parler des talons hauts que j'apercevais
à travers les barreaux du balcons, et qui la rendait encore plus
longiforme. Ses bras interminables prenaient appuis sur la rambarde
et, sous l'effet d'une légère brise, ses cheveux longs
et fins ondulaient autour de son visage aux traits si lisses qu'ils
auraient été parfaits si sa minceur n'en avait trop cassé
les angles. Son nez était très fin, sa bouche également,
et ses yeux étaient deux fentes à peine distinctes. Elle
était très maquillée, trop, et certains traits
étaient accentués afin de lui donner un air plus sévère,
plus dominant, plus fascinant. Elle était troublante, dans tous
les sens du terme. Je ne savais si je devais la désirer ou en
avoir peur. Elle était trop androgyne à mon goût,
ses seins, petits aussi d'ailleurs, étaient quasiment le seul
véritable signe de sa féminité, ses hanches trop
fines pour être désirables. Toutefois elle semblait si
parfaite qu'elle ne pouvait pas laissez indifférente, et sa finesse
était si pure qu'on ne pouvait l'associer qu'à une qualité
féminine. En tout les cas sa vision me marqua, et je restais
plusieurs minutes à observer ce physique si particulier, mis
en valeur par une robe courte et noir moulant ce corps si mince. Elle
observait les gens avec une terrible expression de mépris et
de domination. Elle me faisait penser à un rapace, l'il
perçant et vif fixant sa proie. Elle avait un regard intelligent
et calculateur, et je me mis à penser que si jamais cette femme
était destinée à devenir mon adversaire, cela n'allait
pas être une partie de plaisir. Si seulement j'avais su
Je n'arrivais pas à définir son âge, elle était
jeune d'apparence mais vieille d'expérience, elle était
ambiguë à plus d'un terme.
Finalement, la fenêtre s 'ouvrit de nouveau, laissant apparaître
pour quelques instants la vision fugace mais magnifique d'un corps pulpeux
et généreux. J'eus à peine le temps d'apercevoir
cette petite silhouette, ce bout de femme au corps complètement
opposé à celui que je viens de décrire. Je ne vis
que des courbes, parfaites, idéalement pleines, assez pour donner
envie de s'y blottir, de s'y perdre. J'aperçu aussi de long cheveux
noirs, mais cette vision de rêve fut rapidement brisée.
Mon champ de vision fut bouché par l'autre femme au corps longiligne
qui revint vers la fenêtre. Elle retourna dans la pièce
à la suite de l'autre femme qui disparu complètement.
Je sais que ça peut paraître immature de s'émouvoir
autant lorsqu'on est en mission, mais je reste un homme, et la vue de
ses deux corps de femmes si fascinants et si opposés avaient
déclenché en moi une pulsion qu'il était difficile
de contenir. J'essayai de reprendre mes esprits, et pour cela je décidais
d'établir un premier plan d'action.
Durant
trois jours, je fréquentais la plupart des lieux communs du centre
: piscine, bar, salle de spectacle, etc... C'était toujours plus
ou moins le même scénario. L'on se prélassait, s'amusait,
l'on partait, puis revenait, et à tour de rôle les membres
du personnels disparaissaient un certain temps, avant de revenir à
leur poste comme si de rien n'était. Par la seule observation
ce ces manèges incessants, j'étais persuadé que
les relations sexuelles avec les membres du personnel allaient bon train.
A cela s'ajoutait qu'en plusieurs occasions des filles, et aussi des
garçons membres du personnel, n'hésitèrent pas
à acquiescer face à certaines propositions à peine
déguisées que je leur faisais. Bien sûr je n'allais
pas au bout, je n'étais pas là pour ça et je n'avais
pas envie, surtout avec des gens contraints d'une manière ou
d'une autre.
J'observais également, ou plutôt je me rendis compte que
les sculptures, et autres tableaux que l'on pouvait apercevoir à
l'intérieur du centre, répétaient des scènes
et des icônes communs. L'animal était le sujet récurant,
toutes les sculptures s'y référaient, tandis que les tableaux
représentaient des scènes de combats titanesques entre
des dieux animaux et des guerriers mythologiques. Je ne savais pas à
quel culture spécifique cela se rapportait, il n'y avait pas
de référence directe tel que "Siegfried tuant le
dragon" ou ; " Thésée affrontant le Minotaure
". D'ailleurs ici il semblait plutôt que c'était les
animaux qui étaient victorieux. Pourquoi pas après tout
?
J'aurai alors bien voulu avoir accès à une bibliothèque
pour avoir des informations à ce sujet, mais le lieu n'était
pas prévu pour qu'on s'occupe l'esprit, et il n'y avait même
pas une salle offrant un accès Internet. De toute manière
j'aurais laissé trop de trace sur un ordinateur, donc ce n'était
pas vraiment un mal. Je décidais d'appeler un ami pour qu'il
prenne quelques renseignements. Je pris le risque de l'appeler depuis
mon mobile, considérant que les chances pour qu'il y ai en ce
lieu le matériel et la logistique nécessaire à
la surveillance des appels étaient faible.
Ce fut lors de ma quatrième journée dans les lieux, que
je vis pour la première fois la personne qui était la
cause de ma présence ici. Elle était tranquillement à
la piscine, discutant avec un homme assez âgé qui semblait
plutôt apprécier sa compagnie. Elle était en forme,
avait les cheveux plus courts que sur la photo que sa sur m'avait
donnée. Elle avait dû s'affiner quelque peu, mais rien
de particulier n'était visible. Je l'observais un bon moment.
Elle quitta le vieil homme non sans une caresse équivoque à
l'épaule, et rejoignit un groupe de jeunes hommes déjà
accompagnés d'autres hôtesses du club. Ils quittèrent
la piscine au bout d'une bonne demi heure. Je les suivis discrètement,
le groupe se séparant en quatre couples distincts. Je fis en
sorte de garder en vue celui formé par la sur, mais je
dus me résigner lorsqu'ils se rendirent dans une chambre, certainement
celle du jeune homme, puisque nous n'étions pas dans l'aile où
se trouvait les logements du personnel. Imaginant ce qu'ils étaient
parti faire, je n'eus plus qu'à retourner dans ma chambre afin
de réfléchir posément à la situation, étant
donné les nouveaux éléments en main.
Je devais me rendre à l'évidence que les choses avançaient
lentement, car même si j'avais beaucoup de présomption
concernant les activités souterraines de ce centre, je n'avais
aucune preuve tangible en main, et il était temps pour moi de
décider si je devais agir ou non. Je commis l'erreur, je m'en
rendis compte hélas trop tard, de décider d'agir concrètement.
Restait alors à savoir de quelle manière. Je pris la décision
d'attendre la nuit afin de voir ce que pouvais bien contenir ces fameux
bâtiment interdit. Non que je pensais vraiment y trouver quelque
chose d'extraordinaire, mais c'était une manière comme
une autre de faire avancer cette enquête.
Le train train quotidien voulait que les lieux communs de relaxation
ferment à vingt heures, tandis que les bars et restaurants restaient
ouverts jusque dix heures. Il y avait également une salle de
spectacle qui fonctionnait occasionnellement selon le programme. Ceci
pouvait rallonger certaines soirées, mais il n'y avait rien de
tel ce soir là.
suite.