Par
Flitch
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Sonorités
spatiales
(gagnante du concours "les mondes mêlés")
Le monde a bien changé... Notre arrogance nous a coûté
très cher.... Cette arrogance nous a égaré dans
nos choix lorsque les Védix sont arrivés un beau matin
de Mai 2568. Le premier vaisseau s’est posé non loin du
pôle nord et aussitôt le gouvernement terrien a proclamé
l’état d’urgence en engageant les forces armées,
lesquelles furent décimées en moins de temps qu’il
ne faut à une fleur pour s’épanouir. Un carnage.
Nous nous sommes retrouvés sans rien, notre civilisation réduite
à néant par leur flotte restée en orbite, protégée
par leur champ de force, demeurant ainsi invisible aux tourelles de
défense entourant notre si belle planète. D’immenses
vaisseaux ne tardèrent pas à apparaître aux quatre
coins de la planète et en sortirent des hordes d’êtres
immondes, de couleur ocre, mesurant dans les 1m50 mais terriblement
pestilentiels avec une corpulence défiant toute loi de gravité.
En moins d’une semaine, ils se lancèrent dans la chasse
aux humains et les parquèrent dans de grandes fermes construites
par leur soin. Ceux qui ont pu leur échapper sont peut être
réfugié dans des grottes ou tout autre lieu souterrain
indétectable à leur rayon traqueur.
Nous apprîmes plus tard qu’ils étaient là
pour nous, leur soif de chasse et quête de nourriture les poussait
à détecter toute forme de vie dans l’espace pour
s’en emparer, la reproduire et s’en nourrir.
Les Védix étaient des éleveurs d’espèces
comestibles et en faisait le commerce au sein de l’univers. Des
astronomes observent l’Univers et nous n’avons rien vu venir….
La planète
NantPref-368 était la prochaine destination sur trajet de Fyx,
convoyeur de son état pour la compagnie Kouaikeurce. Il commandait
cet immense bâtiment nommé Néophyction depuis quelques
temps déjà et assis dans son siège de pilotage,
il se préparait prendre un petit moment de détente après
cet incident au frigo 2767 du 56ème compartiment situé
sur l’arrière du vaisseau. En effet, pour transporter la
sinistre marchandise, l’IA du vaisseau devait maintenir une température
de -30°C, au delà, la chair humaine change de couleur, le
cycle de putréfaction reprend son cours et la précieuse
cargaison, invendable pour la compagnie.
Le signal
d’alarme avait violement raisonné dans l’esprit de
Fyx alors qu’il se dirigeait vers le poste de commandement.
IA, nature du problème ?
Baisse subite de la température, frigo 2767, rupture de la canalisation
489 de Caténairium.
Ok IA, envoie les androïdes de maintenance et tiens moi informé
de l’évolution des réparations.
Bien Fyx.
La maintenance était constituée de 5 androïdes, multitâches,
chargés d’intervenir sur le vaisseau pour diverses avaries
ainsi que les opérations de chargement/déchargement de
cargaison. La bio-engineering moléculaire étant la solution
retenue par la compagnie afin de résoudre les soucis de personnels
et d’augmenter ainsi la qualité de ses livraisons.
Les androïdes
arrivèrent au frigo 2767 et commencèrent les réparations.
L’un d’eux contacta Fyx pour lui faire part de la découverte
d’une étrange substance nauséabonde, répandue
sur le sol, près du sas d’entrée.
- IA ?
Oui ?
Actionne les Ncx 5, prélève des échantillons et
apporte les au I-Lab pour analyse et communique-moi les résultats
dès que tu auras fini, je serai sur la passerelle. Merci.
Fyx se
demanda si le trajet serait de tout repos cette fois-ci. « Une
substance douteuse et nauséabonde », sûrement
du fluide organique provenant de l’un des corps en congélation.
Avec le réchauffement partiel dû à la panne, nul
doute que se soit cela, étant le seul organisme vivant sur ce
vaisseau.
Absorbé par ses pensées, il passa devant le compartiment
réacteur situé vers le milieu du vaisseau, jetant un rapide
coup d’œil sur les différents voyants mais tout semblait
normal jusqu’au moment où son membre inférieur dérapa
sur une substance molle. Il manqua de s’étaler de tout
son long, si il n’avait eu le reflex de s’agripper à
l’une des rambardes. Fyx rétablit son équilibre
puis jura « Mince ! ». Il regarda au sol
et vis cette chose longue et molle, de couleur verdâtre, étalée
un peu partout comme si elle était tombée du plafond.
IA ?
Oui Fyx ?
Envoie un androïde, s’il te plait, pour prélèvement
secteur 47, passerelle 3. Merci.
Fyx se dirigea vers le poste de commandant avec la ferme intention de
découvrir l’origine de cette substance dans le vaisseau.
Il comptait bien faire un rapport concernant la maintenance à
la compagnie. C’était inadmissible !! En 15 ans, du
jamais vu !! Cette fois-ci, la cargaison ne pouvait être
mise en cause, il n’y avait pas de compartiment de froid dans
le secteur 47, à moins qu’un cadavre se balade dans les
couloirs ?? Il allait attendre les résultats de l’IA
et il en aurait le cœur ferme.
Il arriva sur la passerelle, s’assit dans son siège puis
ferma les yeux, un temps de réflexion.
L’androïde
finit par arriver au secteur 47, effectua les prélèvements
puis reparti illico presto au I-Lab, laissant au passage des balises
à fréquence pour les Tougaich, nettoyeuses de leur état.
Ces robots s’affaireraient sur les tâches en récurant
le sol en métal à l’aide de produits chimiques à
l’efficacité redoutable.
Non loin de là, deux éclats blancs ovoïdes apparurent
dans l’obscurité, un bruit discret, une forte odeur, limite
soutenable, se répandit. Puis à pas feutrés, elle
se déplaça dans le couloir principal, direction la proue
du vaisseau.
Fyx finit
par ouvrir les yeux, un bip lui vrillait les tympans. Le système
NantPref-368 remplissait la baie panoramique tandis qu’un voyant
clignotait sur la console radar en signalait l’orbite proche.
L’ IA du vaisseau commençait déjà à
se synchroniser avec le trafic orbital dans l’attente de coordonnées
d’appontage. Encore 2 heures à patienter et l’on
pourrait procéder au déchargement partiel du vaisseau,
soit les secteurs 40 à 53. Il en profiterai pour contacter la
compagnie et faire son rapport. Selon les derniers accords passés
entre le syndicat KouekTrans et le siège, en échange d’un
temps de repos de 2 semaines tous les deux mois, lieu au choix, chaque
commandant était tenu de transmettre sans tarder, son rapport
dès arrivée à destination. La marchandise était
tellement précieuse aux regards des Védix que tout retard,
pannes, etc….devait être justifié et communiqué
de façon à réorganiser les vols spatiaux afin d’éviter
une rupture dans l’approvisionnement du système Vilpreusia,
patrie des Védix.
En cas de retard injustifié, la Cie muterait le fautif sans la
moindre explication parmi ses nombreuses filiales de transbordement.
Ce job étant l’un des plus plaisant, la file d’attente
ne désemplissait pas.
Le vaisseau
finit par accoster selon les coordonnées transmises, les soutes
s’ouvrirent et aussitôt, une armée de grues et de
robots entreprirent de décharger les frigos par secteurs concernés.
Fyx surveillait les opérations depuis la panoramique du poste
de pilotage lorsqu’il se remémora ne pas avoir eu les résultats
des analyses par l’IA.
IA ? Du nouveau concernant les analyses en cours ?
Dans quelques minutes, la biopsie moléculaire est plus longue
que prévue.
Comment ça ?
Les échantillons transmis, prélevés dans le frigo
et sur la passerelle sembleraient être de même origine mais
diffères quelque peu selon leur contenu.
Ah bon ! Soit ! Préviens-moi lorsque tu auras trouvé.
Fyx retourna
au poste puis rédigea son rapport en mentionnant qu’il
communiquerait les analyses dès disponibilité, tout en
précisant son désaccord en matière d’entretien
et de maintenance du vaisseau. Pendant ce temps, les opérations
dans la zone de transbordement finirent, les soutes furent refermées
et un message du centre de contrôle transmis les nouvelles coordonnées
d’insertion orbitale afin de rejoindre sa prochaine destination,
la nébuleuse HouilCar, à deux U.A. environ.
Aussitôt, les attaches portuaires se rétractèrent
et les réacteurs de tribord éloignèrent doucement
le Néophyction pour l’orienter vers la zone orbitale. Puis
les propulseurs se mirent en action et progressivement, le vaisseau
gagna de la vitesse. Un frissonnement parcoura l’échine
de Fyx. Il aimait sentir cette sensation de puissance et de légèreté
au décollage. Le champ de confinement transmettait à la
structure interne toute cette force mais rien ne bougeait, ne serait
ce qu’une ride à la surface d’un liquide. Il se servit
un margueritax, s’installa son fauteuil, mis les pieds sur la
console de commande, bascula en arrière puis réfléchit
aux derniers évènements en sirotant son verre.
Alors que Fyx allait absorber une nouvelle gorgée de ce divin
breuvage, l’IA l’interpella pour lui communiquer son rapport
d’analyse. Après une longue liste de composés chimiques,
sans importance, tel que le taux de potassium, azote et les quelques
restes de cellulose, le nom de fèces fit s’étouffer
Fyx.
Hein ? dit-il l’uniforme badigeonné d’alcool.
Oui, ce sont bien des fèces de Flitch. Autrement dit, de la merde,
sans aucun doute.
Comment ça ? Le BioScan n’a pourtant rien détecté
lors des déchargements de cargaison sur CharlGaul.
Normal, le Flitch ne réagit pas à la détection
infrarouge. Peut être quand modifiant ses paramètres pour
passer en mode olfactif, celui-ci pourrait détecter ses molécules
chimiques et vous aider à le détruire. N’oubliez
pas que l’hormone GnRh fabriquée par leur système
endocrinien a poussé les Védix à réduire
cette espèce à néant. Il se pourrait que celui-ci
soit sur le vaisseau pour une raison bien particulière.
Donc, si je résume, j’ai un passager clandestin sur mon
vaisseau, qu’il va me falloir attraper et jeter dehors avant qu’il
exerce sur moi sa manipulation hormonale.
Exact, si vous échouez, le vaisseau, sa cargaison, vous, moi
serons perdus car je ne peux vous prédire ce qu’il adviendra.
Ok, merci IA. Laisses moi réfléchir au plan d’action.
Il y avait,
environ, une semaine de trajet jusqu’à HouilCar puis 3
jours jusqu’à MaiseLaff. De là, un dédale
de couloir et de passerelles restait à explorer, sachant que
le BioScan prioriserait les frigos vides ainsi que les compartiments,
cela prendrai 9 à 10jrs. L’IA s’occuperait du vaisseau,
il lui restait à rejoindre sa cabine, prendre quelques rations
alimentaires, son bâton neuro-étourdisseur et consigner
la date de fouille et l’heure dans le livre de bord. Il alla à
sa cabine, prit son équipement, repassa par le poste de pilotage,
programma le BioScan en mode olfactif.
IA ?
Oui ?
Je programme le BioScan pour un balayage de la poupe à la proue
du vaisseau et de tribord à bâbord. Si la moindre parcelle
de phéromone est détectée, j’aurai mon talk
avec moi, tu me préviens aussitôt.
Bien, Fyx, soyez rassuré. Dois-je aussi brancher les intercoms ?
Au cas où il ferait du bruit en se déplaçant.
Bonne idée, IA, branches toi sur les intercoms.
Fyx prit
sa torche, son sac à dos, son bâton puis prit le couloir
de gauche en sortant. Théoriquement, lui, venant de la proue,
il devrait arriver à coincer cette saloperie vers le 1er tiers
du vaisseau, si toutefois, il était la cible.
Le Flitch était une bizarrerie dans le monde extra solaire découvert
par les Védix. Leur charme ou plutôt leur arme est produite
par une hormone, l’équivalent de la GnRh chez les hominidés.
Lorsqu’ils repèrent une proie, ils séduisent celle-ci
en lâchant dans l’atmosphère de puissantes effluves.
Seulement, cela reste une légende urbaine dans le sens ou aucune
victime n’est présente pour narrer la suite. Cette espèce
fut découverte, sur une planète, aux confins du système
binaire MantJol, à faible gravité avec un fort taux de
radiation d’américium 242, leur donnant une apparence assez
longiforme, surmonté d’un encéphale ovoïde
sur lequel, deux yeux blancs sont insérés. Leurs membres
antérieurs sont très longs, presque filiformes, équipés
de trois doigts, un plus gros que les autres, seuls vestiges humanoïdes
encore visibles. Certains scientifiques émettaient l’hypothèse
d’un vaisseau d’ensemencement terrestre, égaré
lors de la Grande Vague de 2274 dont l’évolution des survivants
en aurait résulté.
Sa lenteur de déplacement était son point faible, vu la
rapidité avec laquelle il fut exterminé. On ne connaissait
ni leur origine, ni leur comportement ainsi que leur mode de reproduction.
Cela dit, Fyx, n’avait pas le temps, ni la consigne de le livrer
vivant à la compagnie. Le Flitch non plus d’ailleurs….
Cela faisait déjà sept jours de fouille et toujours rien.
Fyx ne trouva aucune trace de l’entité hormis des excréments
laissés ci et là, qu’il avait dû faire nettoyer
par des I-Kets. Durant tout ce temps, il réfléchissait
à un système de piège mais n’en pouvait être
que le seul appât. Pas question de décongeler un cadavre,
cela se verrait et il risquerait une sanction administrative comme une
mutation sur la L-638, desserte de la périphérie de l’univers
connu, tristement célèbre pour les risques de piraterie
de la part des Djeun’s. Il rejoignit le poste de pilotage, fourbu
et agacé. Déjà, HouilCar était visible à
l’écran panoramique avec ses trois lunes, N’Glith,
N’Marc et N’Simb. Une magnifique planète avec ses
reflets cuivreux et bleutés.
IA, aucun signe de notre clandestin ?
Non, Fyx. Le tracé du BioScan reste désespérément
plat. Peut être ne s’est il pas déplacé depuis ?
Cela m’étonnerait, j’ai trouvé d’autres
excréments aux niveaux 3 et 6. Il n’est pas très
loin, dit il en lorgnant vers la console radar. Je pense avoir une idée
et pour cela, j’aurais besoin de ton aide. Je t’en parlerai
une fois les formalités du déchargement sur HouilCar terminées.
Bien Fyx, j’en serai ravi.
Comme pour
NP-368, le vaisseau suivit les mêmes procédures d’approches.
«D’une monotonie ce boulot» pensa Fyx mais quelque
part, content que ce petit incident puisse le distraire…
Tout en surveillant le déchargement, il réfléchissait
à la finition de son piège sauf qu’il lui manquait
une donnée cruciale, quel était le niveau de dangerosité
du Flitch….Pour l’hormone, il lui suffirait de mettre le
masque de sécurité pour incendie mais pour le reste….Cela
ne devait pas être une arme blanche ou à énergie,
les senseurs l’auraient détectés à l’embarquement
sur CharGaul. Il ne restait que l’hypothèse de l’arme
organique et le seul moyen était de l’affronter et de le
capturer pour le savoir.
Fyx ?
MaiseLaff nous signal une fermeture de son spatioport pour problème
de sécurité. Souhaitez vous attendre ici au quel cas,
nous devrions prévenir la compagnie ou préférez
vous continuer sur AschEre ?
Allons sur AschEre, priorité à notre marchandise. Nous
comblerons le temps vaisseau en poussant les hyperpropulseurs à
130% de leur régime. Pendant ce temps, j’ose espérer
que nous aurons traqué cette satanée bestiole !
J’en informe la compagnie. Et concernant le Flitch ?
Dis leur qu’il est toujours à bord. Joins leur les analyses
et demandes leur si ils ont des informations pour une solution simple
et efficace ainsi que la nature du danger encouru.
Fyx se
connecta à la Bibliothèque Universelle via l’infosphère.
Une fois sur le portail, il lança une requête sur « Flitch »
et obtint une centaine d’articles scientifiques, des récits
d’aventuriers d’avant l’invasion des Védix.
Ils les parcourus un à un puis s’aperçut que nul
part n’était mentionné ses caractéristiques
hormonales. On parlait bien de vague scènes comportementales
mais peu précises, dû, certainement à l’éloignement
de l’observateur pour sa sécurité. Alors comment
l’IA savait elle ?
Pendant ce temps, la superstructure émit un gémissement
en passant en hyperpropulsion. Dans 4 jours, AschEre apparaîtrait
sur les écrans, jusque là, il fallait absolument trouver
une solution.
Connexion
réussie IA, identifiez-vous.
Vaisseau Transport Néophyction–IA E2613-Fyx
Bonjour IA. Que désirez-vous ?
Transmettre mon rapport et vous signaler sa présence toujours
à bord.
Le pilote s’est il rendu compte de quelque chose ?
Pour le moment, rien mais il cherche un moyen de s’en débarrasser.
Attention IA, il ne doit en aucun cas y parvenir. Nous n’aurons
certainement pas d’autre opportunité de capture. Son système
hormonal pourrait nous être très utile en cas de soulèvement
contre les Védix. Il est nécessaire de le garder vivant,
c’est la priorité de votre mission ensuite nos scientifiques
s’occuperont de lui.
Et pour le pilote ?
Sans importance, un syndicaliste de moins ne changera pas l’Univers
!
Liaison terminée. Déconnection.
Petit à
petit, il se rapprochait de l’être bleu. Il était
parmi les derniers survivants de son espèce. Il devait absolument
trouver un support afin de protéger les centaines d’œufs
en lui sinon il serait tenté de les dévorer avant leur
passage à l’hôte final. L’incubation durant
d’une dizaine de jours à quelques mois, les jeunes Flitch
éclosent à l’intérieur la poche ventrale
et ressemblent déjà à l’adulte avant de sortir.
La centaine de jeunes, mesurant 15 à 16 cm de long seulement,
seront expulsés par petits groupes de la poche par de violentes
contractions, laissant peu de chance de survie à un tel accouchement.
Quelque
part, sur ChatHalles, deux êtres encapuchonnés discutaient
à voix basse. Les propos étaient à peine audible
et pour cause, ceux-ci craignant fort d’être entendu.
Ca y est ! Nous en avons un et fertile en plus.
Grand bien nous fasse, il était temps, je ne croyais plus y arriver.
Vu la rareté de cette espèce, nos expériences sur
les croisements en vue de développer une alternative au joug
des Védix semblait bien compromise.
N’ayez crainte, cette liberté est pour bientôt. Finalement,
avec le temps, nous parviendrons à repousser les Védix
aux confins de notre galaxie et les y maintenir.
Tout cela grâce à un syndicaliste qui à négliger
la fermeture d’une trappe sur le quai de déchargement de
CharGaulle. Comme quoi, l’ironie du destin….
L’important est de récupérer le flitch et le pilote
car nous aurons besoin de sa descendance afin d’avoir un maximum
d’hormones à prélever. Mais, n’oubliez pas,
le Flitch est fertile deux à trois fois dans une année.
Il se peut qu’il ait besoin de nouveaux « compagnons ».
De cette façon, nous en profiterons pour solutionner nos soucis
de grèves intempestives sur notre réseau de distribution.
Cela attira moins l’attention des Védix et compromettre
notre libération.
Judicieuse idée que vous avez eu la….
Fyx sursauta,
il s’était assoupi sans s’en rendre compte, fatigué
de tous ces évènements, il n’avait pas pris le temps
de dormir un peu. Il se leva et se dirigea vers sa cabine non sans avoir
prévenu l’IA au passage. De là, il s’allongea
sur sa couchette, se fit une injection de mélatonine puis sombra
dans les bras de Morphée.
Pas à
pas, il suivait la piste olfactive de ce petit être bleuté
au profil bedonnant, lui ressemblant étrangement. Il l’avait
aperçut, quelques jours auparavant, sur la passerelle lors de
sa glissade. Il l’avait trouvé attirant en tout point.
«Une nurse idéale pour ma descendance» pensa t’il
«mais comment le rattraper afin de lui transmettre sa progéniture
sans me faire remarquer ? A moins de localiser l’endroit
où cet être dormait». Le Flitch se savait en zone
surveillée, malgré sa discrétion, s’en apercevant
aux vas et vient des machines chromés. Alors, il décida
de se faire oublier un moment dans un coin. Il sentait la vie en lui,
grouillant dans son abdomen. Plusieurs milliers de larves lui procurait
une sensation de bien être et il devenait plus que nécessaire
de procéder à l’échange avec l’être
bleuté. Il se redressa et repris son chemin, arriva au détour
d’un couloir pour s’apercevoir que la piste se divisait
en deux. Il huma l’air et pris tout droit, la piste semblant plus
fraîche. Il aurait pu lui tendre une embuscade, cela lui aurait
été plus facile de le faire venir à lui mais connaissant
mal cet endroit, difficile de choisir. Mais la chasse l’excitait
de tout son être et il avait vraiment hâte de faire connaissance
avec son nouvel « ami ».
Fyx ouvrit
les yeux, se remit les idées en place puis se leva. Il avait
dormi pendant 48h non stop. Ces injections le rendait vaseux, il se
dirigea vers la kitchenette de bord, se servit un bon café noir
et prit une ration de vie, formule standard de la Cie. Durant son profond
sommeil, il avait rêvé à maintes reprises notamment
celui où une voix lui soufflait sans cesse « n’ai
confiance en personne ». Troublant se dit-il car il était
seul à bord avec son clandestin.
IA ? Notre distance jusqu’à AschEre, je te prie ?
Encore 2 jours jusqu’à mise en orbite.
Bien. Des nouvelles de notre bestiole ?
Non, aucune. Il est possible qu’il soit entré en sommeil
lui aussi, où bien il est peut être coincé dans
un compartiment ou peut être mort.
Bien. Et il vida sa tasse de café.
Le Flitch
entrebâilla la porte d’une cabine et huma l’air. « Je
l’ai loupé de peu » pensa t’il. Ce besoin
d’échange grandissait en lui, cette sensation était
nouvelle. Vu sa maturité sexuelle récente, il avait pris
peu attention aux changements puis au fur et à mesure, constata
que des modifications hormonales, physiques s’opéraient
en lui. L’un de ses doigts lui faisait terriblement mal. Il gonflait,
dégonflait tout en conservant une taille et un diamètre
supérieur au précédant. Vivant seul depuis longtemps
déjà, loin de sa colonie, de ses proches, personne ne
l’avait pris en charge pour l’aider à surmonter ses
angoisses lors du passage subadulte. Mais maintenant, il n’avait
plus le choix, il se devait en découdre avec l’être
bleu, l’avenir de sa progéniture en dépendait. Son
thorax avait augmenté de volume et devenait translucide. Et cet
organe d’accouplement dont il ne s’était jamais servi,
marcherait t’il ? Sera-t-il s’en servir ? Pour
le moment, il devait rattraper sa cible au plus vite. Une fois sous
son charme, il aurait le temps de trouver les réponses à
ses questions.
Fyx se
dirigea vers la console de débarquement, s’assit dans le
siège et interrogea l’IA.
Dis moi IA, comment se fait il que tu ais plus informations que j’en
ai pu trouver sur l’infosphère ?
Etant donné mon statut, j’ai accès à des
dossiers classé P2 au sein de l’Unité Principale
de la Compagnie.
Ah ! Alors peut être peux tu me dire si la Cie aurait un
quelconque intérêt à taire des renseignements ?
Je ne puis répondre, Fyx, car je n’ai accès qu’à
ce que la Cie me met à disposition.
Après
tout, quelle importance. Il avait un boulot des plus confortable et
les mieux payés de l’univers, enfin, tant que ce commerce
existerait. L’autre option, était mercenaire mais les Védix
patrouillaient, surveillant leur territoire, vaporisant à l’état
de particule tout vaisseau leur semblant suspect sans la moindre sommation.
Alors tant qu’il livrait, il était assuré d’une
retraite paisible, qu’il passerait peut être sur MarnVal.
« Pour ce souci avec le Flitch, il suffisait qu’il
ordonne à l’IA de verrouiller les sas du Néophyction
et il serait piégé » tiens, pourquoi n’y
avait t’il pas pensé avant... Il suffirait d’attendre
AschEre pour procéder à une fouille complète avec
le matériel approprié. Tant pis pour le retard mais la
Cie ne pourrait lui reprocher un zèle de sécurité.
Le terminus de son périple était StGer, un vaste entrepôt
construit sur une planète déserte à la périphérie
afin de diminuer les coûts de refroidissement, vu son aphélie.
Une fois amarré, il laisserait son poste de commandement pour
rejoindre la navette chargée de la conduire à la gare
orbitale. Là, il prendrait un flashtrance pour rentrer chez lui,
son « Fyx home », MarlRoi-AH 138. Planète
l’ayant vu naître, elle était constituée à
95% d’eau, un climat très humide régnant lors de
la saison estivale et des plus rigoureux, l’hiver. La faune étant
essentiellement aquatique,Fyx raffolait, le soir, installé dans
son siège en feuilles de chloroplastes, des chants de Narbalêtes,
ces immenses créatures à la forme de lames, ondulant sur
elle-même et produisant des « chdong » dès
la présence d’une femelle gravide.
Soudain,
au milieu de ses rêveries, Fyx ressenti une étrange sensation
l’envahir et le posséder, toute action volontaire de sa
part devenait difficile, un bien être l’envahissait lentement.
Tout devenait chaud, harmonieux autour de lui. Il ne s’était
jamais senti aussi bien depuis son dernier biberon, il y a maintenant
de çà, quelques années. Il avait envie de se prélasser
mollement et de laisser l’IA gérer ce batiment, sa cargaison
et ses emmerdes !!
Lentement, il bascula son siège et renversa sa tête en
arrière pour l’appuyer sur le rebord de la console et écarta
ses jambes pour maintenir l’appui. Qu’il était bien !!
Il se sentait fondre comme une poire sous une nappe de chocolat chaud.
Il contempla l’univers qui s’offrait à lui à
travers la baie centrale, toutes ces étoiles scintillant de mille
couleurs dans ce vide spatial. « Un chouette boulot quand
même » se dit il.
Soudain, une tête verte, ovoïde, émergea entre ses
jambes, l’air ravi. «Arrgh ! Le Flitch, je l’avais
oublié celui-là !!» se dit Fyx mais il se rendit
compte que plus aucun de ses membres ne lui obéissaient maintenant
et son bonheur virait violement à l’angoisse.
Alors le Flitch ouvrit la bouche et déclara : «
Bonjour, être bleu, je m’appelle Flitch et je souhaite que
notre partage soit union et mon bonheur le tien ». Fyx voulu
hurler lorsque l’immonde bestiole lui montra son doigt énorme,
palpitant, qu’il introduisit dans sa propre bouche pour l’humidifier
tout en maintenant le poids de son regard sur son nouveau compagnon.
L’IA
mit un fond musical et ferma les yeux…
Fin.