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A neophyction : Science fiction et fantastique
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  Les Néophyct...
  Pour les enfants
Protégeons la planète  

Par Andrelax

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Une virée avec Fyx


J’ouvris enfin les yeux, aveuglé par les lumières artificielles. Mais je devais être fou pour imaginer pareille hallucination ! Mon corps, allongé sur une couche synthétique, à mon grand étonnement ne ressentait aucune douleur. Au contraire, il était même plongé dans une transe douce et béate. Un bien être total, fort étrange, m’envahissait tranquillement.
Pourtant, le plus dur restait à venir…Un décor non hétérogène m’entourait, fait de machines compliquées, qui lâchaient parfois des traits de lumières ou des « bip » sonores.
Soudain, j’entendis un « pssch », et, à demi relevé, je vis alors, éberlué, un sas opaque s’ouvrir, s’ouvrir sur une créature que je ne trouverai aucun mot pour nommer.
L’être qui me faisait face était composé des mêmes membres que nous autres, humains : tête, bras, jambes, tronc. Mais il était recouvert d’une carapace mauve qui luisait sous les néons d’artifice. Il me regarda en grimaçant, sorte de sourire de bienvenue, et écarta les bras dans ma direction.
- Salut à toi, esprit terrien, me dit-il d’une voix nasillarde.
Il savait donc parler ?
- Heu…Bonjour, répondis-je, partagé entre l’ébahissement et la méfiance.
- Je m’appelle Fyx, et toi, homme ?
- Où sommes-nous ?
- A bord du Néophyction, vaisseau inter…heu…vaisseau, se reprit-il (pour ne pas m’inquiéter davantage.) Le Néophyction est un navire marchand qui joint Belon IV et les satellites de l’Amirale P., me renseigna Fyx.
L’alien m’entraîna dans les profondeurs du vaisseau…

Nous sortîmes de ce qu’il appelait « la chambre à rayon-néon », et entrâmes dans le sas opaque. Celui-ci s’enfonça dans les profondeurs du vaisseau, à toute vitesse. Je fus effrayé par l’étrange appareil, mais Fyx m’apprit que c’était un « ascenseur ». Quel nom étrange !
- En faite, cher Jules, j’ai fait appel à toi car j’ai besoin de ton aide.
- Moi ? Mon aide ?
- Oui, pour porter la cargaison jusqu’au port.
L’être mauve m’entraîna dans une autre salle, remplie d’écrans étranges.
- Regarde : Klauss, le maître bachelier, a laissé entré un Virus, le Virus F, le plus dangereux qui soit, et tout l’équipage a été décimé par la maladie. Seuls toi et moi sommes immunisés. Nous devons amener plusieurs caisses de Plax, le plasma isolant, jusqu’au port du troisième satellite de l’Amirale P.
J’hochais la tête, bien que je ne comprenne pas un mot de ce qu’il racontait, surtout les termes techniques. Heureusement, le principal était quand même rentré : je devais amener des caisses jusqu’à un port, et l’équipage avait été décimé par une maladie contagieuse.
Des images défilaient sur l’espèce de vitre en matière étrange.
Fyx, en clignant des yeux, me poussa jusqu’à un placard où deux « combinaisons », des habits moulants et gris, qui collaient à la peau comme des sangsues, nous attendaient, que nous enfilâmes scrupuleusement. Ensuite, je suivis mon nouvel ami derrière une porte rouge, qu’il referma avec soin. J’étais entièrement occupé par Fyx et notre mission, et mon esprit, soucieux, ne réfléchissait pas au pourquoi de la situation. Tant mieux.

Un long couloir s’offrit à nous. Au loin, je vis une prote entrebâillée, et des caisses.
- Oui, c’est bien là-bas qu’il faut se rendre, me confirma l’alien.
Il me donna une arme, de forme oblongue et d’une couleur oscillant entre le jeune mielleux et le rouge flamenco.
De toutes parts du couloir des portes étaient ouvertes.
- Il faudra faire attention aux hommes de l’équipage contaminés, pour ceux qui sont encore en vie, m’avait averti Fyx.
Je me plaçai à la droite, lui à la gauche, et nous procédâmes ainsi, regardant à chaque ouverture sur des salles plus ou moins éclairées. Nous étions au troisième palier, quand je vis soudain une forme sombre se détacher de l’obscurité de la cale humide. L’être se jeta sur moi, et je n’eus que le temps de pousser un cri. Nous roulâmes sur le sol, la créature lacérant la combinaison de ses griffes aiguisées. Heureusement, Fyx était là : il ajusta son arme sur mon adversaire et tira. La chair de la chose agressive se mit à grésiller. L’immondice hurla de douleur. Voulant faire face à l’alien, il me tourna dos, idiot qu’il était : je plaçais l’arme étrange contre sa tête bosselée et chauve, et tirai. Le monstre s’écroula sur le sol poisseux et froid.
- Mais…C’est un humain ! compris-je en me relevant.
- Oui, répondit Fyx, dépité. Enfin…ce qu’il en reste.
Car la créature de cauchemar qui gisait à nos pied ne ressemblait à rien, parce qu’elle avait subit une déformation de son état d’origine : celui d’être humain.

Fyx et moi continuâmes notre route, sans rencontrer d’incident. Mais, alors que j’arrivais au milieu du couloir, je vis mon ami se figer, devant moi : un autre de ces êtres déformés par le Virus, la maladie, se tenait devant nous, debout, obstacle devant notre but : la salle des caisses. L’homme périmé ouvrit sa gueule démentielle, et hurla à notre direction :
-FYX !
-Klauss, le maître bachelier, souffla l’alien.
Et c’était bien lui : je pus reconnaître l’homme de l’écran, malgré ses diverses blessures, furoncles et autres malformations. Il avançait vers nous en jetant des râles de douleur et en bavant de rage. Fyx m’intima de rester en arrière. Il pointa doucement son arme contre le bachelier, et tira. Une salve verte fusa sur le monstre, qui la reçut en pleine poitrine, et s’écroula, mort. Je me précipitai en avant.
-Il est mort ! criai-je, fou de joie.
-Non ! hurla mon ami. Mais c’était trop tard : j’étais déjà arrivé près du cadavre, que j’enjambai sans plus me préoccuper de lui. Mais alors que j’allais atteindre la salle des caisses, une main velue agrippa ma cheville, me tirant en arrière. Je tombai sur le sol et ma vue se brouillai, je sentais qu’on tentait de percer ma combinaison, des pattes me fourrageaient, me ruaient de coup. Soudain, on s’arrêta, et on tira mon arme avec tellement de force que je cru ne jamais pouvoir tenir contre l’assaillant. Je résistais cependant, me découvrant une vitalité inconnue. Un coup me fit tomber en arrière. J’avais perdu mon arme. Je sentis alors du sang chaud couler sur mon front, et ma vue fut obstruée entièrement. Je ne voyais rien, entendais des tirs échangés, une cavalcade, des jurons, des coups, un vacarme infernal. Je tentais de me boucher les oreilles mais était paralysé, tétanisé, faible. Je m’évanouis.

Quand je revins à moi, j’étais dans une petite navette. Je sortis de celle-ci. Trois soleils m’aveuglèrent, et, tremblant de vertige, je tentai de ne pas regarder en bas. Un vide immense se déployait sous le bâtiment auquel nous avions atterri. Des tours immenses, colorées ou noires, vitreuses, élancées, se jetaient de toutes parts, pareilles à la notre. Des vaisseaux voletaient en tous sens, peuplés de créatures folâtres avec des tentacules, plusieurs paires d’yeux, ou des humains. Je tremblai. Où étais-je ? Fyx, non loin de moi, serra la main de son client, un mammifère à la crinière bleutée qui se tenait sur deux pattes. Je remarquai les caisses, déchargées.
-Merci de m’avoir aidé à décharger ces caisses, dit l’extra terrestre avec un sourire triste. Malheureusement, tu dois rentrer chez toi…Nous serons peut-être amenés à nous revoir, dans le futur. Bonne chance pour la suite. Bien sûr, personne ne te croira, de tous ce que tu vas inventer, en tous cas à ton époque…
-Quoi ? soufflai-je.
-Rien. Au revoir, Jules Verne, et bon voyage…
Il appuya la main droite, glacée, sur mon front brûlant. Je sombrai dans un coma strié de traits bleutés.

Je me réveillai chez moi, dans ma maison, en sueur. Fyx ! Le vaisseau, le Néophyction ! Que s’était-il passé ?
-Chut, fit ma femme, à demi endormie.
Je sortis de la chambre conjugale, et, en robe de nuit, allai à la terrasse, d’où j’avais une vue magnifique sur la ville endormie.
<<Personne ne te croira…Du moins à ton époque…Ton époque…TON époque…>> les mots résonnaient dans mon crâne, déchirant ma conscience à chaque syllabe. L’alien avait raison, personne ne me croirait. Mais je devais le faire. Ecrire ce que j’avais vu, inventer, réaliser les projets les plus fous. Car tout serait réalisable, dans un futur plus ou moins proche. Je m’attelais à la tâche, dessinant, écrivant, perché sur mon immense bureau. Je pourrais de toute façon chercher dans ma bibliothèque, si j’en avais besoin. Mais quelles références pourrais-je avoir ? Je serais le premier à tenter une telle expérience. Personne ne me croirait. Mais je devais le faire.

Au fond, avais-je réellement rêvé, ou tout ceci s’était-il réellement déroulé ?


Fin.

 

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